DANS CE LIT DE HASARD
Dans ce lit de hasard où je me coucherai,
Pour m'endormir, enfin, sans peine et sans colère,
En joignant mes deux mains pour l'ultime prière,
Ô Nuit, quand tu viendras partager mon banquet,
Dans une parodie d'amères confidences,
Une douce oasis où coulent les ruisseaux,
Je te raconterai les bonheurs de l'enfance
Entrebaillant un peu les plis de son manteau.
Avant de chevaucher l'Océan des Ténèbres,
Au fond d'un inconnu sans chaleur, ni pardon,
De hanter, à jamais, des rivages funèbres,
Avant de traverser le miroir des saisons,
D'un air triste et songeur, laissant couler les mots
Au milieu de l'azur comme un délivrance,
Je te raconterai, dans un dernier sanglot,
Les vagues de la mer lorsque le vent y danse.
Alors, tu saisiras ma main, comme une chaine :
- Voici venu le temps de ton dernier sommeil !
Et, prenant ton essor, Déesse souveraine,
Tu m'ouvriras la route menant au soleil.
--Message edité par antigone le 2008-05-04 17:05:41--