pierwattebled Messages postés : 558 Ce qui ne nous détruit pas nous fortifie |
Posté le 09/06/2008 18:24:37 | | L’ENFANT NE SERAIT PLUS…
Au jour prosterné, l’étang rose s’offrait en silence. Une foulque noire encrait mystérieusement le fond du décor empreint de majesté et de douceur. Immobile, le héron cendré méditait une idée fixe. Le temps arrêté ne trouvait plus ses mots, à l’heure où le jour et la nuit se confondent. L’attente semblait peser telle une menace.
Dans un instant tout s’effacerait. L’ombre frémirait dans ses propres entrailles en découvrant sa blessure profonde. L’enfant surgirait avec ses sanglots : les cauchemars reviennent en battant des ailes ; porté à bout de bras, la tête dans les étoiles au- dessus de l’univers que la lumière éclaire à demi, l’enfant ne serait plus l’enfant. Peut-être celui à qui la mort apprend.
… Aujourd’hui, je le retrouvais, lui témoignait beaucoup de tendresse, et le rassurais. Il en faut peu pour peindre des rêves heureux : la soie du pinceau connaît les reflets du bonheur. Je le rencontrais en mon for intérieur. Je cédais à ses espiègleries, ses quelques caprices, fixant sur la toile de l’impossible vie ici un papillon bleu, ici une tourterelle, là- bas une fleur d’opaline sur un nénuphar,… l’œil rond d’un colvert serti dans son écrin de plumes. Et des milliers d’étoiles pour les chemins d’ailleurs…J’aurais voulu l’entendre rire, de ce rire aux éclats qui peut répondre au pire. Mais il ne voulait plus.
L’attente semblait peser telle une menace. Dans un instant, tout s’effacerait. Le héron cendré méditait une idée fixe : le temps arrêté ne trouvait plus ses mots à l’heure où le jour et la nuit se confondent. Une foulque noire encrait mystérieusement le fond du décor empreint de majesté et de douceur. Au jour prosterné, l’étang rose s’offrait en silence. Immobile.
Pierre WATTEBLED – le9 juin 2008
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