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Posté le 17/03/2008 13:47:49 | | Yves Leterme, un Flamand radical dont les francophones se méfient
BRUXELLES, 17 mars 2008 (AFP) - 17/03/2008 15h26
Porté vers le pouvoir par la Flandre, à qui il a promis une plus large autonomie, Yves Leterme a encore beaucoup à faire pour convaincre les francophones de Belgique, toujours très méfiants, qu'il peut diriger le pays dans l'intérêt de tous.
A 47 ans, ce parfait bilingue français-néerlandais, né d'un père wallon et d'une mère flamande, doit prendre jeudi la suite du libéral Guy Verhofstadt à la tête du gouvernement belge, neuf mois après les élections législatives que son parti chrétien-démocrate avait remporté.
En termes d'image, la transition ne pourrait être plus nette. Autant Verhofstadt était loué pour son charisme et ses talents d'orateur, autant son successeur se distingue par une austérité, un sérieux, qui lui valent parfois d'apparaître cassant.
Même s'il a aujourd'hui un peu adouci son discours, M. Leterme ne parvient toujours pas à vaincre la défiance qu'il suscite chez la plupart des 40% de francophones du royaume, qui voient en lui le hérault d'une Flandre préparant l'indépendance.
Ses dérapages verbaux dans le passé sur "l'incapacité intellectuelle" des francophones à apprendre le néerlandais, le fait que les Belges n'auraient plus en commun que le roi, la bière et l'équipe nationale de football, ou des gaffes, comme lorsqu'il a confondu l'hymne national belge et "La Marseillaise", lui valent encore de solides inimitiés.
Au soir de la victoire de son parti chrétien-démocrate (CDV) en Flandre, le 10 juin dernier, c'est entouré des seuls drapeaux jaunes frappés du lion noir, symbole de la région, qu'il avait fêté le succès.
A la veille de son accession au pouvoir, la méfiance reste immense, puisque selon un sondage publié lundi, neuf francophones sur 10, à Bruxelles et en Wallonie, "ne lui font pas confiance" comme nouveau Premier ministre.
Même en Flandre, région qu'il a dirigée de 2004 à 2007, le futur chef du gouvernement n'obtient la confiance que de 45% des sondés, contre 55% d'avis négatifs.
Un chiffre qui s'explique en partie par l'absence de grande réforme de l'Etat que la Flandre attend depuis des années. "De ce point de vue, et malgré la longueur de la crise, le résultat est maigre", relève Pierre Vercauteren, politologue à l'université de Mons.
Yves Leterme a été aussi politiquement fragilisé par son incapacité, entre juin et décembre 2007, à former une coalition comprenant des partis francophones et flamands. Un double échec "attribué à ses difficultés à créer un climat de confiance et à proposer des solutions innovantes", ajoute M. Vercauteren.
C'est que cet ancien fonctionnaire européen n'avait pas encore d'expérience au niveau national, où l'art du compromis entre communautés a été porté au rang de marque déposée de la Belgique.
Pour ne rien arranger, la santé de M. Leterme, marié et père de trois enfants, s'est récemment dégradée.
En février, il a été hospitalisé d'urgence pour une hémorragie interne et une pneumonie qui auraient pu lui être fatales et qui l'obligeront à ménager ses efforts dans les prochaines semaines.
"Je vais essayer de faire de la politique d'une autre manière: en recherchant plus d'équilibre, de sagesse, de calme, mais évidemment toujours avec le même enthousiasme et le même dévouement", a promis Yves Leterme après son hospitalisation.
Il n'a toutefois que peu de temps pour convaincre. Le CDV, sa propre formation politique, ne lui donne que jusqu'à la mi-juillet pour décrocher un accord sur une profonde réforme des institutions belges, faute de quoi il lui retirera son soutien.
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