quadflieg Messages postés : 206 le sucre c'est sucré |
Posté le 27/02/2008 17:05:47 | | Neuf cent chevaux, ça claque en hoquets, et ça rugit
Ronronne la belle mécanique et soufflent les palles
Dix huit ans, casque de cuir, jugulaire pendante
Les yeux bridés, saké, salut, foulard, embrassé
Le cockpit versé tremble sous le ciel. Hirondelles.
Cris de fils d’un flag qui sifflent au loin gronde l’orage
Passerelle branlante aux rires gênés, jeunesse lourde
Ses bottes de peau se joignent, boucle et lanière. Cliquetis !
Quel est le nom de l’endroit qui cligne en cette année?
En mille neuf cent quarante quatre, l’an du vent de dieu
Darde ses feux contre l’acier, ses obus aux arches.
Pacifique océan, vagues aigues aux fonds marine
Une pluie de ferraille monte aux cieux en pointes jaunes
Sous les à-coups des mitrailleuses, des bras ivres de peur
Les Mitsubishi hurlent leur voix de sirène : Ogres !
Filent couler ces gars et leurs superbes navires gris.
Vaisseau en mire ! Sa traîne blanche telle une griffe
Ils viennent qui du Tennessee qui de l’Iowa
Biceps carrés, et les joues à mâcher du chewing-gum
Caparaçonnés à la manière de footballeur
Les premiers impacts ont giclé du pont, saccadés.
Ils courent maintenant en essaim de fourmis. Rouges
Les flammes se tordent en boules. Une nébuleuse.
Il s’approche, vrombissement, tremblement, adrénaline.
Pleut-il ? Des gouttes éclatent à sa verrière, sourdes.
L’eau de la mer ? Si proche ? Il n’entend rien, tout vibre
Le verre déforme sa vue de la coursive d’où crache
Un trente cinq millimètres affolé. En panique
Un marines ? Flou à travers son hélice, aboyant
Devient la cible, ultime « one » derrière ces visions
Le point zéro. Il a vu ses iris, sa pupille dilatée
Tout explose. En ce point du halo, grand silence.
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