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forum Index du forum forumNouvelles forumLe poids des mots

Auteur : Sujet: Le poids des mots  Bas
 Glimpse
 Messages postés : 570
 Glimpse
  Posté le 16/10/2007 18:25:33
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LE POIDS DES MOTS


- Jean, viens voir : encore « un » que je viens de retrouver collé au fond de la poubelle et qui a échappé à la benne à ordures puis à la grande décharge !

- La « grande décharge » ? Tu veux dire « le centre d’enfouissement » ?

- Voyons, c’est pareil ! Le mot est différent mais désigne la même chose. Les mouettes et les corbeaux qui tournoient dans l’air fétide de la décharge sont les mêmes !

Vous comprendrez vite que Jean éprouvait un certain respect pour les mots et ne supportait pas qu’ils soient maltraités ou que l’on ose jouer avec eux.
Si Jean avait pu en cueillir suffisamment, il en aurait fait un magnifique bouquet fleuri et parfumé.
Pourtant, il en écrivait beaucoup, beaucoup…par milliers peut-être.
L’ennui, c’est que Jean ne prenait aucun soin des mots après les avoir mis au monde et qu’aucun ne semblait survivre à une telle négligence.

- Tu n’es pas un vrai collectionneur de mots. Si tu oses t’appeler « collectionneur », cherche plutôt un autre mot !
Tous les collectionneurs prennent soin de leur collection !

Jean connaissait par cœur ce genre de discours. Il devançait mentalement chaque mot qui allait sortir de la bouche d’Hélène pour s’assurer qu’elle n’y changeait pas un iota, et ce genre d’exercice l’amusait.

- Je te le dis chaque fois et cha-que-fois ça te fait rire. Moi, pas !

- Hélène, je ne faisais que sourire. Je ne riais pas !

- Il n’y a pas de quoi, Jean. Ton mot …je suis allé le chercher et de toute façon….



- Que veux-tu dire par « de toute façon » ?

- De toute façon, il est illisible et ne sert plus à rien. Comme le fond de la poubelle était mouillé, l’encre s’est mise à baver et l’écriture est effacée. Il est mort ton mot, com-plè-te-ment mort ! dit-elle en martelant chacune des syllabes pour mieux se faire comprendre et les lui enfoncer dans le crâne.

N’allez pas en conclure trop vite que notre ami Jean et sa compagne Hélène passaient le plus clair de leur temps à se quereller pour le moindre mot de travers. Non, pas du tout !

Pour mieux comprendre l’histoire il suffit de savoir que Jean voulait toujours avoir le dernier mot et qu’Hélène était curieuse comme une fouine. Elle voulait tout savoir. Et si on lui disait tout,  elle s’imaginait qu’on lui cachait encore quelque chose. Hélène n’admettait pas que Jean, en vieillissant, puisse encore cultiver le dernier carré de son jardin secret. Plus la quête de tout savoir grandissait dans l’esprit d’Hélène, plus le mystère du jardin secret s’épaississait !

Il est vrai qu’on aurait pu s’en poser des questions :
Pourquoi Jean - heureux propriétaire d’une immense demeure -  avait-il aménagé une petite pièce supplémentaire, froide et inconfortable, dans son grenier ?
Pourquoi tant d’opiniâtreté et de hâte fébrile à achever en plein hiver des travaux et des installations assez sommaires ?
Pourquoi aussi ne pouvait-on y accéder que par une échelle et une trappe qui risquait de se refermer sur vous comme un piège sur une souris attirée par un morceau de fromage ?
Autant de questions sans réponses, autant de mystères.  Jean montait à son grenier comme maître Cornille à son moulin. Avait-il, comme lui, un secret qu’il ne voulait révéler à personne ?

- Mais où est donc passé le stylo que j’avais posé là près du téléphone ? Jean, tu ne     l’aurais pas pris par hasard ?

- Ah si, je vais le chercher !


Et Jean de grimper au grenier.

- Dis donc, Jean, tu ne crois pas qu’il serait plus simple de garder quelques stylos là-haut ? Je ne sais pas ce que tu en fais, mais il n’y a jamais de stylos à portée de main quand on en a besoin !
Jean ne répondait que par un timide haussement d’épaules. Il avait l’air de plus en plus absorbé par ses pensées. Les mots commençaient à lui manquer pour les exprimer à voix haute. Jean abordait une autre vie dans un monde parallèle.

- Mais où est donc passé le bloc note ? Jean, tu ne l’aurais pas monté, par hasard ?

Quel étrange hasard s’ingéniait à faire disparaître tous les stylos et les feuilles de papier utiles pour prendre des notes ?

Pourquoi le cacher plus longtemps : Jean était victime d’une irrésistible fringale d’écriture, lui qui n’écrivait jamais, sauf pour présenter ses vœux de nouvel an.

Pour apaiser sa faim Jean montait au grenier rejoindre sa minuscule pièce sous le toit et disparaissait des heures entières. Là-haut, personne n’irait le déranger.

Hélène commençait à s’interroger sur une telle boulimie de mots :

- Alors Jean, dis-moi : où en es-tu ?
Tu n’en as pas assez de collectionner des milliers et des milliers de mots ?
Il faudra bien en faire quelque chose. Tu vas pouvoir écrire des poèmes et m’en offrir…ce serait le plus beau des cadeaux !

Et comme il ne répondait pas, elle se fit plus pressante :

- Tu pourrais descendre et travailler sur ton ordinateur. Tu pourrais les classer dans des fichiers tous ces mots et puis… tu serais plus souvent avec moi !




Pour couper court à ces propos et ne pas se laisser gagner par l’émotion, Jean lui répondit sans grande conviction :

- Oui, bien sûr, pourquoi pas…quand je serai prêt.

Il lui laissait espérer qu’un jour il redeviendra le Jean qu’elle avait tant aimé et qui, peu à peu, semblait lui échapper.

Un soir, alors qu’il tardait à descendre et que Hélène, seule, commençait à s’inquiéter de sa longue absence, on entendit un bruit immense provenant du grenier, puis…plus rien, le silence. C’était une sorte de long craquement suivi d’un bruit d’éboulis qui n’en finissait plus.
Hélène se leva d’un bond, le cœur au bord des lèvres et, sur les tempes, le galop de la peur : ces coups redoublés du sang qui bat très fort.
Tout à coup la lumière s’éteignit dans le garage, au-dessous du grenier. Hélène trébucha dans l’obscurité et se mit à hurler.
Tard dans la nuit des voisins ont accouru, munis de torches électriques.
Hélène ne se souvient plus de rien.

Ils l’ont trouvé étouffé par la poussière et le plâtre, recroquevillé dans un lit de gravas jonché de milliers de feuilles de papier et de centaines de galets numérotés.
Au fur et à mesure des années Jean rajoutait des étagères tout autour de son réduit.
Elles montaient jusqu’au toit, de plus en plus lourdement chargées de piles de papiers chancelantes retenues par des galets. Cet ensemble très lourd, instable et sommairement fixé à des pièces de charpente vermoulues et rafistolées s’était effondré et refermé sur lui comme un piège géant..

Jean était mort la bouche dans la poussière et sous le poids de ses mots, avant que ses idées n’aient eu le temps de s’envoler et de chanter pour Hélène le poème de leur bonheur passé.

Glimpse

 angie47
 Messages postés : 1230
 Rien d'humain n'est
éternel ...
 angie47
  Posté le 17/10/2007 06:33:44
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Pourquoi je l'ai déjà lu ou j'ai cette impression ?
L'avais-tu déjà posté ?

Angie

Textes déposés à la SDGL
Copyright n°00039806
http://angieallain.skyblog.com/
 Glimpse
 Messages postés : 570
 Glimpse
  Posté le 17/10/2007 08:58:35
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je l'ai remanié et reposté !
D'ailleurs, j'ai si peu d'inspiration en ce moment qu'il me faudra ressortir les vieux riblons !

 gene
 Messages postés : 447
 Si j'écrivais tout ce que je
ne dirai jamais à personne, quel
fabuleux roman j'écrirais!
Wolinski
  Posté le 17/10/2007 12:07:06
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j'adore le thème de ta nouvelle, la chute du  poids des mots
cependant, il me semble et dieu sait que je ne saurais m'imposer en donneuse de leçon, qu'il y a trop de conversation avec hélène(par exemple offrir un poème) et que tu devrais rester plus "secret", insister plus sur ce qui disparait, alléger les dialogues .et transformer plus le personnage,qui devient boulimique de mots...le rendre de plus en plus anorxique de paroles?
je vais le relire plus approfondi, car ma réaction est un peu spontanée
amicalement
gene

devenir le spectateur de sa propre existence, c'est échapper aux souffrances de la vie. Oscar Wilde
 Glimpse
 Messages postés : 570
 Glimpse
  Posté le 18/10/2007 10:41:14
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Remarques tout à fait pertinentes !

Amicalement
Krisfi

 gene
 Messages postés : 447
 Si j'écrivais tout ce que je
ne dirai jamais à personne, quel
fabuleux roman j'écrirais!
Wolinski
  Posté le 19/10/2007 09:03:34
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ce que je te dis , c'est du ressenti, mais je ne suis pas qualifiée;
c'est une nouvelle que j'aurais aimé écrire en duo
c'est plus facile, car on y met de la distance
amicalement*gene

devenir le spectateur de sa propre existence, c'est échapper aux souffrances de la vie. Oscar Wilde
 Glimpse
 Messages postés : 570
 Glimpse
  Posté le 20/10/2007 15:09:57
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WHY NOT !

Glimpse  

 fredaline
 Messages postés : 4083
 http://www.chezfredaline.com/
 fredaline
  Posté le 22/10/2007 11:15:41
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  tu  vas apprendre a  le connaitre , mais  si tu suis ses dire  il n a  pas tord dans  ses geulantes  ,  mais  ici  il y a  une grande liberté  qu 'il laisse  dans l'écriture ,  alors qu 'ailleurs je me faisais descendre pour mes textes ici  je peux    poster   ce que j 'aime  , , il dit  tres   haut ce qui lui deplait   mais  si tu ne fais pas parti des  gens  qui le décoivent tu n as aucune raison de te sentir mal      puis il  ne  s'agit pas du forum  ses   coups de colères  , mais  du  coté  édition , oui il  fait ses coups de colères   et efface   bien il  a raison   , il dit ce qu il a  a dire  , c 'est lu ,  c 'est le but  , puis apres  effacer  est aussi  bien   pour le  sujet suivant a réglé      

http://www.chezfredaline.com/

Jean-Jacques mon tourbillon de passion…..dans tes mains  je navigue peu sage

 gene
 Messages postés : 447
 Si j'écrivais tout ce que je
ne dirai jamais à personne, quel
fabuleux roman j'écrirais!
Wolinski
  Posté le 22/10/2007 13:24:56
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oui, Frédaline, mais j'avais envoyé un message à Glimpse
où il est passé?

devenir le spectateur de sa propre existence, c'est échapper aux souffrances de la vie. Oscar Wilde
 fredaline
 Messages postés : 4083
 http://www.chezfredaline.com/
 fredaline
  Posté le 22/10/2007 14:56:24
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    pas  dans  ma  poche     vas  savoir c 'est  un chat  et le chat ca  vadrouille     il   reviendra  

http://www.chezfredaline.com/

Jean-Jacques mon tourbillon de passion…..dans tes mains  je navigue peu sage

 gene
 Messages postés : 447
 Si j'écrivais tout ce que je
ne dirai jamais à personne, quel
fabuleux roman j'écrirais!
Wolinski
  Posté le 23/10/2007 03:45:08
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je parlais pas lui, je parlais de mon message etje me demandais où il était passé

devenir le spectateur de sa propre existence, c'est échapper aux souffrances de la vie. Oscar Wilde
 fredaline
 Messages postés : 4083
 http://www.chezfredaline.com/
 fredaline
  Posté le 23/10/2007 03:48:54
Send a private message to fredaline
   

http://www.chezfredaline.com/

Jean-Jacques mon tourbillon de passion…..dans tes mains  je navigue peu sage

 Glimpse
 Messages postés : 570
 Glimpse
  Posté le 27/10/2007 17:00:32
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Bonsoir !

Expliquez-moi de quoi il s'agit. Je n'y comprends rien. On dirait un quiproquo.

Bien amicalement,

Glimpse

 gene
 Messages postés : 447
 Si j'écrivais tout ce que je
ne dirai jamais à personne, quel
fabuleux roman j'écrirais!
Wolinski
  Posté le 31/10/2007 16:01:12
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c'est en effet u peu embrouillé, j'en conviens
1; a ton message, "why not", je t'ai répondu"comment procéder" et en même temps j'ai émis des questionements sur une actualité de mille poètes qui concernait des problèmes de trahisons entre des ustilisateurs de 3mille poètes.
2 je pense que tu n'as pas eu le temps de lire mon message, car le lendemain il avait disparu
3 Frédaline m'a donc explqué ce qui s'était passé, et je lui ai demandé où était passé mon message, et elle a cru que je demandais où tu étais passé, ce que bien entendu , je ne me permetrais pas
4 d'où l'embrouille, il te manque un bout du puzzle, à savoir mon message vol atilisé!
5 je réitére donc ma question:"Comment procéder pôur cette nouvelle éventuellement reprise en duo?"
bien amicalement
gene
et bisous à Frédaline
ps
c'est quoi un topic???

devenir le spectateur de sa propre existence, c'est échapper aux souffrances de la vie. Oscar Wilde
 Glimpse
 Messages postés : 570
 Glimpse
  Posté le 04/11/2007 11:31:52
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réponse par la fin :

topic = sujet (au sens premier du terme)

 gene
 Messages postés : 447
 Si j'écrivais tout ce que je
ne dirai jamais à personne, quel
fabuleux roman j'écrirais!
Wolinski
  Posté le 04/11/2007 11:51:05
Send a private message to gene
et réponse par le début?
A moins que nous ne nous croisions!

devenir le spectateur de sa propre existence, c'est échapper aux souffrances de la vie. Oscar Wilde

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