VARSOVIE
Varsovie n’est plus comme mes yeux l'ont connue,
Ses rues, ses boulevards, comme ses avenues
Ont oublié le temps où les heures s’y comptaient,
Où la mort, par les rues, pathétique passait.
Ils étaient des milliers, ils marchaient lentement,
Des hommes, des femmes, des vieillards, des enfants ;
S’ils étaient de nulle part, s’ils allaient n’importe où,
Ils voulaient, simplement, pouvoir vivre debout.
Ces pauvres amoureux d’un pays chimérique
Ne s’imaginaient pas ce destin bafoué,
Ils voyaient Varsovie en nouvelle Amérique,
Aux portes de l’enfer, on les a sacrifiés.
Il aurait fallu fuir cette patrie infâme,
Avant que de plonger en suprême agonie,
Avant que, sous leurs pas, ne s’allument les flammes
Et s’effacent, à jamais, leur âme, leur esprit.
Pour ne pas oublier ces choses qui font mal,
Il faut nous rappeler tout ce qu’ils ont vécu ;
La bave du crapaud, si ce n’est point fatal,
Est l'arme des bourreaux, des tyrans, des vendus.
Lorsque l’Humanité, dans ses rêves maudits,
Fait appel à celui qu’elle nomme « Mon Dieu »,
Et, qu’au nom de ce Père aidé du Saint-Esprit,
Comme un jardin d'enfer, elle allume des feux,
Pensez à Varsovie comme à l’agonie lente
Des âmes sacrifiées, des femmes qu’on éventre ;
Pensez aussi, un peu, aux enfants que l'on tue !
Ne dites plus jamais : « C’est Dieu qui l’a voulu ! »
--Message edité par antigone le 2008-06-15 03:45:49--