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Posté le 20/03/2008 17:29:28 | | Le combat pour le français dans la seule province bilingue du Canada
MONTREAL, 20 mars 2008 (AFP) - 20/03/2008 05h10
Protégé par une loi depuis près 40 ans, le français se maintient vaillamment au Nouveau-Brunswick, la seule province canadienne officiellement bilingue, mais sa promotion demeure un "combat de tous les jours" pour ses défenseurs.
En dehors du Québec voisin, le Nouveau-Brunswick est la province comptant le plus fort pourcentage de francophones, ceux-ci représentant 32,3% des quelque 719.000 habitants, soit quelque 232.900 personnes, selon le recensement canadien de 2006.
Mais le poids des francophones était en baisse de 1,6% entre 2001 et 2006.
"Si on compare avec les années 60, il y a eu énormément de changements et de progrès", souligne Michel Doucet, professeur de droit à l'université de Moncton et spécialiste de la question.
"Les droits de la communauté francophone sont ancrés dans la Constitution canadienne. Des dispositions particulières au Nouveau-Brunswick reconnaissent l'égalité non seulement des langues officielles mais également des deux communautés (francophone et anglophone)", explique-t-il à l'AFP.
Mais il "reste encore beaucoup de travail à faire" et la "vigilance" demeure de mise, fait valoir ce défenseur du français. "C'est un combat de tous les jours, un combat politique car c'est un choix politique de s'affirmer tous les jours en tant que francophone", dit-il.
Jusqu'au début des années 60, les francophones étaient traités comme des citoyens de seconde classe. Il s'agit principalement d'Acadiens, descendants de paysans de l'ouest de la France, surtout du Poitou, qui avaient été chassés de la région par l'Angleterre à partir de 1755 et qui furent plus tard autorisés à y revenir.
Après cet épisode traumatisant, les Acadiens restèrent longtemps craintifs d'affirmer publiquement leur identité, et ce n'est qu'au début des années 60 qu'ils commencèrent à revendiquer auprès du gouvernement de leur province le droit d'être servis dans leur langue.
Le Nouveau-Brunswick est officiellement bilingue (anglais/français) depuis 1969. Une loi sur les langues officielles, modernisée et complétée en 2002, stipule que les institutions provinciales (administration, hôpitaux, justice) doivent offrir au public des services dans la langue officielle de son choix.
La province a aussi institué en 2003 un poste de Commissaire aux langues officielles, dont la tâche est de recevoir et d'assurer le suivi des plaintes du public ainsi que de promouvoir le bilinguisme.
L'an dernier, le bureau du Commissaire a reçu 119 plaintes, dont 77 ont été jugées recevables et la grande majorité concernait le manque de services en français, indique Giselle Goguen, porte-parole du Commissaire.
Une bonne partie de ces plaintes portent sur les soins de santé, bon nombre de francophones se plaignant de ne pouvoir être soignés dans leur langue.
Pour Marie-Pierre Simard, présidente de la société des Acadiennes et des Acadiens du Nouveau-Brunswick, si la "vitalité de la communauté n'est plus à prouver", le risque d'assimilation demeure un sujet de préoccupation.
Elle note que le taux d'assimilation des francophones a légèrement augmenté ces dernières années en raison des mariages et de l'exode rural.
Les francophones qui se trouvaient concentrés dans des zones rurales se trouvent confrontés dans les agglomérations à une mixité qui favorise l'assimilation à la majorité anglophone.
"Il semble y avoir une plus grande acceptation de la communauté francophone par les anglophones. On est moins traités comme des citoyens de seconde zone", confie-t-elle à l'AFP, tout en estimant que le gouvernement provincial doit se montrer plus actif, notamment pour favoriser l'immigration francophone.
Un expatrié français s'étonne pour sa part qu'il y ait une nette sous-représentation des produits culturels en français et qu'aucun film français ou québécois n'y soit diffusé dans les circuits officiels.
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