Amel Messages postés : 414 |
Posté le 16/02/2007 02:45:52 | | Tout d'un coup, Maria culpabilise, réalise qu'elle est responsable de l'état de cet homme, de son rendez-vous manqué mais que peut-elle bien faire ?
Se lever ? Aller à sa rencontre,lui parler ? Mais comment lui avouer qu'elle a intercepté sa lettre, qu'elle cherchait l'aventure ?
Comme elle a honte tout d'un coup de son comportement. Elle avait pris cela comme un jeu sans en mesurer vraiment les conséquences.
Le temps passe sans qu'elle n'arrive à se décider.
L'homme se lève, laisse la rose sur la table et quitte le café. Il se dirige vers la gare. Il va sûrement reprendre son train dans le sens du retour.
Maria sent la situation lui échapper.
Soudain une idée lui vient, elle paie sa note et suit l'inconnu.
A la gare, on annonce l'arrivée d'un train, il dessert la ville voisine, son terminus.
Elle court au guichet acheter un billet : elle n'a pas pu aborder l'homme au café, elle le fera dans le train, deux heures de trajet, cela devrait suffire pour lui expliquer la situation. Elle rentrera ensuite par le train suivant.
Elle se rend compte qu'elle a été impulsive, cela fait longtemps qu'elle n'a pas agi sur un coup de tête et cela ne lui déplait pas.
Est-ce l'état de l'homme qui l'a poussée à faire cette petite folie ou son envie de poursuivre cette histoire qui s'est terminée en queue de poisson ?
Ou bien est-ce un trop plein de solitude qui l'incite aujourd'hui à l'évasion comme il l'a incitée à garder l'autre jour la lettre de quelqu'un d'autre ?
Elle ne saurait répondre mais elle est heureuse de cette escapade qui s'offre à elle. Elle espère seulement pouvoir s'acquitter de sa dette envers son inconnu.
Elle monte dans le train à la suite de l'homme, surtout ne pas le perdre.
Lui, marque un temps d'arrêt, hésite : aller à gauche dans le compartiment vide ou à droite pour s'oublier dans la cohue des voyageurs bavards.
Il opte pour la première solution. Il se tourne vers Maria, s'excuse de sa lenteur, elle lui sourit et choisit aussi la gauche.
Avant même que le train ne s'ébranle, elle a le vertige.
Elle s'assoit en face de l'homme, prépare son discours en attendant le départ.
Lui, sort un livre de sa sacoche et ne fait plus attention à rien.
Maria le dévisage intriguée. Ses rides ne sont pas en rapport avec son port encore droit. C'est comme si son visage a vieilli avant son corps, mais une beauté en est restée. Ses yeux sont d'un bleu intense,la couleur de ses cheveux qu'il porte longs oscille entre le blanc et le blond. Mais quel âge a-t-il en fait?
Soixante, soixante cinq ans ?
Son complet noir est impeccable, il n'a pas du tout souffert du premier voyage, sa chemise blanche immaculée porte des boutons de manchette en or, du moins elle suppose. Une rare élégance qui lui rappelle sa belle écriture.
Comment amorcer la conversation ? Elle maudit sa timidité qui la bloque depuis des heures.
Tout d'un coup, l'homme repose son livre sur la tablette qui le sépare de Maria. Il semble enfin la voir, la reconnaître même, son visage triste s'éclaire. Il reconnaît en elle, la femme qu'il a confondue avec Vahiné.
--Message edité par Amel le 2007-02-16 02:48:39--
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