ENFANTS DU BOUT DU MONDE
Petites filles du Mali ou du Soudan,
Je pense à vous, à vos compagnes de galère ;
Qui a le droit de mutiler vos corps d’enfants ?
Meurtries, martyrisées, vous n’avez qu’à vous taire !
A Kampala ou à Kaboul, comme à Gaza,
Nul ne vous voit : on vous a volé la lumière !
Ce monde est fous et muselé par des mollahs !
La liberté n’a pas de nom, ni de frontières !
Pour tarir à jamais la source de vos pleurs,
Enfants de tous pays, enfants du bout du monde,
Redonner à vos cœurs un peut de leur candeur,
Aussi vrai que je vis et que la terre est ronde,
Au bleu déclin du soir, je partirai demain
Et je n’emporterai, unique et singulière,
Comme un oiseau blotti dans le creux de mes mains,
Que ma sincérité, et mon amour de mère.
