AILLEURS
Je n’ai pas de terroir, je n’ai pas de passé,
Je n'ai pas de clocher, ma patrie c'est l'autant ;
Mon bateau essoufflé amierait accoster :
Mon foyer est ailleurs : devant, toujours devant.
Mon berceau ? Ce limon où se perdent mes pas,
Où je glane l’espoir au terreau de mon âme,
Où je sème l’amour, moissonnant ça et là,
Pour que sèchent les pleurs ou s’éteignent les flammes.
Au-dessus du chao, de colline en nuages,
Sillonnant les chemins, les sentiers, les déserts,
sous un soleil blafard ou des cieux sans ramage,
Je m’invente un ailleurs loin des gorges amers.
Mon ailleurs c’est le ciel, mon aileurs c’est l’étoile,
En automne, en été, au printemps, en hiver,
Les embruns d'océan, c’est le vent dans les voiles,
Mon logis est partout : ma maison, c'est la mer.
Un jour, je quitterai cet ailleurs que j’adore,
Et mon entre rouillée pourra enfin s’asseoir
Sur le marbre glacé, lorsque le vent du nord
Emportera mon âme envolant sa mémoire.
--Message edité par antigone le 2008-06-15 04:21:53--