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Auteur : Sujet: jardin d'enfance  Bas
 gene
 Messages postés : 401
 Si j'écrivais tout ce que je
ne dirai jamais à personne, quel
fabuleux roman j'écrirais!
Wolinski
  Posté le 24/08/2007 14:13:00
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Je vous écris de mon jardin..d’enfance,
D’un jardin aux frontières d’un pays d’ailleurs , dont les sentiers mènent à l’état brumeux de l’adolescence.
Depuis lors, chaque printemps m’a ’alourdie, mais n’a pu gommer à jamais les traces, effacer  les pas lourds et las dans la terre fertile, soumise chaque jour au labeur de l’homme.
Les souvenirs partiellement enfouis germent à nouveau, croissent et poussent les mots enfuis  qu’on croyait à jamais ensevelis dans le compost de la vie.
mots couleurs  de pommettes joufflues et rosées du matin, de douceur de bonheur, de l’innocence et de l’impertinence, de  l’ amour des fruits défendus dans ce jardin d’Arden dont je porte le prénom de la première femme..    disait il
J’aurais aimer vous dire « tu », à vous tous comme dans un poème de Prévert , mais il n’y a pas de pluriel à l’amour , de moi à vous qui avez et allez encore partager cette histoire, fragment microscopique d’un champ labyrinthe plus vaste,  parfois engluée dans des sentiers maudits et des terrains boueux , méandres de la vie, rigoles de larmes ,traces indicibles ,rides sillons irréparables dans la fragilité des joues dodues de l’enfance
Grand père , tu disais aussi que dans mon prénom il y a « vie »,le courage  de la vie, dès lors que  je rencontrais une ortie, sans fleurs et  sans pleurs..
Je mesure les pas que j’ai franchi, les années, dans la mémoire des retrouvailles  de mes allées préférées.
Du Jardin..
Ses premières allées , m’ont vue partager, avec les limaces de la dernière pluie, le jus goûteux des fraises, rouges d’aise.
Fesses rouges de regrets plus tard..
Tenter, tester  la rhubarbe à peine effilochée à dessiner des lèvres  les plus belles grimaces acides
De retour à la maison, des pensées plein les mains, pensées interdites à la cueillette, maison à la façade de pierres dévorée de roses jusqu’à la gouttière, propriété des hirondelles.
Roses écorchées des chemins et des  mains d’ enfants désobéissants de l’amour qui anesthésiait le martinet.. au chant grinçant..
« La rose et la pensée  se méritent « disait il
Et puis les jambes plus aventureuses ont aidé les mains à atteindre les groseilliers, cassis et framboisiers..
A atteindre l’impossibilité du «  mentir la bouche pleine «  et colorée, langue vermeille  qu’on n’ose dissimuler à la douce repentance de ce plaisir à jamais comparé..fruits  de jardin éphémère toujours renouvelé

Je vous écris d’un jardin d’éternité
A l’entrée, une fosse se composte de chrysanthèmes à l’odeur de solitude , de décomposition
Les allées principales de ce jardin sont bétonnées, mais les transversales sont pierreuses comme le jardin de notre temps, d’un autre temps
Tu ne m’as pas entendue grandir, tu ne m’as pas vue franchir la haie et atteindre les premières cerises boucles d’oreilles, haussée sur la pointe des pieds
Un jour, tu n’avais pas ton pyjama, tu dormais , glacé sous mon baiser obligé de l’adieu, dans les larmes et chuchotements des gens du présent
La salle à manger ,déshabillée de ses meubles de chêne, sous la lumières des cierges diffusait une haleine inconnue, et tu gisais, dans ton costume aux fines rayures , immobile..très passé..
Dans notre jardin, personne ne pensait à ramasser les haricots
Ensemble nous avions planté le noyer . tu n’en goûteras pas les fruits, toi, noyé dans  la terre, enseveli, un jour de pluie d’artd’haine !
Mon errance et ta quête ont duré ,ont duré…, perduré..
j’ai arpenté les allées du cimetière, affronté les feux follets, dans l’attente et la souffrance , toujours renouvelées
De retour à la maison, des soucis plein les yeux.

Je t’écris de mon jardin secret..
A toi je dis « tu », comme dans le chant d’amour de Prévert à Barbara, maintenant que le drapé léger de la vie , balance sans heurts nos souvenirs..
A toi que j’aime, au bout de te chercher là où tu n’étais pas..
Et  ma main de fillette devient plume tâchée d’encre violette..
Les mauvaises herbes deviennent lettres ,
et ces mots dits en fin, je les puise dans la veine d’écriture dans la traces de tes sabots , la boue de tes galoches, dans l’emprunte de tes  gènes.

Quand je vous écrirai de mon jardin d’hiver, je serai au final de mes maux, de ma course, dans l’approche de grand père, non plus dans l’éphémère d’un jardin chaque an, ensemencé, mais dans l’immensité du secret du jardin …..d’éternité

devenir le spectateur de sa propre existence, c'est échapper aux souffrances de la vie. Oscar Wilde
 angie47
 Messages postés : 1230
 Rien d'humain n'est
éternel ...
 angie47
  Posté le 26/08/2007 14:51:26
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Angie

Textes déposés à la SDGL
Copyright n°00039806
http://angieallain.skyblog.com/
 Glimpse
 Messages postés : 548
 Glimpse
  Posté le 26/08/2007 18:32:45
Send a private message to Glimpse
Moi aussi, j'applaudis très fort, encore plus fort qu'Angie !

Christian d'Angicourt        

--Message edité par glimpse le 2007-08-26 18:33:21--

 Faludaurane
 Messages postés : 548
  Posté le 27/08/2007 04:02:50
Send a private message to Faludaurane
                 

Et moi plus fort que vous deux réunis
(l'Amérique et l'Oise du sud !)
ça en fait du peuple !!!!

Et trêve de plaisanterie, ce texte est très beau, très émouvant.

Il faut vivre, l'azur au-dessus comme un glaive,
Prêt à trancher le fil qui nous retient debout.
Il faut vivre partout, dans la boue et  le rêve
En aimant à la fois et le rêve et la boue. (Serge Reggiani)

 Glimpse
 Messages postés : 548
 Glimpse
  Posté le 30/08/2007 17:19:54
Send a private message to Glimpse
je reviens pour te dire combien j'apprécie la force et l'émotion qui se dégagent de tes textes en prose. C'est un plus, quelque chose de nouveau que tu apportes sur ce forum. Autre chose que les rangaines de style "cucu" ou "gnan-gnan" d'un grand nombre d'entre nous et qu'il faut dépoussiérer!

Chacun son style, bien sûr, mais j'admire aussi ce que tu écris dans la mesure ou je ne pourrais sans doute pas le faire ou oser le faire.

Au plaisir de te lire encore et de ressentir toute la vie affective dans sa dimension spatio-temporelle qui se dégage de tes textes.

Glimpse

--Message edité par glimpse le 2007-08-30 19:57:11--

 gene
 Messages postés : 401
 Si j'écrivais tout ce que je
ne dirai jamais à personne, quel
fabuleux roman j'écrirais!
Wolinski
  Posté le 31/08/2007 16:14:52
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merci Glimpse
bigre c'est dur à dire ton pseudo
je ne sais ce que j'apporte au site
je lis beaucoup, j'écoute toute cette poésie en la proférant à voix basse
j'ai le respect des mots, j'aime les agencer pour qu'ills se plaisent les uns aux autres, qu'ils disent mes idées à l'unisson:
je crois que les mots aiment à jouer , et comme je garde une très grande spontanéité je m'entends bien avec eux
Mon rapport à l'écriture est partculier dans le sens où je ressens parfois une tension tellement forte dans des émotions, beauté de la nature, violence dans mon travail, souffrance personnelle et celle d'autrui, qu'ils sortent de façon complétement désordonnée, et qu'il me reste seulement à les chorégraphier.
Je crois qu'on ne doit pas ni forcer, ni brusquer les mots seulement pour le paraitre, car ils deviennent
vides de sens ,du sens qu'on donne à la vie.
mes textes accompagnent souvent des photos, comme une double mémoire, l'image et la musique. Mais bon, jsuis pas du tout une pro contrairement à bcp sur ce site
cordialement
gene
Ps je réside  dans une école déshabitée de ses écoliers depuis 20 ans, mais les murs suintent encore et résonnent des mots d'enfants, de leurs âmes  de leurs rires et de leurs larmes .
gene

devenir le spectateur de sa propre existence, c'est échapper aux souffrances de la vie. Oscar Wilde
 Jack
 Messages postés : 539
  Posté le 08/09/2007 08:41:54
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Trés bien. Poignant !
Faites place libre à l'imagination, comme on dit le poids des mots et le choc des photos. C'est terrible...
Continue à nous écrire de belles choses, on les lira...
   

 gene
 Messages postés : 401
 Si j'écrivais tout ce que je
ne dirai jamais à personne, quel
fabuleux roman j'écrirais!
Wolinski
  Posté le 10/09/2007 06:56:19
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merci jack pour ta lecture et tes messages encourageants.
Quand on est nouveau, il est difficile de s"emparer" des écritures de chacun, et la tienne mérite également une lecture réfléchie

devenir le spectateur de sa propre existence, c'est échapper aux souffrances de la vie. Oscar Wilde

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