PROVENCE
Au village provençal dans les hautes collines,
A l’église au milieu comme un très vieux berger,
J’admire de là-haut, quand la pluie tambourine,
Arrosant la vallée et les chemins pavés,
Les pentes d’oliviers et la route si blanche
Menant, de-ci de-là, de villes en vallons,
Quand le vent épicé fait frissonner les branches,
Tandis que, dans les prés, stridulent les grillons.
Pleine de chaleur douce et tranquille au-dedans,
Ma chaumière s’endort. Blottie au coin du feu,
Dans les volets fermés, quand je cligne des yeux,
Je vois danser des ombres au soleil couchant,
Et le feu qui s’éteint se glisse sous la cendre,
J’aime à voir s’envoler, en légers tourbillons,
Ses flammes que mon âme se plait à entendre,
Crépitements divins vibrant à l’unisson.
Je m’endors, moi aussi, d'éphémères visions
Tantôt d'anges, démons, de figures qui dansent,
Tantôt d'enfants, moineaux, ou bien de papillons
Dont les ailes me frôlent jusqu’à délivrance.
--Message edité par antigone le 2008-06-18 13:27:39--