MON PETIT PRINCE
Ta couche est un étang où, comme un cygne blanc,
Ton corps vient se glisser dans l’onde souveraine
Et le drap de satin l’épouse, enveloppant
Ta chaste nudité d’un suaire de laine.
Un peu de rêverie au coin de tes paupières,
Ce genou replié met mon cœur en émoi ;
Rien qu’à t’humer de loin, inassouvie, j’espère
Un signe de tes cils, un geste de tes doigts.
Dors petit prince dors, que nulle créature
Ne s’en vienne troubler ton doux sommeil d’enfant,
La louve que je suis en ferait sa pâture,
Dors petit prince dors, mon amour te défend.
Lorsque la lune fuit, aux rayons du soleil
Enluminant de feu tes boucles innocentes,
Rompant, effrontément, le charme du sommeil,
Tu te réveilleras à l’aube renaissante.
Et le monde assoupi, suspendu à tes lèvres,
S’éveillera, saisi par l’écho de ton chant,
Ni les mots velouté, ni les paroles mièvres
N’égaleront ton cri perçant le firmament.
Et je te bercerai, lové contre mon corps,
D’où tu contempleras ma face maternelle,
Gavé, puis enivré de tendres ritournelles
Où je te chanterai : dors petit prince dors.
--Message edité par antigone le 2008-06-15 04:28:39--