Quand je lis Aragon
L’aube vient et la nuit s’achève
Je tourne une à une les pages
Comme s’approcherait en rêve
Le marin ivre du rivage
Le doigt posé sur chaque vers
Je suis les contours d’une image
Le cœur battant, les yeux ouverts
Une épaule, un doux paysage
Un parfum d’été, les moissons
Une main glissant au passage
D’une vague de peau frisson
En traîne blanche en son sillage
Embruns salés, senteurs nacrées
De la mer et des coquillages
Perle d’eau claire à l’échancré
D’un cœur au sillon du corsage
Je ferme doucement le livre
Je redeviens cet homme sage
Qu’une image et des mots enivrent
Comme Aragon dans ses messages...
© Chene
Le Jardin
21/01/07