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forum Index du forum forumDaniel Esquis forumChronique d'un Saint sacrement

Auteur : Sujet: Chronique d'un Saint sacrement  Bas
 Anarchangel
 Messages postés : 124
 Anarchangel
  Posté le 17/07/2006 03:20:48
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Chronique d’un Saint sacrement
15 Juillet 2006

Acharné, un murmure. Ecorché ! Hurla-t-elle en écho spontané,
Deux intonations adoptées d’un fil d’argent sur mes chairs,
Les fracas cousus au gré d’une échine violée par les hématomes,
Le sifflement des insupportables salopes aux milles tourments,
Ces harpies fantasmatiques aux rictus cauchemardesques,
Au gré de la foulée du désespoir, chacun hérite à sa faim
D’un flot dévorant des nuées de chaleur des tombes maudites,
Les caveaux où sommeillent nos secrets dont chaque larme
Erode peu à peu les sceaux protégeant l’intégrité du réel,
L’objectivité de la souffrance étalée sans pudeur, comme
Pour dire les lamentations, plaintes et suffocations baveuses,
Et cette impression sordide que l’œil du dehors régurgite
Avec horreur la vallée de noirceur qui nous habite impunément,
Le magma révulse le communément admis, le correct admissible,
Les fissures aiguisent leur présence sous le rempart tremblotant
De ce qu’on appelle pudeur émotionnelle, ça cogne dur ici-bas.
Des vagues alliées à une nausée spirituelle submergent les ébats
De nos béliers au sein des peuples aquatiques, l’océan irradiant
Les infrastructures des nœuds solilunaires* remués par l’afflux
Momentané d’une luminescence limpide au parfum cristallin,
Comme un crack boursier, et l’avènement du chaos anarchisé,
Les tourments invoqués ne cesseront qu’en réponse au Multiple.

Dominer la stabilité dans l’exploration divisionnaire ou prier
De confesse avec un marasme de consciences aseptisées,
Endolories dans les cuves vaseuses d’une normalité banalisée,
Le grand point d’interrogation d’un millénaire d’aliénation,
Métaphore personnelle au doux parfum personnel d’auto flagellation,
Seule la raison donne le droit à la plainte fébrile du « malade »,
Que pouvons-nous faire alors, hurleurs-fous enragés parmi les frigides ?

Une dynamique comme un phallus dynamite ancré dans le faste
Et l’étrange rigidité d’une conception mondaine insupportable…
Sur l’autel de la crucifixion siègent, dans l’espoir d’une condamnation
Au-delà des éternités célestes, les costumes de l’amoncellement Matériel.
Les vocalises de la détresse investissent les orbes angéliques foudroyant
Par une chaste colère humblement parée des bleus de l’azur,
Les forteresses érigées aux putains de noms des commerçants pilleurs
De l’ornement doré du saint sacrement des fleuves de la vie.

C’est un vent fibreux de nerfs surexposés à l’excitation magnétique,
Véritable tornade de révolte intra-muros teintant la colonne d’un sang
Virant violement aux vibrations du noir ébène, étendard de l’obscurité,
Et ce voile qui couvre ma carcasse dénudée, offrant l’épice flambant
Le cœur du phénomène dévastateur… et ça souffle ici bas mon amie.
C’est en sang que je me consume fouetté avec plaisir par les gifles
Cinglantes d’un Ouranos enfin poussé dans ses retranchements,
Outragé par l’accoutumance à son parfum suicidant les âmes brisées,
Oui mon vieux, il en redemande le salaud, je dévore tes pulsions
Qui ne sont que mon exutoire, l’abattoir loin d’un laïque mouroir.
Qu’on donne la mort pour emporter la vie sur le sentir du sourire,
Et l’ouverture veineuse pour déblayer les écorces spiritophage.*
Un oubli poussé comme une ronce que l’on n’attend que de faucher,
Ramener à coup de hache la mémoire et la filiation aussi noire que pure,
Résorber l’évacuation vers la capitale, rapatrier les soldats vaporeux
Dans l’athanor où s’unissent et se dissolvent la Vérité et la réalité.

Il n’est que des monuments matériels pour refuser l’abrogation
De leur statut si souvent obsolète d’antiquité et de souvenir glacé,
Souvenons-nous qu’ici ou là, les choses de ce monde n’ont d’importance
Que la relativité que nous accorderons aux palpitations d’une illusion.
La naissance mon amie, ne peut qu’aspirer l’invisible à se manifester.
Telles des semeuses, paré des milles grâces du royaume de l’indicible,
Nous voilà à jamais porteuses des germes en latences, patientes terres
De sérénité parmi la folie d’un morne et morbide mouvement ambiant,
Reléguer les rêves au rang de moteur, voilà le sacrifice de nos malheurs,
Doucement esquissé un sourire sans l’ombre d’un remord, et s’envoler…
Il fut des époques pour ramper, il en sera d’autres pour célébrer l’Entité.
Chérir l’Etre Universel qui nous porte au creux de son ventre violacé…
Charnière où s’engouffrent autant de chars que de corbeaux blessés,
C’est un sentier unique, aux cent milles visions, autant de morts
Qu’une immersion au cœur du cimetière de nos renaissances successives,
La démence qu’on me dépeint ne sera jamais que le pain de mon âme,
Je dois vous le dire, vous le crier que je meurs de faim en dépits des mets
Déposés ici et là dans un élan de charité mêlé de douleur et d’incompréhension.

Il est des choses qui doivent êtres, malgré et par-dessus tout,
Des réalités qui dépassent même les signes perceptibles du Divin
De ce logos, ce flot ininterrompu de symphonie sans mélodie aucune,
L’on est prisonnier mentalement que de ce que l’on accepte.
En espérant qu’un ressenti bercé de mots donnera l’élan aux amputés.
Qu’il embaumera les écueils et les errances, qu’il distillera la foi
Dans une marrée de bienveillance venu des flambeaux aquatiques
Logés aux portes de nos sœurs stellaires bienfaisantes…


* Solilunaire : solaire et lunaire.
* Spiritophage : Qui dévore l'esprit, l'âme.

Fluide et limpide, l'océan ne connaît pas de limites...
 magiedelesprit
 Messages postés : 1412
 magiedelesprit
  Posté le 17/07/2006 08:18:17
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fluide et limpide ta plume ne connait pas de limites....
superbe, Anarchangel, que tes mots se fassent roman, pour enchanter nos lectures.
chacunes de tes phrases est à lire, à relire, elles ouvrent un nouvel espace, et s'enchainent se déchainent...
j'aime beaucoup ta façon de faire vivre et mourir les mots, AnarchangeL
à suivre...
amitié
nathalie

http://perso.orange.fr/ancolie51/signatures_animees/signature_animee_fichiers2/nathalie.gif

http://epicurienne.unblog.fr/
 Anarchangel
 Messages postés : 124
 Anarchangel
  Posté le 17/07/2006 11:36:24
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Merci milles fois ça me touche énormément..
Sincères et profondes amitiés
anarchangel

Fluide et limpide, l'océan ne connaît pas de limites...

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