Laetitia Messages postés : 416  |
Posté le 14/02/2008 10:02:19 | | Lentement la brise marine ondulait au-dessus des flots. Dans ses bras invisibles se déployaient roses et reines des prés. Leur parfum entêtant se gorgeait d’embrun. Puis avec douceur le zéphyr posa son fardeau sur l’onde ronronnante. Les lueurs de l’aube commencèrent à étendre leurs voiles ocres. Mu par la lumière céleste et la magie environnante, les plantes s’assemblèrent. D’abord les os se formèrent puis les veines et la peau. Doucement baigné par l’océan un corps féminin naquit.
La jeune femme avait une longue chevelure lumineuse. Ses courbes étaient semblables à la ronde des flots. Sa poitrine d’adolescente se gonfla au rythme de sa respiration. Sa bouche de sorbier remua dans un souffle. La houle la berçait en mère sereine. L’écume noyait son buisson d’ambre niché au creux de son aine. Ses jambes fuselées frissonnèrent sous la souffle marin. Une vague se brisa sur sa gorge, l’éveillant par son goût salé. Où était-elle, que faisait-elle ici ? Les algues dansèrent autour d’elle. Les mouettes criaient dans le lointain.
Mollement la houle la porta sur la plage de sable doré. Elle frissonna et serra ses bras sur les boutons de rose de sa poitrine. Autour d’elle il n’y avait que la grève à perte de vue et les dunes dansantes. La jeune femme marcha jusqu’au sommet de l’une d’entre elle. Ses pieds s’enfonçaient à chaque pas. La lavande de mer murmura son nom : Karyalis, Karyalis…
Comme ce monde lui semblait étrange …Rêvait-elle ? Soudain une ombre se glissa parmi les herbes folles pour grandir, grandir. C’était un homme à n’en point douter car il portait un bliaut immaculé et des chausses indigo. Sa longue chevelure de jais flottait dans le vent en serpents de nuit. Son regard azur inondait le vaste monde. Il arborait un sourire si joyeux que l’on eut mis la terre à ses pieds.
L’inconnu s’approcha d’elle et la couvrit de sa cape. Ils avancèrent sur le doux sable des dunes puis entrèrent à l’intérieur d’un boqueteau de frênes. Les feuilles frissonnaient dans la brise. Lentement se dévoila un manoir de ramées céladon ceinturé d’ombres et de parfum d’humus. Il leva la main gauche et Karyalis se retrouva vêtue d’une robe aux reflets arc-en-ciel, lisse comme la soie. Tout autour d’elle semblait délicat et fleuri. Les passereaux se posaient sur les croisées de bois vivant. La mousse poussait en tapis confortable sous les pieds.
L’esprit de Karyalis restait pourtant embrumé. Cela paraissait trop beau pour être vrai. D’étranges formes tordues grimpaient sur les troncs, avides. Des esprits des bois ou…des Ombriens. Une immense paix parcourait les lieux. On entendait seulement le murmure de la rivière toute proche et les craquements des feuilles mortes.
Soudain une horde de grue s’envola dans le lointain alors qu’un globe enflammé chutait des cieux. Les animaux fuyaient, affolés. Un grand bruit retentit suivi de flammes dévorantes qui s’éteignirent faute de combustible. Le météore avait percé une trouée dans les feuillages.
- Je vais voir ce qui se passe dit l’inconnu.
Il sortit du bosquet à pas de loup. Le cœur de la jeune femme battait à tout rompre dans sa poitrine. Elle avait peur mais de quoi. L’homme se hasarda au cœur de la nouvelle clairière. Là, il découvrit non pas un morceau de pierre mais un être humain : un chevalier. Celui qui avait chu des cieux portait une armure de métal doré et à ses côtés reposait une épée enflammée.
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