GITANE
J'aime ton corps si beau, comme tes dents nacrées,
Ta chevelure d'or qui ondoie quand tu danses,
Les parfums odorants qui, sur ta peau ambrée,
Exhalent des senteurs quand tu joues en cadence.
Tes yeux, tes yeux si noirs, qui semblent si rêveurs,
Sont deux bijoux brûlants quand y luit la colère.
Dans le creux de tes reins, s'écoule une rivière :
Un doux vin de Bohème où vacille mon coeur.
Tu marques le tempo du bout de ton pied fin,
En fredonnant tout bas un air mélancolique,
Voici que tourbillonne ta robe en satin,
Dévoilant, vaillamment, des jambes magnifiques.
Même lorsque tu vas, on dirait que tu voles
Comme le sable blond aux portes du désert,
Et tes seins arrondis tout comme des corolles
Ocillent, mollement, aussi légers que l'air.
Les joues et l'oeil en feu, tu danses, souveraine,
T'accompagnant, ravie, au son du tambourin
Et ton rire moqueur qui fuse dans l'arène
Rebondit, dans mon coeur, apaisant mon chagrin.
