Essia2 Messages postés : 13 « Impose ta chance, serre ton bonheur et va vers ton risque. A te regarder, ils s'habitueront. » René Char |
Posté le 01/06/2008 10:10:15 | | Des miroirs pour Gilgamesh et pour tes matinées les rites de l'eau
Sa'd Jassim
(Iraq / Canada)
Traduit de l'arabe dans le français par Essia Skhiri
(1)
En ta compagnie, je commence le texte de la matinée,
Ses chansons, ses baisers et sa rosée
Un soleil brille dans mon cœur
Et Je t'aime de plus en plus
Et j'oublie tout ce que j'avais perdu
Dans les exils et les guerres.
(2)
Babylone est noire
Telle qu'un arbre brûlé
Dont les corbeaux ont déchiqueté les brindilles ...
Et Gilgamesh va très loin dans ses rires
Des ruines de ses jardins.
(3)
Chaque fois que j'imagine tes deux lunes sauvages
Sous le suintement de l'eau
Et le tumulte des doigts
Chaque fois que je les invoque...
Mon corps s'illumine dans les miroirs
Et il se parfume du vin
Et des fragrances des désirs.
(4)
Ton corps…?
Juste un rêve lors duquel je t'étreints
Me fait frémir
De plaisir
Dans les miroirs du rituel.
(5)
Il pleut férocement
Est-ce les larmes de Dieu?
Ou bien des larmes passionnées
Ayant perdu leur amour
Dans la dédale de pays?
(6)
Tu m'éveilles des ténèbres de mon exil
Et j'éveille en toi
Les souffles du matin
Pour que tu te réveilles garnie/ agrémentée de plaisir
et de lueur des miroirs.
(7)
Ma bouche désire te sucer
De tes confins
A tes confins
Et elle désire siroter
Ta limpide de rivière
Turbulente… douce
Et toujours rebelle
Aux coutumes et aux renards
(8)
Me voilà réveillé...
Comblé d'un désir luxurieux
Pour étreindre le monde entier
Et baiser tes yeux
Là où tu es
(9)
Les chats de mes désirs sont agités
Et le brouillard entoure la maison
(10)
Les plus gracieux de mes matins sont ceux
Quand qui me réveillent par tes baisers
Annonçant…
Le commencement des rites de l'eau.
(11)
Sors du silence de ton corps
Et viens à mes fontaines…
Pour que je remplisse ta sève de rosée, de lait
Et du vin de la chanson
Viens…
Pour que mes arbres parlent
La langue de tes fruits aspirés.
(12)
Le froid m'attache à toi
Il me pousse vers tes bras lointains
Et je m'égare dans les forêts de la neige.
(13)
Gilgamesh nous avait leurrés
Il s'était leurré lui-même
Et la quintessence était perdue
Dans le coeur de la vipère
Gilgamesh ...
A tout perdu
Hormis ses miroirs ...
Où se cache
Tous les mystères.
Sa'd Jassim
Poète irakien résident au Canada
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