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forum Index du forum forumNouvelles forumNouvelle pour tous les âges!

Auteur : Sujet: Nouvelle pour tous les âges!  Bas
 SALTO
 Messages postés : 33
  Posté le 29/03/2006 12:32:48
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T. SALTO




      Le film de M° WOOD

Personne ne peut résister à être dans le film de M°WOOD

                              «  PAS MÊME TOI ! »


La vieille librairie de la rue Saint-Honoré était l’endroit préféré de Victor.

Même si  la poussière recouvrait une majeure partie des livres, cela ne

l’empêchait pas d’y venir chaque fois qu’il le pouvait. Depuis le temps qu’il

venait, des centaines d’histoires s’étaient emmagasinées dans son cerveau,

toutes aussi fabuleuses les unes que les autres.

— Monsieur Wood !

— Je suis là Victor, perché sur mon échelle comme un vieux corbeau,

attendant son dernier souffle avant de m’en aller là haut ! dit-il en levant

la tête pour indiquer le ciel.

— Avez-vous trouvé le livre de Pinocchio que vous m’aviez promis ?

— Non, c’est  une édition spéciale et il est très difficile de se le

procurer, mais j’ai une autre surprise pour toi. J’ai enfin trouvé ce foutu

bouquin dont je t’avais parlé. Tu te souviens, ce fameux livre à la

couverture bleue. Je n’arrivais plus à savoir où je l’avais caché ! A mon

âge, ma mémoire me joue des tours. Attends, je descends de mon

perchoir ! il tira un des tiroirs placés sous le comptoir. Le voilà ! Regarde

Victor, comme ce volume est beau, et en plus, il est unique.

— Est-ce que vous pouvez me le prêter M° Wood ? il tendit les bras

pour me le donner mais ses mains refusaient de s’ouvrir.

— Je dois te prévenir mon petit Victor,  ce livre n’est pas comme les

autres. Ce livre a un pouvoir. Si tu l’ouvres, tu constateras qu’il n’y a que

des pages blanches. Reste ici, je vais fermer la boutique, il faut

rester prudent.

Effectivement, toutes les pages étaient blanches. Mais pourquoi ? se

demandait le petit garçon.

— Assied-toi Victor. Ce que tu vas entendre va être difficile à croire.

Tout a commencé il y a très longtemps et à ce moment là, je devais avoir

à peine treize ans. Un début de soir d’hiver, alors que les premiers

flocons faisaient leur apparition, un vent glacial m’avait obligé à me

réfugier dans un sous-sol. C’était plutôt un dépôt de vieux objets venus

des quatre coins du monde. Sur la porte, il était écrit en rouge sur fond

vert : Les objets magiques de M° Gunter. Un personnage est apparu, on

aurait dit qu’il sortait  tout droit d’un manoir autrichien avec ses longues

et fines moustaches blanches. Il parlait français mais son accent ne

trichait pas. Il disait que chaque personne qui franchissait la porte

d’entrée n’était pas là par hasard, et que chacun ressortait de la boutique

avec un objet différent, un objet unique, un objet magique comme il était

précisé à l’entrée. Moi, j’ai eu droit à ce livre et depuis tout ce temps, je

n’ai jamais osé ! .. Pendant un certain temps, il eut les yeux dans le vague.

— M° Wood.

— Oui Victor, que s’est-il passé ?

— Je crois que vous étiez ailleurs pendant un instant M° Wood.

— Sûrement mon petit Victor. Où en étions-nous ?

— Vous veniez de dire que vous n’avez jamais osé.

— Oui c’est vrai, je n’ai jamais osé. Mais peut-être que tout cela n’est

que mensonge, ce livre n’est peut-être pas magique !

— En quoi ce livre serait-il magique M° Wood ?

— Celui qui possède ce livre, a la faculté de se retrouver dans un autre

monde, un monde imaginaire. Créer son propre film dans l’univers du

cinéma. Pour cela, il suffit simplement de penser très fort pendant un laps

de temps de quinze secondes à un lieu bien précis, à un lieu où l’on

aimerait aller.

— Et si on dépasse quinze secondes ?

— Il ne se passera plus rien. Le vœu  ne sera pas exaucé. Il serait

dommage de manquer une occasion pareille. Si on renouvelle un second

vœu, le livre s’autodétruit et l’on retourne à jamais dans l’histoire  où l’on

se trouvait.

— Qu’attendez-vous alors M° Wood ?

— A présent, je suis trop vieux. C’est pour cela que j’ai pensé à toi.

Mais il y a mieux encore. Ouvre le livre à la dernière page et décolle la

feuille de la couverture, la feuille se recollera d’elle-même.

— Un DVD.

— Oui effectivement, un DVD vierge, comme ce livre aux pages

blanches. Tu n’as jamais aimé te retrouver dans un monde magique,

comme dans un rêve, un film ! Oh que oui, j’en suis sûr ! Tu veux essayer !

— Je peux vraiment !

— Tu n’as rien à craindre. Seules les histoires inoffensives peuvent être

dévoilées.  Enfin, c’est ce que m’a dit le vieil homme, mais il m’a paru

sincère. Tu n’as qu’à poser le livre devant toi, insérer le DVD dans le

lecteur et penser très fort pendant quinze secondes, et tu te retrouves

dans le film où tu aimerais être.

M° Wood possédait un lecteur  pour contrôler l’état des  DVD qu’on

lui empruntait.

— Mais attention, tu ne dois pas divulguer l’endroit où tu veux aller

avant. Ton voyage a une durée de deux heures maximums. Tu veux saisir

ta chance ?

— Oh oui ! Je sais même où je veux aller. J’aimerais tant rencontrer

Pinocchio, Scarpatello, Arlequin…

— Et bien alors, qu’attends-tu ? Juste un instant, avant de partir dans

l’autre monde, il ne te resterait pas un de ces fameux bonbons au miel,

par hasard !

Quinze secondes plus tard, Victor disparu, comme englouti par le

lecteur DVD. Les pages blanches du livre se remplirent d’encre noire. Et

M° Wood prit le plus grand plaisir à commencer la lecture. Sur l’écran du

téléviseur, à l’inverse du livre, on ne distinguait que des images

brouillées. Personne ne pouvait voir de l’autre côté de l’écran…

           « Dans le monde de Pinocchio. »

— Qui es-tu toi, et d’où est-ce que tu sors ?

— Je m’appelle Victor

— Moi, c’est Pinocchio et je vais au pays des plaisirs. Je dois rejoindre

mon ami Quinquet dans la voiture qui nous mènera là-bas.

— Je sais mais il ne faut pas y aller ! lui dis-je.

— Et pourquoi donc !

— Car, il s’y passe des choses bizarres.

— Tu dis n’importe quoi. D’abord, qu’est-ce que tu en sais, tu y es déjà allé !

— Non.

— Alors, salut. « Je préfèrerais encore braire comme un âne que de ne

pas y aller. » A la prochaine fois peut-être.

— Pinocchio, écoute. Si tu es d’accord, je veux bien

faire un bout de chemin avec toi.

— Si tu aimes marcher !

Au bout de quelques minutes, ils entendirent gémir une voix et s’en

rapprochèrent. Un petit garçon était assis sur un gros caillou, la tête entre

ses genoux.

— Qui es-tu toi, et pourquoi pleures-tu ? lui dit Pinocchio.

— Je m’appelle Scarpatello. Je ne sais pas pour quelle raison, je me suis

retrouvé dans une autre histoire. Le monde, où j’étais, a disparu.

— Je peux expliquer tout ça, dit Victor. C’est de ma  faute.

— De ta faute !

— Oui, tu es ici parce que je l’ai désiré. Vous êtes mes personnages de

contes préférés, Pinocchio et toi. En quelques mots, Victor leur raconte

le secret du livre.

— Mais dis-donc, tu as des grands pieds, tu dois marcher sacrément

vite ! s’esclaffa Pinocchio. Bon et bien, c’est pas tout, vous allez me faire

rater la diligence.

— De quoi est-ce qu’il parle, quelle diligence ?

— Tu ne connais pas l’histoire de Pinocchio ! dit Victor.

— Non ! Je peux venir avec vous !

— Si tu aimes marcher ! répliqua Pinocchio.

— Ecoutez, vous entendez ! dit Scarpatello.

— On dirait le bruit d’un hélicoptère.

— Un hélicoptère, qu’est-ce que c’est ? poursuivit Pinocchio.

—   Au secours, à l’aide ! Est-ce qu’il y a quelqu’un pour me venir en aide ?

 Cet appel était suivi d’un bruit lourd comme celui d’un…

— C’est un essaim d’abeilles et elles poursuivent quelqu’un.

— Avec moi, elles risquent plutôt de se casser le dard, c’est l’avantage

d’être en bois.

Victor sortit la boîte de bonbon au miel d’une de ses  poches et la

vida dans un trou situé au pied d’un arbre. Attirées par l’odeur, toutes les

abeilles s’y engouffrèrent et Victor n’eut plus qu’à obstruer l’orifice avec

une grosse pierre.

— Des bouchons, tu es fait avec des bouchons de liège. Mais tu ne

risquais rien. Leurs piqûres ne pouvaient te faire aucun mal.

— Mais je suis tellement léger, qu’elles avaient l’intention de me

transporter et de me laisser tomber dans un puits. Je te suis entièrement

reconnaissant. Quel est ton nom mon jeune garçon ?

— Victor. Que leur as-tu fait à ces abeilles pour qu’elles puissent t’en

vouloir ainsi ?

— Je voulais juste leur prendre un peu de cire pour mes pauvres

oreilles. Je ne supporte pas le moindre bruit.

— Et tu ne pouvais pas leur demander tout simplement ?

— Justement, c’est ce que j’ai fait. Mais au moment de sortir de la

ruche, il y a eu comme un tremblement de terre et elle s’est effondrée.

Elles ont cru que c’était moi et elles ont commencé à me poursuivre.

C’est à ce moment là que nous nous sommes retrouvés dans ce

monde, les abeilles et moi.

— Comment t’appelles-tu ? dit Pinocchio.

— Mon nom est Smoll.

— Il se passe de drôles de choses depuis tout à l’heure. Il faut que je

me dépêche si je ne veux pas rater la diligence ! dit Pinocchio qui  reprit

sa route, suivi de Victor et de Scarpatello.

— Est-ce que je peux vous accompagner ? Mais attendez-moi ! Est-ce

que quelqu’un aurait l’amabilité de m’aider à retirer ces foutus dards ?

J’en ai partout.

— Eh ! Pinocchio ! Regardez les amis, c’est Pinocchio.

C’était Quinquet qui faisait de grands signes avec ses bras. Une voiture

remplie de gamins en train de chanter à tue-tête, se dirigeait en direction du pays

des plaisirs.

— Allez, saute dans la voiture Pinocchio, la voiture ne peut pas

s’arrêter.

— Mais je ne suis pas tout seul !

— Et bien montez à l’arrière !

— Et les voilà tous partis pour le pays des plaisirs.

— Attention les enfants, cramponnez-vous, on va traverser une

passerelle. Je ne sais pas si elle va tenir, on est trop nombreux ! dit le

cocher. Une planche de la passerelle se cassa au moment où l’arrière de

la voiture allait la franchir, ce qui provoqua un soubresaut. Scarpatello,

Smoll et Victor firent une envolée et chacun se retrouva dans son

monde initial…

              « De retour dans le monde réel. »

— Tout va bien Victor !

— Oui, ça va M° Wood. Si vous saviez, c’était fantastique. Enfin presque,

sauf la fin.

— Je sais, j’ai suivi l’histoire en lisant le livre. Car ce que tu as vécu de

l’autre côté se transcrivait automatiquement sur les pages blanches. A

présent, tout a de nouveau disparu.

— Que fait-on du livre et du DVD, M° Wood ?

— Il ne me reste plus qu’à le mettre en un lieu sûr, là où personne ne

pourra le trouver

— Mais d’autres personnes peuvent en profiter !

— Sûrement, oui. Mais, je connais trop bien la folie  des humains pour le

laisser en des mains inappropriées. Il vaut mieux le cacher, crois-moi.

— Et vous, M° Wood, pourquoi n’essayeriez-vous pas, après tout, c’est

vous qui l’avez eu ce livre ? Vous pouvez quand même vous offrir un

dernier plaisir ! C’est une chance inespérée. Il y a bien quelque chose

qui vous fait énormément envie !

Il ouvrit grand les yeux en feignant de regarder le plafond.

— Je crois que tu as raison Victor. Pourquoi  ne me laisserais-je pas

tenter ?

Deux heures plus tard, M° Wood revint.

— Victor, il faut absolument que je retourne là-bas.

— Mais vous aviez dit que le livre s’autodétruirait et  que l’on resterait

dans l’histoire.

— C’est tout à fait exact, je vais retourner dans l’autre monde mais il y

a une chose que je ne t’ai pas dite. S’il s’agit d’une histoire d’amour, le

livre restera  intact. C’est en quelque sorte, comme dans les contes de

fées, lorsque le prince retrouve sa bien-aimée. J’ai retrouvé une

personne que j’ai aimée  il y a un demi-siècle, maintenant j’en ai quatre

vingt quatre, alors tu vois,  je n’ai plus rien à perdre. Depuis tout ce

temps, j’ai attendu et j’ai eu tort. Je pensais qu’elle aimait quelqu’un

d’autre et je me suis trompé, je ne me tromperai pas une seconde fois.

J’ai eu le temps d’écrire mon testament sur ce papier. Je te lègue ma

librairie, je n’en ai plus besoin maintenant. Vas-y Victor, installe le DVD à

présent. Une dernière chose avant de  m’en aller. Ne te resterait-il pas un

bonbon au miel, par hasard ? Je te confie le livre, prends en bien soin.

Soixante dix ans plus tard, dans une librairie rue Saint-Honoré…

Driiiiing !

— M° Victor.

— Je suis là mon petit Tom !

— Avez-vous reçu le livre que je vous ai commandé ?...

--Message edité par THOR le 2006-03-29 16:05:10--

 THOR
 Messages postés : 1162
 Je débusquerai l'espoir au
coeur de vos mots offerts
 THOR
  Posté le 29/03/2006 16:06:51
Send a private message to THOR
J'ai vraiment apprécié ce conte plein de fraîcheur ! Bravo !

TEXTES DEPOSES auprès de la SNAC. DROITS RESERVES Laure FELLONI
 THOR
 Messages postés : 1162
 Je débusquerai l'espoir au
coeur de vos mots offerts
 THOR
  Posté le 29/03/2006 16:08:55
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J'ai vraiment apprécié ce conte plein de fraîcheur ! Bravo !

TEXTES DEPOSES auprès de la SNAC. DROITS RESERVES Laure FELLONI

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