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Posté le 21/08/2007 14:19:11 | | Belgique: la défiance entre Flamands et francophones nourrit la crise
BRUXELLES, 21 août 2007 (AFP) - 21/08/2007 06h40
Partis flamands et francophones restent incapables, plus de deux mois après
les élections en Belgique, de former un nouveau gouvernement, tant la
défiance s'est exacerbée entre les représentants des deux communautés
linguistiques du royaume.
"La Flandre apparaît comme insatiable aux yeux des francophones, qui se
demandent si après le confédéralisme, les Flamands ne vont pas réclamer l
indépendance", résume le politologue Pierre Vercauteren, de l'Université de
Mons (sud), interrogé par l'AFP.
Les responsables flamands reprochent de leur côté aux francophones de
répondre par le "mépris" et la "provocation" à leur volonté "d'améliorer le
fonctionnement du pays" par l'attribution de plus de pouvoirs aux Régions
belges, délimitées par des "frontières linguistiques".
Le chef de file du Parti chrétien-démocrate flamand CDV, Yves Leterme, sorti
en tête du scrutin législatif le 10 juin, tente de mettre sur pied une
coalition comprenant les chrétiens-démocrates et les libéraux, tant
francophones que néerlandophones.
Mais les deux camps ont dévoilé des programmes aux antipodes, qui ont fait
ressurgir leurs vieux contentieux linguistiques et culturels.
Le roi Albert II a donc suspendu vendredi officiellement des pourparlers au
bord de la rupture, qui se poursuivent toutefois en coulisses.
Depuis des semaines, les francophones soutiennent qu'Yves Leterme privilégie
les intérêts de la Flandre, dont il était le ministre-président jusqu'en
juin, plutôt que de s'élever au-dessus de la mêlée.
L'opinion publique au sud du pays lui reproche en outre ses "gaffes", comme
d'avoir confondu l'hymne national belge avec La Marseillaise ou d'avoir
affirmé en 2006 que les francophones n'avaient pas la "capacité
intellectuelle" d'apprendre le néerlandais.
Les divergences se sont accrues ces dernières années entre les
néerlandophones (60% des 10,5 millions d'habitants du royaume) et les 40% de
Belges francophones.
Les Flamands et les Wallons, aux cultures, notamment politiques, très
différentes, ont tenté d'aplanir leurs différends en mettant sur pied un
système fédéral complexe, fruit de difficiles compromis.
Ainsi, la Flandre (nord), Wallonie (sud) et Bruxelles ont obtenu la gestion
de certains pans de l'économie, des transports ou de la formation
professionnelle.
Le pouvoir fédéral a quant à lui conservé les Affaires étrangères, la
Défense, la Justice ou, élément essentiel de la solidarité nationale, la
Sécurité sociale.
Mais ce qui devait être un "fédéralisme d'union" a débouché sur de nouvelles
revendications de la Flandre, qui réclame notamment de pouvoir baisser l
impôt sur les sociétés. La Wallonie, qui n'en aurait pas les moyens, crie à
la concurrence déloyale.
Il faut une "Nouvelle Donne" pour que les "leviers économiques du pays" soient aux
mains des régions, insiste un ténor politique flamand, Eric Van Rompuy
Tout en se disant "absolument pas partisan d'un Etat flamand indépendant",
il estime que le "séparatisme" viendrait "lorsque francophones et Flamands
seraient dans l'impossibilité de former un gouvernement fédéral".
"Nous nous approchons de ce moment si le +non+ (francophone) est maintenu",
a-t-il averti en début de semaine.
Didier Reynders, le président des libéraux francophones, partenaire
pressenti de la future coalition, a donné à M. Leterme jusqu'au milieu de la
semaine pour présenter des "propositions concrètes et équilibrées".
"Sinon, il devra en tirer les conclusions", ajoutait M. Reynders, suggérant
que le gagnant des dernières élections devrait renoncer à devenir le Premier
ministre de tous les Belges.
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