Philippe de Neuville Messages postés : 579 "La critique est aisée, et l'art est difficile."  |
Posté le 15/11/2007 13:32:56 | | Olivier Maingain, le francophone devenu la "bête noire" de la Flandre
BRUXELLES, 15 nov 2007 (AFP) - 15/11/2007 14h51
Il est la bête noire des Flamands et il ne s'en offusque pas. Olivier Maingain, le chef du Front démocratique des francophones (FDF), très influent à Bruxelles, le comprend même très bien: sa personnalité comme son programme ont de quoi exaspérer la Flandre.
Il a ainsi bruyamment dénoncé jeudi comme "un affront contre la démocratie" l'invalidation de trois bourgmestres francophones (dont deux de son parti) de la périphérie flamande de Bruxelles, pour avoir enfreint la réglementation exigeant l'usage du seul néerlandais.
"J'ai des défauts. Je ne parle pas spontanément le néerlandais, bien que je sois capable de m'exprimer dans cette langue, et je parle le français...comme un Français", répond avec ironie cet avocat de 49 ans, au français châtié sans trace d'accent belge, quand on lui demande pourquoi il est honni de ses compatriotes flamands.
"Et Maingain?!" répondent souvent les commentateurs flamands, quand les francophones font valoir que le principal parti indépendantiste flamand, le Vlaams Belang, est d'extrême-droite.
L'éditorialiste du grand quotidien flamand Het Laatste Nieuws, Luc Vanderkeulen, résume une opinion largement partagée en Flandre en disant voir en Olivier Maingain un des "obstacles à une solution modérée" en Belgique.
Mais il sera difficile à marginaliser: le parti libéral francophone, le Mouvement réformateur de Didier Reynders, a remporté les législatives de juin dernier côté francophone, détrônant les socialistes, en partie grâce au FDF, une de ses composantes.
Pourtant, comme le chrétien-démocrate flamand Yves Leterme - sensé devenir Premier ministre si la Belgique, après cinq mois d'impasse, finit par réussir à former un gouvernement - M. Maingain est une "synthèse" typiquement belge, né à Bruxelles de père wallon et de mère flamande.
En revanche, contrairement à M. Leterme, qui a accumulé les gaffes avec les francophones, on ne peut guère retenir contre lui de propos offensants contre les Flamands.
Ce qui n'a pas empêché le maire des Fourons, bourgade flamande longtemps revendiquée par les francophones, de l'accuser lui et son FDF de "racisme linguistique". Alors?
L'intéressé s'en défend. "Je reconnais la légitimité du mouvement flamand avec sa dimension sociale et je n'ai aucun problème avec ça", assure-t-il, promettant même qu'en cas de partition du pays, "nous respecterions les droits de la minorité flamande à Bruxelles".
Le problème, dit-il, vient plutôt de son programme qui heurte de plein fouet les revendications flamandes.
"Il y a deux choses qu'ils n'ont jamais accepté du FDF. Premièrement, l'assertion que Bruxelles est majoritairement francophone, la faisant échapper au rêve romantique de reconquête" entretenu par certains Flamands. La capitale belge, bien que 85% de son million d'habitants soit francophone, est aussi la capitale officielle de la Flandre et la seule région officiellement bilingue du pays.
"Deuxièmement, que le FDF dise que les frontières de Bruxelles ne sont pas définitives", énonce M. Maingain, rappelant que son parti "est né de la controverse autour de la fixation de la frontière linguistique en 1962-63, les populations concernées n'ayant pas été consultées."
"Si la Flandre prend son indépendance, de quel côté va aller Bruxelles?", demande-t-il. Pour lui c'est clair: un rattachement à la Flandre est exclu.
"C'est pourquoi la question territoriale est devenue centrale pour les deux bords", estime-t-il. A commencer par le sort des six communes de la périphérie au statut linguistique spécial, où les francophones sont souvent majoritaires, notamment les trois dont la Flandre vient de démettre les maires.
|