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forum Index du forum forumTextes en prose forumNouvelle IL Y A DE L'ECHO

Auteur : Sujet: Nouvelle IL Y A DE L'ECHO  Bas
 Jack
 Messages postés : 634
  Posté le 19/08/2007 11:27:29
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IL Y A DE L’ECHO
de Jacques Abéasis

1. L'INSTANT D'AVANT


Après l’instant d’après, il y eu le temps d’avant…
Avouez que pour Umma Thurstone, le phénomène se présente sous un aspect fort bizarre quoiqu’il faut bien s’en remettre à la réalité pour ne pas sombrer dans les vagues d’un océan dont les mouvements de convection n’ont guère de sens. Est-ce jour d’élection ou parfum de communiste dont les notes musicales s’égrènent sur son armure d’écailles. Umma Thurstone, elle, n’est vraiment pas certaine que ce fut un patronyme célèbre, encore moins quand elle se voit accommodée de tous ces espèces de légumes. Cependant, la vie sur Mars n’est pas désagréable. Parfois, elle regarde ce ciel qu’on dit rempli d’énormes cailloux peu imaginatifs, elle a toujours pensé que construire des fusées pour aller explorer les cieux était une des nombreuses erreurs dont on abreuve son espèce.
Etes-vous donc vraiment si cons, génères ? Avec une bonne tranche de viande de poisson, ça passera peut-être pour de la grande cuisine, avec un petit citron, et un peu de sel. Et aussi, un peu de poison dans le verre et tous ces bestiaux qui rêvassent dans l’enclos, « Enfin bon, ne peut elle retenir,… on n’est que ce que d’autres ont fait de nous. Une livre de farine avec des ?ufs ou du sucre, et quelque larges couches de grosses bêtises, n’est-ce pas, Arbre ? »
- C’est à supposer, qui voudrait donc aller habiter dans le ciel nocturne si c’est aussi accueillant qu’une cave. Journaleux et autres, je me demande ce qui les a attirés ici avec leurs drôles d’appareils… »
- Peut-être les deux lunes, fait Umma, ils les appellent Phobos et Deimos et en parlent avec des accents… peuh ! Disons, inqualifiables. Ils disent que chez eux, il y avait une dizaine d’années qu’on n’avait pas vu de tels phénomènes… »
- Comme nous, quand les eaux du fleuve sont montées jusqu’aux pieds des anciens remparts. », commente Arbre.
Alors, qui dit n’importe quoi, la nuit éternelle ou ces Sélènes…

Il y a des Hommes sur cette terre, qui marchent sur les airs sans avoir peur des vents.
Ils sont faits d’os, de sang, et de chairs, et nous apparaissent parfois immenses, et grande est leur mansuétude. Ils sont là parce qu’ils existent et leur présence impose, la loi, le respect, l’ordre. Ce n’est pas toujours ce qu’on nous apprend dans les écoles ou au coin du feu, mais il y a des Hommes sur cette terre, pour le meilleur et sans doute aussi pour le pire. Non point sourds à vos plaintes, mais ils sont tellement de choses à la fois. Eux, eux non plus, n’ont pas choisi d’être ces statues vivantes, symboles d’un passé ou d’un futur, quand ce n’est pas d’un devenir. Faits ainsi, ils ne comptent pour rien en regard de leurs consciences profondes. Ils sont de simples instruments quand pas des outils…
Bien sûr, ils sont aussi partie d’anciennes légendes, et sans doute encore acteurs du futur. Certains d’entre nous, sans le vouloir vraiment, arrivent à les voir et le respect s’impose, non seulement par ou pour un regard, plutôt par la conclusion d’un état de fait, ces Hommes que parfois on cherche avec désespérance, « Tu les veux, tes poissons ? »
- Pas cher, te dis-je ! », réplique le marchand.
- A ce point-là… mais vous n’y gagnez rien. Je veux dire, en or ? », fait le passant.
- Comme ça, j’ai de raisonnables espoirs que les prix du marché vont s’effondrer ! »
- Pour mettre à mal les concurrents, peut-être, c’est ça ? »
- C’est ça… », confirme le marchand.
- C’est un peu déloyal, voire interdit ? »
- Du poisson, il y en a , et tous se réservent des marges énormes… un poisson qui leur coûte cinq Francs, il le vende vingt-et-un ou vingt-deux francs.
Avec quelques distributeurs, nous faisons le poisson à treize francs, et il est bon. Croyez, c’est pour le bien de tout le monde. Et c’est exactement le même poisson, sauf que nous, on nous respecte.
Vous savez, la crise, je veux dire économique est surtout organisée par ceux à qui ça profite… »
- C’est bien, lieu noir, colin, flétan, sole, limande, c’est vraiment super ce que vous faites ! », fait encore le simple passant.
… Sur cette terre des Hommes, parfois, on réussit à oublier.

Les journalistes disent qu’il a des extra-martiens, sur cette petite planète proche appelée Terre.
Umma n’en croit pas un mot, comment pourrait-il y avoir la vie sur une planète aussi chaude… Ils oublient qu’on n’en est en réalité qu’aux premisses de la conquête spatiale. A peine un programme d’aller habiter sur Phobos ou Deimos pour exploiter les minerais. Alors, il y a les rêveurs qui veulent conquérir le système solaire. Un rêve commun à tous peut éviter bien des guerres entre les jaunes, les bleus, les roses, et les verts. Umma Thurstone s’occupe pour l’instant de faire cuire les steaks dans la poêle au revêtement spécial. Ça n’accroche pas, tout le monde le sait. Point de salut… Umma aime bien les proverbes. Les trois journalistes ont l’air d’être des gars bien, sympathiques en tout cas, ils parlent beaucoup avec Tom. Ils sont de la grande ville, ça se voit, ça se lit sur leurs visages.
Pourquoi ? Ici, la grande ferme n’a rien de spécial, mais ils ont décidé d’installer une station de radio, oh modeste, si on les en croit, pour relayer les émissions des sondes. C’est un très grand honneur pour Tom… Là-bas, en plein milieu des maïs. Le camion avec les matériaux doit arriver dans deux jours, et le fourgon avec les précieux instruments avec… Pour Tom, c’est une plongée dans le système solaire, ça fait revenir des souvenirs, « Mais, donnez-moi des magazines qui en parlent, dit-il, il me faut du solide quand même. »
- Vous savez la course à la Lune et à la terre est repartie. », dit un journaliste.
- Allons, la course est une mauvaise chose. »
- Phobos et Deimos, c’est une histoire d’une trentaine de mois à tout casser. Dessus, il n’y a rien. Par contre, pour la Terre, c’est fabuleux, les sondes ont détecté de nombreuses sources d’activité. Les émissions radios sont saturées, un boucan infernal… Les terriens existent ! », commente le journaliste.
- Vous voulez dire des gens comme nous ? », demande le paysan.
- C’est ce qu’on croit toujours… »
- Mon esprit plane de par le monde, servez-vous de ce gratin de choux-fleurs, tiens ! »
-  Merci beaucoup ! »
Trois journalistes à la maison, Umma et Tom ont l’impression de rajeunir.

Mais, au fait, que se passe-t-il sur Mars ?
Eh bien, je n’en sais rien !, se dit encore Umma Thurstone. Autant d’individus et autant de réponses différentes, il n’y a pas une, mais de multiples réponses. Et puis, les Thurstone ne sont que des pauvres paysans comme on disait il y a un siècle. Evidemment, l’agriculture traditionnelle a bien changé. Maintenant, on utilise les produits industriels, le paysans n’est plus une sorte d’aristocrate, fonctionnant en circuit fermé. Il y a la télévision avec cent cinquante chaînes, les radios, les revues & magazines, et Internet…
Avec tout ça, et le téléphone, le paysan n’est plus isolé, et est au courant de beaucoup de choses, même si son caractère le porte à être ronchon. Umma et Tom vivent comme ça depuis plus de quarante ans, il en ont à peu près soixante et en ont encore jusqu’à environ quatre-vingt-dix ans. Pour aller chez eux, c’est tout droit et les surprises ne sont pas légion. Les voisins sont loin et ont bien d’autres choses à faire. Les camions de la coopérative ne viennent que pour la récolte. Il y a juste le camion de lait et la boulangère, qui fait aussi épicerie, qui passe régulièrement, « C’est quoi vos noms ? », demande Tom.
- Notre équipe s’appelle Liberté, moi c’est Bill, lui c’est Jean, et lui Vladimir !... »
- Bien, et il n’y a pas de femme ! », réplique Tom.
- Pas dans notre équipe, mais il y en a une dans le camion de matériel, Ana. Vous savez, nous ne sommes pas sexistes, dans notre métier, il y a à peu près autant d’hommes que de femmes. De plus, il y a des droits pour ça. Tous égaux, dit la nouvelle Constitution… »
- Peut-être, mais vous êtes tous les trois des hommes ! »
- Allons… », fait Jean.
- Ne vous en faites pas, je plaisante. L’important, c’est votre boulot. Si vous voulez des femmes, il y en a au village… »
- Ne craignez rien, on sait se tenir ! »
Eh oui, même chez les Garbit, ça oscille quelquefois entre les Fatmah et les Trabadja-la-Moukère…

Bien sûr, on a construit des stations spatiales en orbite basse, une grande coopération, mais les jaunes, les roses, les bleus, et les verts sont toujours en guerre et en compétition sur divers plans.
Economique, une guerre effroyable, et la course à l’espace en fait partie, les nations qui font des premières spatiales y gagnent un prestige inégalé. Pourtant, Umma est optimiste, on a beaucoup parlé philosophie dans la littérature, que penseraient des extra-martiens de nous ? Que penserait une espèce intelligente de nous, les martiens ?
Cette station spatiale internationale a été une réussite, technique, même si elle n’a pas respecté son cahier des charges, et surtout de coopération, aucune nation n’aurait pu construire ça toute seule. Les Martiens apprennent peut-être par là à vivre ensemble, c’est du moins le souhait de beaucoup dont Umma et Tom Thurstone. On parle aussi de tourisme spatial, de riches industriels privés se payent des voyages en impesanteur, bientôt, il y aura des palaces de l’espace, où les plus riches passeront une semaine en impesanteur, dans quinze ans, peut-être trente. C’est pour cela qu’Umma et Tom ont les pieds sur Mars…
Il y a la ferme à s’occuper, les maïs, les blés, et les betteraves. L’agriculture a beaucoup changé, on ne fait plus un peu de tout pour vivre en autarcie, on choisit deux ou trois cultures et on fait de l’intensif, en essayant d’éviter les sècheresses. Et puis, avec Internet, on participe à la Bourse Planétaire, en faisant des gains sur les résultats positifs des entreprises qui ont bien besoin de cette confiance et de ces capitaux. Il s’agit de savoir se placer, l’argent est une matière volatile, il ne fait pas le bonheur, mais y contribue…
Du communisme capitalistique, chacun doit y trouver ses bonheurs…

Un Martien au corps tatoué de diverses scènes, l’homme illustré.
Le corps tatoué de diverses vignettes et chacune bouge puis tremble, et absorbe la conscience de celui qui regarde dans un autre monde, futur ou passé, haine ou amour. Un jour de voyage interstellaire est arrivé dans la propriété de Umma et Tom Thurstone dans une fusée. Umma et Tom n'ont pas montré leur grand étonnement, une sorte de femme comme eux., les pommettes hautes. Tom avait vu la lueur dans le ciel, elle avait grossi et une sorte de module, mi-capsule, mi-fusée avait atterri dans les blés non loin de la lisière d'un des bois.
Un cosmonaute en était sorti, et Tom se mit alors à croire à la conquête de l'espace, un cosmonaute s'était-il dit, « Nous sommes où? », demande une voix féminine à Tom qui s'est approché, tout en restant prudemment à vingt pas.
Sur Mars, bien sûr, vous êtes dans Linra, dans ma ferme... ».
Il y a de l'air dans lequel je peux respirer, je vais me défaire. Bonjour chez vous, je suis dame Xanadur... ». Et, à la surprise de Tom, la dame avait enlevé son casque, une belle femme au visage un peu hâlé et avec de long cheveux verts, « Ainsi, vous êtes des habitants de cette planète, Mars, je suis enchantée... J'ai fait un long voyage, plusieurs dizaines d'années-lumière. »
- Bonjour, vous êtes la bienvenue, venez donc à la maison, je vais vous présenter ma femme, Umma... »
- Volontiers, ça fait du bien de respirer à l'air libre, de voir le ciel... ça fait si longtemps. »
L'homme et la femme passent à travers champs vers le chemin, la rencontre leur semble à tous les deux, très naturelle.

Umma sait que Tom en sait plus qu'elle à ce sujet, mais l'espace est un lien avec l'astronomie.
Ces étoiles que l'on voit dans la ciel nocturne ne sont plus des inconnues grâce aux grands téléscopes Martiens et aux téléscopes spatiaux. Maintenant, on connaît quinze mille nébuleuses. C'est-à-dire des étoiles comme le soleil. Notre soleil mourra dans six milliards d'années, évidemment, la race martienne a le temps. Les téléscopes spatiaux, envoyés en orbite et donc dégagés des troubles dûs à l'atmosphère, voit beaucoup mieux les étoiles, et concurrence les grands télescopes au sol. Ils sont en fait complémentaires, aussi, on sait maintenant que les étoiles sont des soleils.
Un soleil est une boule de gaz, à l'origine, un nuage qui se condense, et explose, formant un disque d'accrétion où se forme parfois des planètes. L'explosion est spectaculaire, et son centre devient une géante rouge, comme notre soleil... des milliards d'années passent, puis la géante rouge à la fin de sa vie enfle. Ainsi, notre soleil gonflera jusqu'à contenir Mercure, Vénus, et la Terre. Alors l'étoile devient une nébuleuse fortement lumineuse. Il y a quinze mille nébuleuses dans notre Univers, pas une pareille que l'autre, « On parle aussi de planète de la taille de Mars ou de Jupiter hors de notre système solaire. », fait Vladimir, un des trois journalistes.
- Oui, fait Umma, Tom m'a dit qu'avec les téléscopes spatiaux et les progrès en matière d'optique, on avait trouvé des étoiles qui ont des planètes... »
- Ça veut dire que la vie peut exister ailleurs! »
- Elle peut bien exister aussi sur Titan ou Encelade. »
- C'est vrai qu'il s'agit de définir la vie, mais notre race découvre aujourd'hui encore son propre système, et il n'est pas absurde de penser que d'autres civilisations comparables sont nées à quelques années-lumière. »
- L'astronomie, fait Umma, ce sont des distances gigantesques, l'espace et le système solaire, c'est déjà vaste!
Vladimir hoche de la tête, « Ça nous permet de nous regarder, nous-mêmes différemment
Dans le système solaire, nous ne sommes pas seuls si ces Terriens existe bien, mais pourtant, le reste du système solaire nous paraît vide et désert, livré à la géologie et à la chimie plus qu'à la sociologie et à l'ethnologie...

Xanadur parle surprennamment bien la langue de Tom, et celui-ci s'en étonne...
L'extra-martienne lui répond que c'est naturel puisqu'elle réagit aux impulsions du cerveau et aux mouvements du corps. Nous autres avons bien sûr beaucoup étudié les langages, et j'ai pu faire des enregistrements et des traductions là-haut en orbite. Ça m'a permis de comprendre certaines de vos langues, et c'est pourquoi j'ai atterri ici, c'est votre langue que je maîtrise le mieux...
Umma est heureux que Tom ait là à qui parler. On a souvent parlé dans la littérature des voyageurs de l'espace, mais c'est la première fois qu'Umma en voit un, enfin une. De son côté, elle n'a jamais été étonnée de ce que la vie existe sur d'autres planètes ou d'autres étoiles, c'est bien naturel. Vous savez, un événement extraordinaire est ressentit par beaucoup de créatures en même temps, c'est fou le nombre d'évènements qui se produisent en même temps. En cet instant magique pour toi et moi, que d'occasions perdues, lui a dit Tom, étant plus jeune. Ce jour-là, il l'a séduit définitivement, « Alors, vous trouvez ça bon? »
- Des tartines grillées avec de la confiture d'orange et du thé, c'est magnifique Umma ! », réplique Xanadur.
- Sûr, fait Umma, que dans l'espace vous ne devez pas manger de telles choses... »
- Détrompez-vous, umma, nous avons beaucoup étudié les coutumes et démontré leurs efficacités, en fait la forme, les couleurs et les odeurs ont beaucoup d'importance pour le confort moral. Nous faisons de la très bonne cuisine en apesanteur... »
Tom est surpris, « Je croyais qu'on vous nourrissait de bouillies et de liquides... »
- Sur Mars, je ne sais pas, mais nous faisons de la bonne cuisine spatiale, c'est indispensable à la santé psychique... »
Xanadur est vraiment une compagnie joviale.


2. L'INSTANT PRESENT


Bon, alors, dans l'apesanteur, on est moins lourd et il arrive qu'on flotte bien avant de ressortir complétement transformé de l'expérience...
Enfin, non, ce n'est point tout-à-fait ça que la Vénusienne explique aux martiens, mais depuis qu'on a découvert une autre planète extra, quoique solaire, fait chaud, fait froid, mais ça ne dit pas grand chose de positif, d'ailleurs le grand Dormanu, selon Xanadur, disait quelque chose de sensé à propos de la confiture qui accompagne le bifteck. Du genre que c'est certes passionnant, mais dans ces circonstances fort atténuantes, on pourrait en faire un excellent fromage...
Il est dit qu'il ne faut peut-être pas le dire à un si joli sourire et pourtant la voyageuse spatiale a un peu des difficultés à s'y retrouver dans tous ces objets du culte. D'autant que le fermier semble... ne rien dire depuis qu'il est, dit-on, tombé trop fondamental pour être vraiment transcendental, dans la mesure où il est dit aussi, je ne sais où que trois mages, qui plus est sans aucun doute, des rois, vont traverser le désert, « Ouais, encore une paire d'as qui se tire la bourre! »
- Vous êtes sûrs, qu'il y en a trois de vos magos? », demande Tom.
- Bien, à vrai dire, tente vraiment de répondre Dormanu, c'est le grand Dormanu qui le dit, mais parfois c'est un peu comme d'étriper un marcassin. Entre légions de l'honneur et rites hâleurs...
- C'est déjà bien, souffle Umma, qu'il arrive des choses, cet espèce de semoule de riz soufflé... »
- Vous dites comment ? », demande Tom, un peu éperdu d'admiration pour une certaine forme de contentement contemplatif.
- Euh... »
Ce n'est pas forcément vraiment évident de bien supporter la gravité.

Puis, alors, entre Vénusiennes, je ne vous dis pas, quelle ambiance, du genre, j'ai rencontré un certain Bill qui souffle le froid sur nos pentes brûlantes et je fais des arabesques avec le magma...
Histoire de lien, il n'y a pas que Véga ou Mars comme mondes habités, mais qu'entend-t-on par monde habité, par exemple, entend-je des voix. Ces quelques sons sont-ils l'indication d'une présence plutôt que des hallucinations ou des réminiscences de la mémoire. Les mers de Titan sont très fécondes pour nos imagination. La vie nous ressemble-t-elle, l'ethnocentrisme nous dit, à l'instar de l'héliocentrisme que nous nous croyons toujours naturellement au centre de l'Univers. Chez les Vénusiennes, ça jase. Mon corps m'est étranger est le vrai préalable aux missions de paix.
Notre corps est un objet, une oeuvre d'art dont il faut prendre soin, jus d'orange, tomates fraîches, kiwis et avocats. Et bien s'alimenter avec des énergies nouvelles et biodégradables. Recycler le papier et les plastiques. La Terre est un cas surprennant avec ses Terriens, car maintenant nous ne sommes pas seuls et leur technologie est un défi intéressant, « Vous parlez bien Bill, et Vladimir aussi. Ils sont bientôt là vos camions... »
- Oui, Ana est toujours très ponctuelle, elle va débarquer avec les précieux instruments de précision, analyseur de gaz, téléscopes, magnétomètres, et logiciel photographique. Ainsi que les récepteurs radios, bien entendu. », réplique Vladimir.
Jean glapit, « Elle est excellente cette confiture, et ces brownies aussi. Avec les oeufs au bacon, ça cale bien l'estomac. »
- Umma est une excellente cuisinière, sans doute un cordon bleu. », rigole Tom.
Des martiens dans tous le système solaire, c'est un grand rêve pour la civilisation.

Pas de doute, Umma et Tom ne se rappellent plus bien de leur mariage, et puis il y en a eu les trois enfants, qui, en eux-mêmes ont grandit et ont disparu dans la nature, enfin pas vraiment...
Mais, Umma et Tom en sont toujours très occupés aux affaires agricoles, le famille, ce n'est pas vraiment toujours très net et puis les mariages, ce sont quelques mois de rêve. Evidemment, c'est une cérémonie qui unit deux êtres pour le reste de leur existence, c'est du moins ce qu'on dit dans les livres, et les deux paysans et fermiers ont lu beaucoup de livres. Finalement, ce ne sont pas deux personnes et deux clans, qui s'en rappelle, c'est surtout ça qui est important, je t'épouse et tout un laïus qui n'est d'ailleurs pas le même partout...
Quant à Xanadur, c'est definitivement une fille bien, elle paraît impressionnée par la cuisine de Umma, et semble se régaler, « Purée, dit-elle, ça fait du bien de voir des gens comme vous, car il faut bien dire que dans mon quatre-vingt mètres carrés, deux cents mètres cubes, je m'ennuie parfois... »
- C'est pas les voisins qui dérangent !... »
- Ah! Ah! C'est sûr qu'en quelques décennies de voyage, on apprend beaucoup de choses sur soi-même. J'ai divisé les espaces bien sûr, même quatre-vingt mêtre cubes, c'est beaucoup de gens... »
- Vous n'êtes pas trop à l'étroit là-haut? », demande Umma.
- Des fois, on fait une sortie dans l'espace pour reprendre ses sensations, et puis, il y a les transmissions, officielles et privées. Vous savez, je ne prétends plus à être à être saine d'esprit... »
- C'est bien, sourit Tom en hochant la tête, car nous, on ne vous aurait pas crue... »
- Evidemment, pour vous, Mars, c'est tout ce qui existe. », prononce Xanadur, un peu amère.
- Pas vraiment, souffle Umma, mais nous sommes avec vous, il faut souvent s'objectiver... Je crois que ça se dit comme ça. On les croit à des années-lumière, ces curieuses bêtes, et pourtant elles sont tout-à-fait là. »
- Une exploration à mener est toujours un peu surprennante. ». Umma, Xanadur, et Tom sont là et on dit parfois qu'un jour dure un siècle, et un long voyage, quelques secondes, un emplacement des doigts... Le temps de quelques battements de paupière. »
Une étoile vit cent milliards d'années.

Comme dirait Biquette, il n'est pas tellement difficile de penser que nous ne sommes pas les seules races de l'Univers, ni du système solaire... C'est simple.
Dormir, dormir, et toujours rêver aux étoiles, pourtant la fusée de Xanadur n'a rien d'un rêve, la voyageuse est bien réelle. Umma et Tom Thurstone eux sont tranquilles et à l'aise. En voilà des nouvelles, ainsi d'autres races s'amusent à voyager entre les étoiles, c'est divertissant. Tom a du mal a s'expliquer que Xanadur ressemble tant à un cosmonaute, en fait, pour lui, dans cette matière qu'est l'Espace, nous sommes toujours à la limite du canular, « Votre aspect me surprend, Xanadur! »
- Le votre aussi, nous nous ressemblons vraiment beaucoup et cela ouvre tout un champ d'hypothèses. Il n'y a pas deux planètes habitées qui se ressemblent dans notre galaxie, mais on a déjà imaginé, qu'avant nous, d'autres races sur d'autres planètes et à d'autres époques avait ensemencé la vie ou certaines formes de vie dans tout l'Univers... »
- Vous voulez dire que nous sommes cousins? », demande Tom.
- C'est une affaire de perception, la façon dont vous me voyez est en partie due à la façon dont vous imaginez les extra-martiens, deux jambes, un tronc, deux bras et une tête. Vous les imaginez peut-être un peu comme vous... »
- Or moi aussi, je trouve ces ressemblances chez vous, à moins que je sois revenu par mégarde sur ma planète natale ou dans l'empire, c'est bien ce qui me surprend, une courbure de l'espace particulière... »
Le déjeuner est fini, et Umma demande à Xanadur si elle veut faire une petite sieste pour digérer. Xanadur est un peu méfiante, mais elle voit bien que les Thurstone sont des gens bien, et accepte. Cette combinaison de cosmonaute pourvoit à pas mal de chose et n'est pas encore trop encombrante...
Dormir, doucement et sans s'inquièter...

De plus, il y a Robert, le roi des Rouges, ou Roses, tels qu'on les appellent ici, et aussi, le seigneur Roger, qui règne sur les Jaunes...
Oh, certes, l'ordinaire de ces peuples n'est pas pour tous la guerre, derrière les lignes de front fluctuantes, on s'organise en paix. En fait, il s'agit un peu de zones militarisées faites exprès, on vit là avec une économie de guerre et une haute lutte économique et technologique, un peu fait exprès pour tirer les technologies et les civilisations vers le haut. On se fait peur aussi parfois, mais on améliore les techniques, aussi on met au point les engrais, les fruits et légumes biologiques, les plastiques recyclages, et les améliorations génétiques des améliorations des animaux domestiques.
C'est là aussi qu'on maintient les cheptels d'animaux sauvages qu'on redirige sur tous les territoires, guerres, il y a plutôt sauvages concurrences ou le martiens doit s'adapter car il est des caractères plus disposés à ce genre de stress, la guerre est un art qui devient une discipline pour ceux qui veulent maîtriser leurs corps, en lien avec les universités, les facultés, et d'autres laboratoires, on améliore les sciences et l'agriculture dans un marché dirigé plutôt que de laisser comme ailleurs la place à l'ultra-libéralisme. D'ailleurs, ailleurs ainsi, on a besoin des coopérations agricoles et de ces guerriers, on développe des formes de cultures différentes, mais dirigées vers les profits et les conforts de tous, « Vient maintenant le temps des académies de l'espace... », fait le sergent.
- Oui, fait l'universitaire, je crois que ça commence à se répandre, l'idée est porteuse. On visualise maintenant une planète bien ronde, et on s'occupe de la garder en bonne santé... »
- Ça nous permettra peut-être de sortir des fantasmes de paix névrosés par les guerres froides d'il y a quarante ans. L'individu veut vivre dans un monde réactif... »
- Je crois qu'Internet peut nous permettre de créer un village mondial, comme on disait à une certaine époque. D'acquérir une vision globale de l'économie planétaire... Je veux dire un gain pour les esprits! »
Nous sommes une planète, le solaire et les centrales à vent doivent prendre plus de place. On doit abandonner les énergies fossiles qui polluent trop.
Et  prendre soin des climats...

Et grâce à la pizza mammouth, nous allons danser sans cesser autour de la tourniquette à boudins...
Dormant, dormant, l'extra-martienne repense à son pays, son monde, le lapin vert toujours en retard avec sa super-toquante et la petite fille à la robe bleue et blanche, au tablier, car le sable s'égrenne dans le sablier, tandis que la pastèque a des convulsions. Bien sûr, elle aussi, Dorothée, disparaît dans les buissons, malgré ce chevalier plein de microbes qui arrivent dans la clairière clairsemée d'arbres, sur son fidèle destrier. Fabrication d'usine, du pur porc aux plastiques de synthèse. Il y a non loin, le renard et la caille qui laissent le fromage du corbeau aux loups.
Tandis que pleure la fontaine aux voeux et son cher ami le puits aux poires. Il y a comme un vol d'oiseaux dans le ciel, canards sauvages, eiders, ou jars.
Point de doute, déployés en formation alors que la planète génère les fantasmes, depuis le dernier cabaret au bord du monde, impalpable illusion, pas des hallucinations, un monde conçu pour répondre à vos rêves, « Pas de doutes, ce sont des empreintes de becs de canard et des bouts d'ailes. », fait le paysan.
- Surtout avec un peu de grenailles, de poudre à canon de basilic et de sariette dans le réservoir! », fait l'informaticien avec un rictus sadique.
- Vestiges ou vestales, fait remarquer la voix de Tom, ce zingue est là à cours de carburant ou est-ce que j'entends la mitraille... »
- Un piqué, je crois que ce martin pêcheur aura beau crier Banzaï, il n'aura pas raison de la huppe... »
Xanadur pionce profondément d'un sommeil doux, heureux et inexplicable.

Xanadur n'a de toute façon pas d'explication, cette planète lui paraît parfaitement habitable, et les deux personnes qu'elle a rencontrées sont très sympathiques.
Autre temps, autres lieux, dans les espaces verts ou il y a un certain nombre de massifs boisés, on construit des maisons, des moulins, des marchés, des camps de tir à l'arc, des forges, des chateaux, des universités, des monastères, des ports, des navires. Les paysans sont engagés et deviennent cueilleurs, chasseurs, pêcheurs... On exploite des filons de pierre et d'or. On coupe du bois et on construit des fermes et des élevages. Tout ceci paraît logique, l'important, c'est de gérer ces richesses qui l'on crées et transforme.
Somme toute, Mars est une planète agréable, mais Xanadur sait qu'il lui faut partir, elle se lève donc, remercie Umma et Tom, et après leur avoir expliqués qu'elle a encore beaucoup de choses à faire, traverse les champs et remonte dans sa fusée.
Des enquiquineurs, Umma pense que c'est un très beau rêve et que cette Xanadur est une belle fille, « Je vais aller à la ville..., finit par dire Tom, il nous faut du tabac, du riz, des jus de fruits... »
- Tu as besoin d'air ! », affirme Umma.
- C'est ça... »
Xanadur est passée comme un rêve, elle représente un peu tout un tas de choses qu'Umma et Tom ne connaîtront jamais. Pourtant, c'est un honneur que d'avoir reçu une extra-martienne. Elle a laissé un petit sac de très belles pierreries de plusieurs couleurs, en cadeau.
Ça a de la valeur pour vous, sur votre monde, mais gardez en quelques-unes pour les faire sertir dans une petit oeuvre d'art que vous mettrez sur la cheminée...

Xanadur est certes partie dans sa fusée, comme elle appelle son petit quatre-vingt-dix pièces et repense à cette histoire de tonneau...
C'est bien vrai que son galion de l'espace parcourt nombre de lieux en une seconde, et que sa capacité se compte aussi en tonneaux pour certains mariniers de différents ports. Il n'y a pas qu'une voie possible sur les routes stellaires, n'en déplaise aux hérons cendrés, aux tortues, et autres sortes de canards. Elle pense que Umma et Tom sont sûrement de la nation des Roses, d'après ce qu'elle a pu comprendre, ou des bleus, toujours est-il que ces gens lui ont beaucoup plue même quand il est difficile de remonter dans les brumes du sommeil. Au fond, des temps, comme dit Laetitia, l'espèce de chose en fourrure qui se trouve sans doute par là, toutes choses équilatérales en elles-mêmes, il y a de nombreuses façons d'être. Du classiques aux messies récalcitrants...
Nous étions peut-être bien des personnages faits de boue et de tourbe que quelques affairés ont peint ou colorié avec du noir, du rouge, et du jaune, c'est tellement... Improbable, dit Xanadur, que c'est sans doute tout-à-fait vrai. Je me rappelle encore d'un des gredins qui m'a vendu un truc intitulé Toute la Photo, en moins de cinq secondes. Il ne faut pas croire que le passé n'existe plus, trois planètes, huit géantes, et deux anneaux d'astéroïdes, plusieurs dizaines de lunes, et un ou mille soleils, « pas de doute, un univers est souvent vaste. », fait le piou-piou qui ponctue parfois ses mots par des drût-drût...
- Et parfois, des paramètres inconnus, des masses énormes qui pèsent lourdement sur la Toile, mais qui restent ignorés à nos sens. », admet la jolie fille extra-martienne.
- Comme on sait bien se prendre la tête pour un minime défaut de coupôle... »
C'est un peu comme synthétiser du biodégradable, que suis-je donc en cet instant prodigieux, magnifique, splendide, et peut-être bien magique...

Umma est très contrariée, elle essaie de garder son calme tout en gérant l'urgence, Ana vient d'arriver avec tout le pataquès, et cependant Tom a pris la camionnette pour faire les courses en ville...
Les trois journalistes expliquent le topo à Ana et au camionneur qui l'accompagne, et il y a comme une certaine agitation, comme dit souvent le grand Dormanu à ce propos. Vladimir et Jean ont repéré avec Tom, le fermier, l'endroit de l'installation de l'antenne réceptrice, c'est un peu à l'écart de la ferme, dans les champs près de différents petits groupes d'arbres. Il paraît que le lieu s'appelle le Bosquet, enfin bon, ça va se faire, mais comme faut tout déballer, installer, et... enfin bon, on préfère se dire qu'on n'est pas aux pièces et Umma essaie de gaver Ana et le camionneur du journal de tartines grillées.
Ana est certes pratique, et a elle-même des difficultés à se sentir naturelle, mais après une petite heure de flottement, Jean se décide à montrer le chemin de la future station radio et les trois journalistes embarquent avec la bagnole. Umma pousse un grand soupir, quand il n'y a plus personne, « Du tabac, du cirage, de la corde, ne tarde pas trop, Tom... »
Le fermier roule tranquillement et dépasse le pont de bois, il sent la présence de Xanadur, « Je rêve, sans doute... »
- C'est tranquille, vaste, et dégagé par ici! » fait Xanadur assise à la place du passager. Tom, ne dit rien, peut-être taciturne ou encore en proie à d'atroces hallucinations.
La fille extra-martienne émet encore, « Le calme est une vertu... »
La camionette arrive dans la petite ville, Tom serre les dents, il y a le magazine de fourniture, le bar, l'hôtel de ville, la guinguette... Il y a aussi Xanadur, et, se dit-il, il y a surtout moi !

C'est bien pour ça que rue du Troubidou avec le Benguigui, je me disais qu'il y avait sans doute de la Roudidi du côté de Brick-sur-la-Marne...
Et le savant, à coup de sachet dans le Taveh, ce n'est pas évident de me tromper de fourgon pour aller clamser, avec un kil' de Ramsay dans les fouilles en double file de ma montagne d'or creusée à coup de tronçonnage dans l'une des meilleures versions à thèmes d'El Socison. Alors que ça guinche au comptoir du Languedoc et que les petites fées dansent le flamenco, le madison, le charleston, et même que ça smurfe en plein rap sous les lueurs ramisées en pleine fièvre, scarlatine, varicelle et autres gros boudins de chez tous ces gradins, l'étoile du berge se lève ignorée comme le scorbut par le feuillu du choléra, peste! Est-ce donc ce long fleuve du non-retour...
Bougre dont la voie du sabre chevrotte à force de manipulation génétique, le lapin aux airs sauvages se lance à la poursuite de la belette qui bondit d'impalas en koudous, « Comme c'est moi, ça ne peut pas être très bon ! », se dit à voix haute et sans s'en rendre compte Ourson de la brelle.
Dormanu décide donc d'intervenir, « Tu sais, le gars avec un coup de Ziplon dans le ketchup à la moutarde de nos grenadiers, on peut peut-être affrêter ce pigeonnier d'irlandais... »
Tom demande donc du tabac, une vingtaine de livres de patates, trois cartouchières, et deux barils de fuel à notre grand artiste Arbre.
C'est du bluff ou c'est que ça gaze ? »
Tom fait, « On a des gars, chez nous, je pense que je vais aller me faire un jus. J'ai même une poule d'eau dans la tire. »
Arbre, qui aime bien les grognardes et les bêcheuses, emet, « Cette charrette, c'est ta caisse ? »
- Allez, files-moi un cageot de ces trucs ! »
- Des poivrons mexicains... »
- Comme le monde est parfois petit. »
Bienvenu au village, les gus.


3. L'INSTANT D'APRES


Puis, comme dit le chevalier qui est au volant du camion avec tous les murs, parois, et autres cloisons en matériaux composites, plastifiés rigides et renforcés, ainsi que un certains nombre de briques appelées moëllons...
Les chemins de terre ne sont pas exempts de nids de poule, mais les trois véhicules cahotant arrivent à un endroit où le blé a été fauché. Finalement, ils ont toute l'après-midi pour installer la structure lestée par les briques, pour résister aux vents parfois violents, et qui fait de temps en temps des tourbillons. Le camionneur ouvre la porte de derrière et les trois journalistes prennent les pelles pour creuser sur un petit mètre de profondeur. Ana prend le motoculteur et se met à tracer un cercle d'une circonférence de deux fois neuf pas tracé au préalable par le fermier, tandis que Bill, Vladimir, et Jean enlèvent la terre...
Au bout d'un certain temps, plus d'une heure et demi, la tranchée est enfin réalisée en entier, et ils placent les briques et les parois extérieures. Ça sue un peu, et ils sont contents qu'il y ait des bouteilles d'eau, ainsi que du jus de citron et du jus d'orange. Il y a aussi des sandwichs saucisson, camembert, et variétés pour tout-à-l'heure, « C'est un peu épuisant, m'enfin il ne fait pas trop chaud, nous en serons quitte pour une bonne douche! », fait Ana.
- La rivière ne passe pas loin, ce sera pratique pour tirer l'eau à filtrer et pour se baigner. Elle est propre à défaut d'être potable, m'a dit Tom. », ajoute Jean.
- Bill hoche la tête, « Cinquante mètres carrés au sol, certes, mais il faut aussi être assez indépendant et autonome pour laisser les Thurstone tranquilles.
- On en a encore pour deux jours, installer les panneaux solaires et les synthétiseurs d'eau, les recycleurs. Il faut pouvoir vivre à deux, exceptionnellement trois là-dedans... »
Ana, se dit la fille, du reste jolie, t'es une garce...

Les Roses et les Jaunes, c'est un peu l'histoire d'une congrégation où il s'en foutent plein la gueule, c'est aussi le cas des Bleus et des Verts du reste...
C'est un peu toujours comme ça chez les colorés, il suffit que l'un prétende que l'on doit toujours voir les yeux de la personne avec qui on discute, et qu'un autre parle de l'ombre du chapeau. En principe, on doit parler librement, mais en fait, certains discours pour ne pas dire tous, sont crispés, à force de recevoir les ordres des Partis. C'est comme une audition incontrôlée, l'un raconte l'histoire de sa mère, l'autre parle à sa vieille tante, au final, on essaie de suivre les rythmes des isntruments, mais rien d'évident, on se croirait sur une colline hantée, le jeu du tigre, ou alors celui du chameau et du phoque...
Puis, on essaie d'arranger les scènes du fond de vieux documentaire historique, sorte de visite d'un vieux moment en ruine, « Tu sais, Umma, ce qui me fait le plus peur, ce sont les fantômes... »
- Ces journalistes, tu veux dire. Je ne les crois pas méchants, ils nous laisseront tranquilles... », répond Umma.
- Ils ont intérêt... Je ne sais pas qui sont ceux qui vont venir et se relayer, mais ils paieront leurs repas, s'ils veulent rester. Le prix de la location du terrain occupé n'est pas très élevé pour eux !»
- Ils n'ont jamais dit qu'ils étaient très riches, ce serait plutôt nous qui le sommes pour eux. », rectifie encore Umma.
Tom laisse tomber, « Ils ne connaissaient rien à l'agriculture, mais je suis curieux de leurs appareillages scientifiques... »
Les Thurstone sont avant tout des fermiers, des paysans qui se méfient des gens de la ville.

Tom entre dans le bar.
Il a chargé la carriole avec Ours, vingt kilos de patates, deux cubitainers de cinq litres de jus de fruits, trois litres d'huile, une cinquantaine de côtelettes, huit litres de moules, cinq kilos de riz, cinq cent grammes de tabac. Et j'aime autant à vous dire qu'à la maison, il y a souvent du déchet, mais il prend aussi des courses pour quelques voisins, ils ont encore un gros bidon de lait.
L'eau courante, les panneaux solaires, les éoliennes... Les compagnies de téléphones et de télévisions, les radios, les compagnies des trains, la station de gaz et d'essence... Tout ça revient dans la tête du fermier quand il repasse en ville.
Ayant chargé la carriole donc, tandis que Xanadur restait tranquille. Tom va faire un tour au bar, bazar de bordel, avec ses lumières affriolantes, il n'y a pas plus d'une demi-douzaine de clients. Il commande une bière, il vient toujours au bar après les courses à l'épicerie, c'est une façon pour lui de se détacher un peu de son boulot, une sale habitude, se dit-il parfois, mais au moins, il voit un peu les gens. Le serveur connaît son monde et donne souvent quelques informations sur les bonnes occasions ou les choses que seuls les gens de la ville savent déjà à propos des changements à venir ou survenus...
Il est tout à sa bière quand la porte du bar s'ouvre, et c'est Xanadur qui vient s'asseoir sur un de ces hauts tabourets à côtés de lui, « Elle est chouette votre planète... »
Le serveur est étonné de voir une fille dans son troquet, et s'empresse de venir servir, « Ce sera ? »
- Vous avez des cocktails de jus de fruits... »
- Du mulitvitaminé... Vous vous connaissez ? », demande-t-il en désignant Tom du menton...
Tom a un mouvement de recul de la tête, et un sourire fleurit sur ses lèvres, « Plutôt, oui ! Elle est venue avec moi... »
Xanadur hoche du chef, « C'est okay, pour le survitaminé... Il est pas mal votre gastos ! »
- C'est votre fille ? », fait le serveur en versant du jus de fruits dans un verre.
Tom étouffe un baillement, « C'est ça! »
Un bon mensonge dit parfois la vérité.

Au Bosquet, la construction avance vite... Le premier jour, la structure extérieure était installée.
Ensuite, tous ces gens du journal ont dormi à la ferme avant de reprendre les travaux le lendemain, les cloisons intérieures, le sol pour être à l'abri de l'humidité et des pertes de chaleur, puis l'aménagement, trois bureaux, cinq lits, une cuisine; une salle d'eau... Il n'y avait plus qu'à faire quelques travaux pour amener l'eau courante et l'électricité. En attendant, les panneaux solaires fournissent un peu d'électricité, le reste se fait au gaz.
Toute la structure est en plastique renforcé et isolant, fruit des dernières avancées techniques. Il y a aussi un système de récupération d'eaux de pluie, un bac couvert à l'extérieur... De l'intérieur, c'est vaste avec des plafonds à trois mètres, importante et beaucoup d'ouvertures et de lumière. Et de l'extérieur, la structure ressemble un peu à un hangar, ou un groupe en forme de rond. Les parois extérieures sont d'abord verticales, puis à partir de trois mètres s'arrondissent, au centre, le toit culmine à quatre mètres cinquante... « Ça ne dépareille pas tellement le paysage! », fait Ana.
Bill approuve, « Non, cette couleur gris sombre est discrète. Je suis allée prendre un bain à la rivière; elle est à trois cents mètres, c'est agréable. »
Jean ajoute, « Surtout avec tous ces poissons... Je suppose ! »
- Allons bon ! Voilà que tu charries, vieux, mais d'après ce qu'à dit Tom, on peut y pêcher... Dites, elle est super, notre baraque ! »
- La station ? Formidable, dit Ana, il n'y a plus qu'à installer les instruments scientifiques, mais on peut y dormir dés ce soir... »
 Tope-là ? », ajoute Vladimir.
 Allez, je t'en serre cinq ! », réplique, hilare, Ana.
L'habitation est tranquille posée au milieu des champs.

C'esta lors un temps de bourrasque, quand se lève le vent des morts pour cause de gros déchets graves.
Cependant que Tom roule en volant de sa camionnette, il est un peu apaisé. Xanadur s'est mise à discuter avec le serveur, elle compte ouvrir un hôtel plus ou moins, ou s'occuper du premier étage et y louer les chambres. Enfin bon, elle regarde partir la camionnette, telle un fantôme dans cette petite ville déserte. Temps de l'amour, Tom croyait un peu plaisanter en disant que cette extra-martienne était sa fille, mais qu'importe, en fait...
Umma, de son côté, s'occupe, entre les nettoyages, vaisselles, patisseries, en profiter un peu du temps, il y a toujours à faire, d'autant qu'il y a aussi les voisins qui passent pour ravitailler... Elle entend la camionnette arriver, et se tient sur le pas de la porte. Son gars dit, « Il y a ce qu'il faut, mais il risque de faire orage... Ours m'a parlé de photo à moment donné. »
Tom commence à décharger le véhicule, et elle répond, « Ce n'est pas ce qui manque... encore un grand gala ? »
- C'est différent, semble-t-il, un gars qui cherche des histoires pour le petit télégraphe. Arbre semble penser que ce gars dit lui-même n'importe quoi... »
Umma a une ombre de sourire au fond des yeux, « Tu ne vas tout de même pas me dire qu'il veut prendre des clichés de cette extra-martienne... »
Le fermier laisse passer un long silence, « Pas martienne, mais extra! Tu sais ce que peut vouloir un photographe, de toute façon, Xanadur est repartie pour sa grande tournée stellaire... »
- Pas sûr qu'on la revoit un jour... »
Umma et Tom se comprennent relativement bien, depuis longtemps, il y a tous ces champs, la maison, l'irrigation et puis, ils aiment bien faire en sorte que ces activités servent à plusieurs personnes, à la coopérative, ou aux fermes voisines.
Tout de même, drôle d'aventure, cette créature d'une autre planète, les images se perdent dans le vaste paysage.


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