gene Messages postés : 405 Si j'écrivais tout ce que je ne dirai jamais à personne, quel fabuleux roman j'écrirais! Wolinski |
Posté le 27/08/2007 07:23:34 | | Grignandise
Des volets bleus noyés de verdure et de glycines avares
Que ce silence trouble de paroles de femmes est léger
Mon corps maison est vide
Au dessus, une pancarte : »MAISON CORPS A VENDRE »
La boite aux lettres n’a plus de lettres, hormis celles de mon mot.
La maison est inhabitée
Mon corps aussi peut être ?
Le silence m’obéit, le silence m’enrichit.
Je m’imprègne un long instant de ce lieu avant de décoller dans un rêve qui m’habite.
Tiens, serais je donc habitée ?
Ou n’est ce qu’un effet du propulseur de rêves au carburant des sens extraordinaires qui stationne dans mon imaginaire ?
Le septième sens, celui de la parole, des mots , de la couleur des verbes , de la sagesse enfantine à ne plus craindre le bonheur
Instant troublé par quelques pas caillouteux qui cherchent à violer l’absence de transparence de la maison, du corps habitation à vendre.
Le silence est d’ombre, d’une ombre douce et tendre qui efface les contours de la petite voiture qui pollue mon espace retraite, choisi avec soin ce matin
Elle n’a sûrement pas trouvé d’abri côtier * contre lequel se réfugier !
mais je lui pardonne son impudence, car elle est habillée d’un caducée ;
Lentement, aux fils du temps, fil fragile, les araignées ont tissé une étole de poussière grisée qui réchauffe la gouttière, et décore le banc de pierre su lequel je m’assieds.
Il me sied ce banc, il me ressemble, solide en apparence.
La mouche, prisonnière du lampadaire, deviendra luciole quand le jour se taira pour laisser parler la nuit.
Chaque nuit de rêves à venir, chaque cauchemar passé, éloigne la terreur.
Mon corps se nourrit alors.
Je le sens qui s’agite, je le ressens qui s’habite
La conscience de l’existence met parfois de très longues années pour se constituer
Apprivoiser la vie
Mon corps, ma maison a déjà été habité, mais est restée très longtemps vide de toutes mes richesses.
Elle a été de nouveau fécondée
Mon corps reprend son esprit, se meuble d’une nourriture que je chine à chaque rencontre, à chaque présent que m’offre l’autre
Je ne permet plus au passé d’interdire le présent
L’élan mortifère se dilue dans le miroir aux souvenirs
Je vois un fil doré , ou peut être un cheveu d’argent, une brillance, un éclair, une fulgurance qui indique un chemin sous la danse légère des glycines.
La maison a fermé ses paupières vertes, ternies par le temps, le temps d’autres occupants.
Mon corps s’ouvre à cette vie, une chance créée par la veine d’écriture où circulent les mots, où se délitent les maux
Un cri de douleur, vagissement demi séculaire , éclaire de toute sa lumière le mot jailli de l’ombre, de la re connaissance, la Re naissance.
La mère qui me donne le jour a été fécondée de souffrance et d’attente, telles des lettres perdues
Sauf une lettre retrouvée dans une boite aux lettres dés affectée.
* texte écrit à Grignan quand huit jours plus tôt, ma vieille voiture avait pris la liberté, sans mon consentement et ma présence d’épouser à jamais un abricotier
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