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Posté le 07/11/2007 14:31:36 | | Belgique: la crise aggravée par un vote flamand hostile aux francophones
BRUXELLES, 7 nov 2007 (AFP) - 07/11/2007 16h46
La crise politique que traverse la Belgique, sans gouvernement depuis les élections du 10 juin, s'est aggravée mercredi avec le vote par des députés flamands d'un projet de loi réduisant les droits des francophones en périphérie flamande de Bruxelles.
L'avenir politique du chef des chrétiens-démocrates flamands Yves Leterme, candidat au poste de Premier ministre fédéral et qui tente depuis 5 mois de trouver un compromis entre francophones et Flamands, restait en suspens à la fin d'une journée déjà considérée comme historique.
Les chances de M. Leterme de succéder au libéral flamand Guy Verhofstadt, qui expédie depuis juin les "affaires courantes", se sont fortement réduites.
Les observateurs belges s'attendent à ce que M. Leterme aille rapidement voir le roi Albert II, qui peut décider de le remplacer ou de l'appeler à poursuivre ses efforts.
Pour la première fois depuis l'indépendance de 1830, les élus flamands (néerlandophones), représentant 60% de la population belge, ont usé de leur majorité au parlement pour imposer leurs vues aux francophones (40%).
Le texte adopté par la commission de l'Intérieur du Parlement belge prévoit la scission de l'arrondissement électoral de Bruxelles-Hal-Vilvorde.
Cet arrondissement réunit Bruxelles, ville majoritairement francophone, et 35 communes flamandes de sa périphérie. S'il est effectivement scindé, ce que les francophones ont toujours refusé, les quelque 120.000 francophones vivant en périphérie flamande perdraient la possibilité de voter pour des candidats francophones aux élections législatives.
Le vote, diffusé en direct sur plusieurs chaînes de télévision, francophones et néerlandophones, est intervenu peu après 14h30 (13h30 GMT), juste après que les députés francophones eurent quitté les lieux en signe de protestation.
Les Flamands avaient amplement prévenu de leurs intentions, tout comme les francophones avaient averti qu'ils considèreraient ce vote comme un acte "très grave", voire une "déclaration de guerre" qui pourrait torpiller cinq mois d'efforts pour former un gouvernement fédéral.
"Nous sommes dans quelque chose qui s'apparente à une crise de régime", a déclaré Yvan Mayeur, député francophone socialiste, membre de cette commission.
Plusieurs responsables francophones et flamands ont cependant semblé dédramatiser les conséquences de cette poussée de fièvre communautaire, qui relance les spéculations sur une possible scission de la Belgique.
Jo Vandeurzen, le président du parti chrétien-démocrate flamand de M. Leterme, a lui assuré que les Flamands avaient été poussés au vote par le refus des francophones de négocier sur "BHV".
Mais il a assuré vouloir "poursuivre les négociations" pour arriver à une coalition dirigée par Yves Leterme.
Le leader libéral francophone, Didier Reynders, tenait en fin d'après-midi une réunion avec les partis francophones pour préparer la réplique. Ils devraient décider de déclencher une procédure dite du "conflit d'intérêt", qui permet à une communauté de bloquer pendant plusieurs mois l'adoption d'un texte qu'elle juge contraire à ses intérêts.
Les Flamands, qui souhaitaient forcer la marche sur BHV, risquent donc d'attendre longtemps avant de voir leurs voeux exaucés.
M. Reynders a lui aussi semblé souhaiter la poursuite des négociations pour tenter de former un gouvernement de coalition réunissant partis flamands et francophones de centre-droit.
Il a toutefois évoqué des changements possibles "autour de la table", fustigeant l'intransigeance du parti nationaliste flamand NVA, étroitement lié aux chrétiens-démocrates de Leterme.
En retour, la pression risque également de s'accentuer sur le Front démocratique des Francophones (FDF), l'allié de M. Reynders souvent honni en Flandre.
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