Philippe de Neuville Messages postés : 603 "La critique est aisée, et l'art est difficile."  |
Posté le 29/12/2006 21:16:37 | | Francophonie: la montée en puissance des pays de l'Est inquiète en Afrique
PARIS - La montée en puissance des pays d'Europe de l'Est au sein de la Francophonie soulève des inquiétudes parmi les membres historiques de ce mouvement, notamment africains, qui craignent que leur influence et l'aide qu'ils reçoivent ne diminuent.
Sur les quinze dernières années, 14 des 21 nouveaux entrants ont été des pays d'Europe de l'Est, a souligné le secrétaire d'Etat roumain chargé de la Francophonie, Cristian Preda, lors de la présentation du sommet début septembre.
Symbole d'une "européanisation" de la Francophonie, la Roumanie est le premier pays d'Europe de l'Est à avoit accueilli un sommet de la Francophonie, avec 63 chefs d'Etat et de gouvernement attendus les 28 et 29 septembre à Bucarest.
"C'est une préoccupation légitime. Au fur et à mesure que la famille francophone s'agrandit, les initiateurs, c'est-à-dire le tout premier cercle de la Francophonie, s'inquiète", affirme sans détour le ministre délégué aux Affaires étrangères du Burkina Faso, Jean-Didier Somda.
Et d'enfoncer le clou: "Quand vous êtes deux à manger dans une assiette et que vous vous retrouvez avec cinq mains dans la même assiette, vous vous dites que ceux qui viennent d'arriver n'y ont pas droit".
Une inquiétude partagée par le secrétaire de la section Bénin de l'Association des Journalistes Francophones (AJF), Jerôme Hounkponou, qui considère que "la menace de phagocytage qui guette les pays francophones d'Afrique grandit de jour en jour".
Pour lui, les Africains vont devoir partager "certaines de leurs prérogatives avec les nouveaux arrivants, (dont) la présidence" de l'Organisation internationale de la Francophonie (OIF).
Moins tranché, le vice-président de l'Union internationale de la presse francophone (UPF) pour le Maghreb, Abdelmounaim Dilami, estime que pour l'heure "il n'y a pas encore d'inquiétude" mais que "si ça continue, ça peut changer la donne".
Interrogé par l'AFP, le secrétaire général de l'OIF et ancien président sénégalais Abdou Diouf se veut, lui, rassurant: au contraire, l'agrandissement de la famille francophone "est un plus", dit-il, "surtout dans la perspective de la défense de notre langue dans les instances internationales et en particulier au sein de l'Union européenne (UE)".
"Quand la Roumanie et la Bulgarie rejoindront l'UE, nous aurons sur 27 Etats 13 membres de la francophonie qui nous aideront à faire passer nos messages", argumente-t-il, soulignant que "l'UE est l'organisation qui aide le plus le Sud".
Pour lui, pas de crainte à avoir: "Ce sont ces Etats qui, demain, rendront l'UE encore plus forte dans son aide aux pays du sud, dans le sens d'un renforcement de la solidarité nord-sud".
Un sentiment partagé par Raymond Ramanazi Baya, ministre des Affaires étrangères de la République démocratique du Congo, premier pays francophone d'Afrique avec 60 millions d'habitants.
"Les pays africains restent majoritaires dans ce mouvement universel" et "les pays de l'Est, qui ont le français comme seconde langue, donnent un poids plus important à cette organisation marquée par une diversité culturelle qui est sa grande richesse", dit-il.
En fait, "tout dépend de notre dynamisme", conclut M. Somda. "C'est à nous (pays africains) de rester dynamiques et actifs pour tirer le maximum d'effets au niveau de la francophonie".
--Message edité par Philippe de Neuville le 2007-01-05 18:11:08--
|