Ô MON VIEIL OCEAN
Ô mon vieil Océan, de mémoire profonde,
Tu sillonnes sans fin les rivages du Monde
Balancé au reflux, de bâbord à tribord,
Et le flux qui te nargue en écume sonore.
Devant ta face bleue, docile matelot,
Je rêve aux grands vaisseaux emportés par tes flots,
Je songe, également, aux cinglantes rafales
Qui s’en viennent frapper notre vert littorale.
Si parfois, d’un élan, tu te couches, tu rêves,
Et que le sable blanc t’invite sur la grève,
Qu’importe les écueils, le brouillard ou le vent,
Ta crinière de sel qui défie les brisants,
Pense au poète errant, à son morne destin,
Comme un phare attachant, montre lui le chemin :
Même si, quelques fois, il te cache ses larmes,
Berce le d’une voix veloutée qui le charme.
