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forum Index du forum forumToi, poète de passage... forumLa corrida.

Auteur : Sujet: La corrida.  Bas
 chantre
 Messages postés : 11
  Posté le 29/03/2008 09:46:31
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I




Sous un soleil de plomb, qui cruellement dore


La «Plaza de toros», que la chaleur rend floue


Combien de toreros combien de matadors,


Comme dans une église s'y sont mis à genoux ?


Les guichets sont fermés, et l'on entend déjà


Une sourde clameur s'élevant vers les nues


Certains se sont privés pour voir la corrida,


Attirés malgré eux par le fruit défendu.


Et les « Aficionados» et le simple public,


D'un même élan de joie se mêleront ensemble


Pour hurler des olés puissants et électriques


Envahissant l'arène d'une musique étrange.


Les portes s'ouvrent ! une marée humaine,


En une seule vague pénètre dans l'arène


L'atmosphère est chargée d'une force invisible


À la fois rassurante, et à la fois terrible.


Et petit à petit les gradins se remplissent


Tandis que la fanfare, joue ses premiers accords


Dans les corrals les taureaux d'impatience mugissent,


Sachant qu'ils vont jouer leur vie face au matador.


La chaleur écrasante, énerve les chevaux


Qui contre les barrières projettent leurs ruades


Les « Picadors» inquiets, épongent leurs naseaux


En leur tenant le mors, évitant qu'ils ne cabrent.


Et les toreros dans un coin de l'arène


Les yeux rivés sur le sol poussiéreux,


Attendent patiemment le moment solennel


Le moment où enfin, en véritables dieux !


Ils iront affronter les bêtes redoutables


Encouragés par la foule en délire


Ils combattront ainsi, jusques à l'estocade


Que seul le matador, de l'instant peut choisir.


Le «Paséo» commence, la «Cuadrilla» s'avance






II




Matadors toreros, et banderilleros


À leur vue l'assemblée rentre en transe


Ils vont tous défiler, sous des flots de bravos.


L'ovation du public fait trembler les murailles,


Et la fanfare joue des airs endiablés


Rien ne manque à la fête et c'est toute l'Espagne


Qui vibre à l'unisson, dans ce temple sacré!


Les habits de lumière éblouissent les yeux


Et cette versicolore orgie éclabousse,


De ses puissantes teintes la terre et les cieux;


Palette de nuances à la fois fortes et douces.


Et des gerbes de fleurs jaillissent des tribunes


Formidable Maelström, aux remous monstrueux


Cette pluie végétale soudain forme une brume


Faisant disparaître, l'astre du jour des cieux!


La «Cuadrilla» s' éloigne, et le public en liesse


Redouble de bravos et trépigne des pieds


Un bruit assourdissant se propage et se presse,


Dans les tribunes incroyablement survoltées.


Et puis les portes s'ouvrent le «Paséo» s'efface,


Et comme une accalmie après une tempête


La fureur du public, soudain laisse la place


À une légère rumeur extrêmement quiète.


Mais lorsque le taureau est lâché dans l'arène,


Cette clameur éteinte, que l'on croyait ancienne


Renaît avec passion et va s'amplifiant


Tel un tsunami ivre, naissant dans l'océan!


Six cent kilos de muscles traversent la «Plaza»


Six cent kilos d'audace et de rage guerrière


Le taureau se prépare à livrer son combat,


Même s'il sait d'avance qu'il mordra la poussière.


Mais peut-être aujourd'hui, aura-t'il de la chance?


Et au tréfond de son âme une lueur d'espoir


S'ébauche lentement, embryon d'espérance


Lui donnant le courage et la force d'y croire.






III




Ô superbe taureau tes douleurs sont les miennes


Je sais que tu as peur, tu ne veux pas mourir


Tu penses à tes semblables à tes lointaines plaines,


Qui t'appellent sans cesse à leurs chers souvenirs.


Tu ne brouteras plus l'herbe grasse des prés


Et tu ne verras plus, tous ceux que tu as aimé


Tu ne boiras plus la fraîche eau des rivières


Où tu marchais souvent, tranquille et solitaire.


Tu ne sentiras plus souffler le vent léger


Dans lequel tu humais, tant d'odeurs familières


Tu ne passeras plus la porte du toril,


Où t'attendait chaque soir ta moelleuse litière.


Cela est bien cruel! et comme je te plains!


Soudain dans l'arène les «Capéadors rentrent,


Une «Muleta» sang et or saisie à pleine main


Ils avancent vers le fauve d'une démarche lente


Sans aucun geste brusque passablement sereins.


La masse imposante les regarde approcher


Tandis que le public, d'un seul coup fait silence


On sent comme un malaise, car des regards inquiets


Semblent se propager partout dans l'assistance.


L'avancée continue à petits pas feutrés,


Encore quelques mètres le choc est imminent!


Le suspense est terrible! qui donc va commencer?


Du public des voix fusent: Le taureau sûrement!


Mais rien ne se produit il est trop tôt encore


Et le jeune animal semblant peu combatif


S'obstine à éviter tous ces «capéadors»,


Qui vainement excitent ce taureau si rétif.


Ils ne comprennent pas un tel comportement?


D'habitude la bête, fonce sans crier gare!


Ils n'en croient pas leurs yeux! cela est effarant!


Vivront-ils aujourd'hui, un affreux cauchemar?


Mais subitement l'animal réfractaire


Tel un fauve traqué, jaillit de son repaire






IV




Animé d'une fougue extrêmement violente


Fait voler la poussière des ses cornes puissantes.


Surpris les «Capéadors» reculent tous d'un pas,


Leur visage exprimant une certaine crainte


L'un d'eux fait machinalement le signe de croix


Preuve que sa frayeur, n'est pas tout à fait feinte.


Les assauts du taureau, nombreux impressionnants


Induisent des olés d'un public hystérique


Vraiment cela ressemble étrangement,


À un film catastrophe où règne la panique!


Et cette fourmilière avec ses milliers d'âmes,


D'une même passion brûle à la même flamme.


Que ce soit: Barcelone Séville ou Grenade,


La corrida joue toujours la même sérénade!


Les «Capéadors» sortent et les «Picadors» rentrent


Ils montent des chevaux ressemblant à des chars,


Mais leur caparaçon, armure vacillante


N'est qu'un piètre rempart, chimérique illusoire.


Et cet harnachement souvent les rend fragiles


Car leurs déplacements sont lents et difficiles


Et lorsque le taureau parfois les éperonne,


Ils ne peuvent rien faire contre ses coups de cornes.


Des cornes soulevant monture et cavalier


Mues par une force jusqu'alors étouffée


Une force inouïe qui n'était pas visible,


Jusqu'à ce qu'elle n'atteigne la malheureuse cible.


Le premier «Picador» s'appelle antonio,


Et cela fait trente ans qu'il pique les taureaux!


Enfant déjà il rêvait au titre suprême


Être un jour matador, seul maître dans l'arène!


Mais le destin en décida autrement


Un jour d'orage il tomba d'une échelle


Son rêve se brisa, puis mourut lentement


Oh! maudit jour d'orage implacable et cruel!


Le second porte le doux prénom d'angelo,






V




Et il manie avec art et brio la «Pica»


Il connaît le point précis où se situe le garrot,


Et infailliblement c'est toujours là qu'il pique.


Encerclant l'animal, sans précipitation


Ils étudient ses gestes ses moindres réactions


Les chevaux étourdis par la chaleur torride,


Tirent nerveusement sur leur gênante bride.


Antonio est inquiet il sait très bien pourquoi


D'habitude sûr de lui il garde son sang froid


Aujourd'hui tout son être frissonne,


Car l'énorme taureau, malgré lui l'impressionne!


Dans sa longue carrière il n'en a vu que deux!


De ces tueurs vous regardant fixement dans les yeux


Ce sont les plus féroces et les plus meurtriers


Ils sont intelligents, ils sont nés pour tuer!


Alors antonio doucement se retourne


Et d'un geste furtif, fait signe a son ami


Sentant que la menace est de plus en plus lourde,


Il prie pour qu'angelo d'un seul coup l'ait compris.


Soulagé qu'angelo d'un clin d'oeil lui réponde,


Avec empressement ils sortent de la ronde


Et sachant qu'ils devront combattre habilement


Du combat à venir, ils élaborent un plan.


Il faudra contourner la bête par l'arrière


Pour que sa vigilance en soit influencée


Et au dernier moment prendre un autre repère,


Espérant que ce leurre lui fera perdre pied.


C'est à ce moment là que nous la piquerons


Avec rapidité courage et précision


Il faut coûte que coûte ralentir l'animal,


Pour éviter les mailles de son piège infernal.


Ainsi parla antonio du plan de la bataille.


Le public est ravi car les deux «Picadors»


Avec maestria piquent et repiquent encor


Pendant que le taureau fou de rage mugit;






VI




Antonio et angelo se retirent sans bruit.


Mais déjà là-bas tout au fond de l'arène,


Les banderilleros que la crainte enchaîne


S'approchent prudemment du furieux animal


Tels de peureux oiseaux face à l'épouvantail


Ne pouvant approcher du fruit ou du blé mûr


Contraints à prospecter, d'autres endroits plus sûrs.


Mais petit à petit, la crainte s'évapore


Le «Tercio de banderillas» peut commencer


Sous les yeux attentifs du roi le matador,


Pouvant à tout instant le taureau toréer.


Une paire de banderilles se plante,


Dans le «Morillo» qui commence à saigner


De «Poder à Poder» précision fulgurante


Faisant baisser la tête de l'animal blessé.


Et le pauvre taureau, s'éteint très lentement


À petit feu dans d'horribles souffrances


Dans ces conditions là il est bien évident,


Que face au matador, il n'ait aucune chance!


Ce n'est que le début de l'affreuse agonie


Car d'autres banderilles se plantent dans les os


N'ayant pas pu atteindre l'endroit précis,


Maudit «Al quiebro», et infâme «Al sesgo»!


Mais l'animal est fier et malgré sa faiblesse


Imperceptiblement, sa tête se redresse


Et rassemblant ses dernières vigueurs,


D'un puissant coup de cornes donné avec fureur


Projette dans les airs un banderillero


Lequel en retombant, se brise quelques os.


Une jambe est touchée mais ce n'est pas méchant!


Par contre et c'est cela qui est le plus inquiétant


Une large plaie s'ouvre sur son bas ventre


Et d'où le sang à flots, jaillit abondamment.


Partout dans les gradins, les gens se sont levés!


Impuissants ils regardent: Hagards horrifiés


Cet homme dont les cris, expriment l'épouvante


Cette pauvre victime, sanglante et pantelante.


Aujourd'hui il n'y aura pas de mise à mort!


Même si le banderillero par miracle s'en sort


Et pedro le plus grand matador d'Espagne,


Priera pour son ami ses enfants et sa femme!


Et demain aux premières lueurs du jour,


Comme aux premiers instants d'un rendez-vous d'amour


Poussé par la passion de la tauromachie,


Il ira retrouver, les taureaux ses amis!



Éric Malpas.©

La poésie pour unique patrie.
 fredaline
 Messages postés : 3936
 http://www.chezfredaline.com/
 fredaline
  Posté le 29/03/2008 11:47:21
Send a private message to fredaline
fort beau texte  , bien rendu , bravo

http://www.chezfredaline.com/

Jean-Jacques mon tourbillon de passion…..dans tes mains  je navigue peu sage

 chantre
 Messages postés : 11
  Posté le 30/03/2008 04:17:06
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Un grand merci à toi Fredaline pour ton com. Bon week-end.

--Message edité par chantre le 2008-03-30 04:17:28--

La poésie pour unique patrie.

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