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Auteur : Sujet: Fumeur de joint  Bas
 Gregor
 Messages postés : 126
 Gregor
  Posté le 26/03/2008 12:17:08
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Je suis un fumeur de joint
Qui attends, regardant un peu vers demain
Qu’un peu de lumière le réchauffe
Alors c’est vrai le froid m’apostrophe

Ce que l’on sait, l’amour le sème
Et c’est chaque jour un nouveau baptême
Et chaque jour un peu écrème
Les instants qu’ j’aime, des instants blêmes

Souviens toi de ne pas m’oublier
Toi qui me ridiculise et me hais
Mais pas assez pour en mourir
Car je ne suis pas lassé de souffrir

Je t’indispose mais par principe
Alors je te souris et me dissipe
Comme un brin de fumé
Fumant dans le trop vieux cendrier

Ne me quitte pas, ne me quitte pas

Je suis sincère, comme la bière
Mais par principe un peu comme toi
On se ressemble, ne me quitte pas
Je t’aimerais, dès fois cent fois

J’ai la tendresse de mes mélancolies
Les idées claires, comme la maladie
Je suis éteint, tellement dans l’ombre
Mais qui le sais que je suis sombre ?

Pas les petites rigolotes qui papotent
En attendant que leurs conneries capotent
Et puis elles rient, et puis elles pleurent
Et moi je prie, oh mon Seigneur !

Pour qu’elles me voient, et immobile
Je ne comprends pas, mais reste sensible…

Qu’il est bon de rire, mon frère
Mais que ce rire est amer
Moi qui voulais tant embrasser la mer
Et n’ai connu que des hivers

Les oiseaux chantent et moi j’invente
Tant d’idioties suppliantes en mon ventre

« Remplis mon verre », vers ou dérive
Comme un bar dans l’océan
Le mètre de pastis, au jeu divaguant
Des courants marins et débordants

C’est le grand bordel au réveil
T’as perdu ta première clope
Et ta chambre encore sommeille
Rêvant de ta douce Pénélope

Que tu rappelleras une fois de trop
Quand t’échappera un mot de trop

L’autodérision sauve la raison
Et c’est une excuse à ne plus dire pardon
Le temps qui passe achève les mythes
Et ce soir j’me colle une grosse « mite »

« Comme hier », et comme demain
Comme tout les jours, si j’le veux bien
Ou ne le veux pas, j’ai des gants  
De velours pour faire tes dents

Oh, vous me méprisez déjà
Et attendez que je crève
Vous viendrez pisser sur les lilas
D’une vie qui fut trop brève

J’achève aussi votre pardon
Et d’ailleurs j’ai déjà fait don
De ce qui aujourd’hui remplace vos parents
L’insouciance c’est comme le sexe, avant

Qu’une drôle de page se détourne
De vous même, et sans ristourne
A escompté, sans autrefois, sans autre loi
Sans corruption, mais pas sans toi

Toi qui m’allumera toujours la lumière
Même enfouis sous la terre
Toi à qui, quand je ne serais plus
Je n’aurais au moins pas déplus.

Demain, j’irais au bord de la mer,
Entendre le roulement des vagues, d’hier
Quand tu me serrais dans tes bras
Quand on ne t’attendait pas

Tu m’imagines…Ou même plus

Si tu savais comme je m’en fous
C’est fou, comme ça peut faire du bien
Il n’est pas dit que je sois à nouveau fou
C’est flou, mais on y verra plus clair demain

Demain, j’embrasserais ton pardon
Sur tes lèvres ma propre rémission
J’évacuerais mes péchés, « fais pas chier »  
En te recouvrant de baisers

Tordant comme idée espiègle
J’ai des yeux d’aigles
Que tu as boxés
Le temps d’hier, jusqu'à vexer

J’irais même jusqu'à dire que j’ai dansé
Des pas lunaires pour te plaire
Et que t’as ris quand j’ai souffert
Y’avait tes copines, et puis ton père

Je suis fou, mais c’est comme ça que je t’aime
Je suis entré parmi le monde à vitesse lumière
C’est bien ce qui le caractérise, et même
Si je me trompe au moins je crois que je t’aime

Ma vie en dépend, trésor
Et ce que tu m’en laisses apercevoir
De cette chienne de vie m’évapore
J’attends scrutant tes grands yeux dans le noir

Aussi lissent, aussi profond, je m’y perd
Je sens que je passe à travers
Alors j’altère, mon souffle sur ta nuque
Comme le plus bel instrument, comme des chiottes à la turque
 

J’espère tellement que tu n’existes pas
Comment ne pas regretter, ce temps perdu loin de toi

Je t’entends presque aussi subitement
Montant l’escalier calmement
Ton souffle me montant à la tête
Comme l’échos de tes pas, que rien n’inquiète

Tu me fais confiance, et moi donc !
Puisque tu n’existes pas
Tu t’effaces comme un  furoncle
Apparaît en me chatouillant les doigts

L’Histoire m’invente sans affolement
Le passé laisse croire plus tranquillement

Je n’ai pas vingt ans, je suis au bout de la énième année
Je n’ai pas honte finalement, et j’ai de la chance à tes côtés
C’est à cause d’elle que je suis gai
Quand la tristesse m’envahissait
J’étais confortablement installé
Dans mon lit qui titubait

Le destin souvent se frotte
Contre les bords comme de la crotte
A tes souliers, les pieds blessés
Quand ayant tant et tant marché

J’’t’aime bien tu sais, comme je me hais
C’est la le sentiment le plus noble
Le seul auquel je me sois borné
Même quand en moi se dissolvait…

J’ai tant écris, et même encore
Afin de fracasser le présent
Mépriser l’avenir encore et encore
Mais que me reste t’il à présent

Un champ de possibles inaccessibles
Comme j’ai caché, hier encore
Ces mots indélébiles
Ces mots qui me mettent d’accord.

Ma victoire, sur mon idiot
J’ai mis vingt à la concevoir, vingt ans pour la jouer en solo
Vingt ans que la bêtise me placarde dans le noir

D’un coup de fil avec mon nouveau portable sans fil
Pour m’rattacher quand je n’avais pas envie d’éjecter
Si  peur de souffrir encore, du côté gore
Des gens banaux, comme les ragots

En ce monde aux informations multiples
Que multiplient les amours et les coups d’flips
Impossible d’entrevoir la vérité
Sans emmerder, sans résister, sans s’éventrer

Comment m’y prendre avec cette fille
Comment ne pas me méprendre, quand ses yeux brillent
Mais je ne lâcherais rien, et si tout va bien…
Et puis si j’ose…Ce que la vie me propose

C’est un peu comme tenir la barre
En plein océan, t’es fatigué t’en a marre
Tu voudrais déchirer ton cauchemar
C’est la tempête, tout est si noir

Au  réveil, tu n’as plus rien
Qu’une belle gueule de naufrager
Le visage porte les ravins
Des douleurs écumées dans la rage

Mais tu te tiens droit
Le regard fixe, qui fixe au loin
L’impossible espoir est en toi
Et son murmure se mire entre tes mains

Bouc émissaire, il en faut toujours un
Si c’est moi, c’est bien qu’aucun
Ne veut en prendre la place
Quitte à faire des trucs plutôt dégueulasse

On m’insulte me crache au visage
Pour des questions de forme et difformes
Ce que je dis alors dans les nuages
De cannabis, sans réalisme se déforme

Personne n’y comprend rien,
Tout n’est qu’application de proverbe,
Persévérer, milles fois pour rien,
Jusqu'à transpercer le hasard,

Une grande énigme,
A l’infini…


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