louise gabriel Messages postés : 72 |
Posté le 23/08/2007 11:53:48 | | Un jour
J’ai décidé de partir à tire d’aile
Te quitter, te laisser reprendre ton envol
T’abandonner à tes notes et tes mots
Te rendre ta liberté, que tu noies dans ta musique
Que tu retrouves les rythmes et les symphonies
Les sonorités hypnotiques, les harmonies d’avant
Je vis dans la déchirure de l’après
D’une décision prise un jour de fin d’été,
Un jour ou le soleil n’avait pas dénié,
Ne serait-ce qu’un instant,
Montrer la pointe de son nez
Il faut bien un jour se sauver, s’éloigner à tout jamais,
De quelque chose, ce quelque chose qui ne pourra pas voir le jour, garder au chaud d’un jardin secret, bien trop secret
Cette folie de la fulgurance qui ne m’a quitté une seule seconde
Cette aliénation que j’ai cultivé jusqu’à faire pousser une jungle luxuriante au creux de mon cerveau.
Pourquoi donc me suis-je enfuie
Instinct de survie, je ne sais pas, je ne sais plus
Sauver ce qui peut l’être encore, alors qu’au cœur de tout mon être, cela crie si fort, bien trop fort
Le manque, le vide, je me suis privée de ma drogue
Moi qui suis sujette aux addictions.
Je me suis amputée sans n’avoir besoin de personne
Je me suis décapité toute seule dans la douleur
Je savais d’avance que j’aurai mal, si mal.
Même le temps d’aujourd’hui est à l’unisson de l’assassinat de la passion, il est gris, désespérant, sombre, lourd, poisseux de cette humidité qui me colle à la peau, qui s’infiltre à me faire mal aux os
Le ciel pleure à ma place, et il y met tout son cœur je dois dire
En cascades tropicales, il fait un orage monstrueux,
Il faut l’entendre quand le tonnerre déchire les nuages,
Quand les éclairs dépècent toute cette grisaille
De leur lame tranchante
Mais la pluie me lavera de toutes les souffrances
Je veux y croire comme à une prière
Au bienfait de l’eau comme un jour de baptême
Moi qui ne croit en rien
Toutes les croyances sont bonnes à prendre
En cas de désespoir avéré.
Qu’avais-je donc à t’offrir mon prince,
Moi et rien d’autre, dans toute ma nudité,
Je ne crois pas l’avoir été autant, avec qui que ce soit
Authentique et sans fard, la vérité brute
Sans enluminures. Ma création aura été fertile comme jamais, réelle et palpable, riche de mille couleurs, de mille mots
Les toiles se sont entassées, les écrits aussi.
J’étais devenue princesse d’une planète un peu bizarre
Me voilà redevenue gueuse d’un monde dès plus barbare.
Mais ne m’avais tu pas déjà quitté d’une certaine façon.
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