A L'HEURE OU LE COUCHANT
A l'heure où le couchant invite à la paresse,
Assoupie, reposant sur de pâles coussins,
Dans un divan profond et telle une princesse,
La Lune s'est posée à la crête des pins.
Dans des draps de satin,sur un tapis d'opales
Que la Nuit encorbelle en pluie de liserons,
Dans le silence gris, tout comme une Vestale,
La voici toute nue parcourue de frissons.
Sous la voûte étoilée, elle se fait lassive,
S'étirant tel un chat, réveille les démons,
Puis, dans les doigts du Vent, se faufile, furtive,
Lorsque l'Aube rosit éveillant l'Horizon.
Elle est comme un oiseau de passage, et la flamme
Qui brûle, dans son coeur, ce petit luminion,
S'éteint, comme s'éteint le limbe de nos âmes,
Quand le temps tue le temps sur le fil des saisons.
--Message edité par antigone le 2008-05-04 17:02:19--