GUÊT-APENS
Viens chagrin, je te prie, faisons quelques pas.
Nous danserons portés par les échos du bal
Et, pendu à mon cœur, tu me prodigueras
Tes baisers langoureux parés aux fleurs du mal.
Je t'envoie cette fleur, ce poème d'amour,
Je t’attends au château, n’oublie pas de venir
Et, ceignant de douleur ton manteau de velour,
Tel un prince charmant, tu pourras me séduire.
Parmi les cavaliers, femmes en crinolines
Qui esquissent des ondes d’écume et de vent,
Tu sauras me guider dans la nuit sibylline,
Quand la brume pâlit sous la lune d’argent.
Sous le plafond glacé, quand les ombres s’étirent
Sur ma face imprégnée de sanglots ruisselants,
Je fermerai les yeux pour mieux d'entendre rire
En serrant, dans mes doigts, ton cou de cygne blanc ;
pourtant...
Quand le tango mourra aux lueurs de l’aurore,
Lorsque les musiciens quitteront les remparts,
Entre les pavés froids, j'incrusterai ton corps
Et ton cœur, sans pitié, y plongeant mon poignard !
--Message edité par antigone le 2008-06-13 13:05:53--