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Auteur : Sujet: ET REPLIANT SESILES  Bas
 pierwattebled
 Messages postés : 536
 Ce qui ne nous détruit pas nous
fortifie
  Posté le 23/01/2007 06:09:59
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ET REPLIANT SES AILES …

Elle s’étira en soupirant d’ennui. Elle appuya sur la touche « on » de la télécommande pour inventorier les programmes de télévision en cours. Rien de palpitant.

Alors, elle éteignit dépitée, mais pourtant presque soulagée, venant de prendre soudain conscience du profond dégoût qui l’habitait. Les heures, d’une existence désormais inutile,  n’en finissaient pas de s’allonger, feignant de tout ignorer d’elle, dans la plus profonde indifférence.

Elle enfila ses pantoufles fatiguées, entreprit quelques pas glissés sur la grisaille du lino dans le couloir ; vite essoufflée, elle tendit ses maigres poignets à l’invisible geôlier et se laissa tomber sur le divan tel une poupée sans vie. Puis elle rêva du soir de ses vingt ans.

C’était bien sûr trop loin. Un peu stupide. Et tellement commun. Le chemin qu’elle prit, gravissait les saisons, mettant ses pas dans les traces anciennes sur la route, au temps de la gloire. Comment eût-elle pu à cet instant réécrire une histoire qui se perdait au-delà de ses mains flétries. Elle les tint immobiles, calmant sa respiration haletante : elles furent jadis de belles mains. Aujourd’hui, fragiles porcelaines. Alors elle compta, les enfants qu’elle avait portés.

Rires, cris de joie, plaintes résonnaient dans la courée.
Des passereaux s’élancèrent jusqu’au faîte d’un marronnier, avant que ne s’installât le silence Combien, oui, combien d’enfants ? Elle les avait aimés comme des fruits de saisons et s’en était nourri à en mourir de bonheur. Illusion, ultime sursaut, quelque chose sous sa peau bourgeonnait ;  n’allait – elle pas attendre le premier cri de l’aube nouvelle  Donner la vie, elle savait. Après la vie, c’était une autre affaire. Demain il lui faudrait se rendre, jusqu’au bout de son lit. Plus loin ?  Peut-être !

Alors, elle joignit les mains, fragiles porcelaines, que le froid engluait. Cantiques et prières renouèrent une foi antique qui lui mit du baume au cœur.
Son âme, quant à elle, lui faisait trop de mystères : les dunes couvraient les appels incessants des vagues immortelles.

Elle ferma les yeux et repliant ses ailes,  prit une longue respiration. Elle s’étira comme sait le faire la nuit. Puis elle s’endormit pour longtemps sur ses rêves envolés. A tout jamais.  Simplement.


Pierre Wattebled.

 fredaline
 Messages postés : 3938
 http://www.chezfredaline.com/
 fredaline
  Posté le 23/01/2007 06:27:52
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ho comme c est triste, elle meurt seule avec ses souvenirs du temps ou.......

http://www.chezfredaline.com/

Jean-Jacques mon tourbillon de passion…..dans tes mains  je navigue peu sage

 Tatave .le maçon-poète
.

 Messages postés : 1832
  Posté le 23/01/2007 06:45:57
Send a private message to Tatave .le maçon-poète .
UN ETERNEL RECOMMENCEMENT
BEL ECRIT A................+

 Kouzinedebrij
 Messages postés : 1870
 Ki va piano, va sano,... va
lontano (joli proverbe italien,
mais pas de moi !)
 Kouzinedebrij
  Posté le 23/01/2007 16:51:44
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C'est triste la solitude. Même pas ses enfants ... Puis elle s'endormit ...

Néanmoins beau texte.
A bientôt.

 pierwattebled
 Messages postés : 536
 Ce qui ne nous détruit pas nous
fortifie
  Posté le 24/01/2007 17:38:07
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la vie est ainsi faite de joie et de tristesse. A la fin, l'horloge choisit -elle le meilleur ou le pire moment ? Le texte laisserait à penser qu'elle part vraiment seule. A cet instant nous serons vraiment seuls, soyons clairs. Mais je pense qu'elle les a tous vus avant ce terme et que d'une certaine façon, ils l'aident à partir simplement.
Il s'agit là d'une scène qui pourrait tout aussi bien trouver sa place dans un roman: dans la vie comme dans les fictions le scénario n'est pas toujours rose; il est surtout ce que nous percevons et ressentons.
Cordialement.
Pierre Wattebled


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