LE TEMPS
Tout part et se défait, tout meurt et se dissout ;
Le temps glisse soudain et l’arc-en-ciel s’efface,
La minute évente nos rêves les plus fous
Et ne nous laisse rien qu’un souvenir fugace.
Quand les adolescents seront devenus vieux,
Et qu’il ne restera de leurs tendres visages,
Qu’antiques cheveux blancs et rides près des yeux,
Que leurs jolis minois ne seront que mirages ;
Et lorsque s’éteindra, dans leurs yeux, cette flamme
D’un espoir éternel, au soir de leur destin,
La vie aura pétri leurs corps, leurs sens, leurs âmes
Détruisant, pas à pas, une beauté d’airain ;
Quand les mois, les années auront fuit, éphémères,
Que les corps gracieux ne seront plus que cendres,
Les amours éperdus que des reflets amers,
Leurs âmes n’auront plus que la joie de descendre.
--Message edité par antigone le 2008-06-15 09:43:50--