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forum Index du forum forumNouvelles forumAUBE, SAGA DE L'EUROPE. ch. 4 (dédié à Fredaline)

Auteur : Sujet: AUBE, SAGA DE L'EUROPE. ch. 4 (dédié à Fredaline)  Bas
 Marc_Galan
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 Marc_Galan
  Posté le 29/07/2007 16:01:52
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GUERRIER !

Le lendemain, la troupe reprit son chemin vers le nord. Le ciel écrasait la terre ; ils se sentaient des aigrettes au bout des doigts. Les nuages ventre de rat noyé crevèrent soudain en violent orage. Il eut beau être bref, ils pouvaient tenir pour bagatelle vent, pluie ou tempête, il ne fut pas le bienvenu. Éclairs et tonnerre effrayaient les chevaux, nerveux depuis l'immolation de la rosse. Plusieurs de ceux qui montaient des bêtes, encore mal dressées, du butin, churent dans la boue. On en rit un court instant. Le ciel, pour ne pas faire de jaloux, fit tomber, drus, de lourds grêlons, gros comme le bout du doigt et plus. Ils n'épargnèrent personne, du roi au captif. Les guerriers prirent leurs boucliers en épais cuir de vache pour s'en protéger... Un poing de glace, dur comme pierre, avait assommé l'un d'eux allant tête nue.
Arrosés d'abondance et de très mauvais gré, tous saluèrent la fin de la bourrasque avec de grands cris. Les nuages enfuis, le soleil frappa, comme pour se venger, de tout son éclat. Après un bref trajet, ils arrivèrent dans une zone de rochers. Les creux qui les parsemaient étaient secs. Pas une goutte n'y était tombée. La preuve était là : l'orage les avait choisis pour cible. Perkunos, le porteur de foudre, les avait trouvé négligents. Ils lui sacrifieraient au plus vite.
Ces pierres brûlantes tombaient à pic. Kleworegs ordonna une halte. Ses hommes se dévêtirent et étendirent leurs fourrures sur les rochers chauffés par l'ardent soleil. Sitôt posées, elles exhalèrent en vapeur toute l'eau dont elles s'étaient gorgées. Les chevaux fumaient eux aussi. Ils seraient bientôt secs.
Ils examinèrent les captifs. Bien que sans protection contre l'orage, ils n'avaient pas de blessures. Leurs ecchymoses sur les avant-bras ne méritaient pas ce nom. Elles ne pouvaient leur ôter la moindre valeur. Certains connaîtraient pire, aux mains de mauvais maîtres.
Rassurés sur leur état, les guerriers, nus, revinrent près de leurs vêtements. Debout – ceux qui s'étaient assis sur les pierres surchauffées s'y étaient brûlés –, ils s'étiraient au soleil. Pendant que leurs fourrures séchaient, ils jouèrent des muscles et se montrèrent leurs cicatrices glorieuses. Chacun proposait à l'admiration de ses voisins, de tous s'il les estimait valoir l'admiration générale, les marques et balafres reçues au combat, se gaussant des moins couturés.

Marc Galan, romancier
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 fredaline
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 fredaline
  Posté le 11/08/2007 04:19:11
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  merci  mon cher Marc
j 'aime beaucoup  cette histoire  ,
avec  mon mari  ,  on n a pas les mêmes  gouts  , mais  un jour  je me suis interreséee  a ce qu il aime  et  je me suis surprise a aimé aussi (ton histoire c 'est le genre qu il aime  bien ) ,  c 'est pour ca que ton histoire  j 'aime la suivre , comme quoi on evolue  toujours   enfin moi  oui    

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Jean-Jacques mon tourbillon de passion…..dans tes mains  je navigue peu sage

 Marc_Galan
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 Marc_Galan
  Posté le 14/08/2007 22:01:41
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Kleworegs, au corps à peu près intact, eut une moue navrée. Avec quel mépris, pas plus tard que l’avant-veille, ceux qui exhibaient, si fiers, leurs cicatrices avaient-ils moqué la coutume des Muets de se faire des blessures et de les présenter comme preuve de vaillance ! Avec quelle vigueur l'avaient-ils approuvé quand il avait expliqué combien, pour un vrai guerrier, l'important n'est pas celles reçues, mais infligées ! Deux jours avaient passé. Ils l’avaient oublié, et étaient tombés dans le même ridicule.
Il allait le leur rappeler et dauber sur leur légèreté. Un autre combattant, lui aussi au corps intact, connu de tous pour sa hardiesse et ses ravages, le devança. Certains vantards oubliaient les peu glorieuses circonstances de leurs cicatrices (Il ne parlait pas des marques d'épreuves. Un homme d'honneur les ignore.) Il interpella les deux qui riaient le plus fort. Un soir d'ivresse, ils s'étaient blessés l'un l'autre croyant frapper un ennemi. Plus très farauds, ils se turent. Il se tourna vers un autre groupe.
Ceux-là étaient connus pour leur hardiesse, et presque autant pour leur maladresse et leur raideur. La honte les stimula. Ils le prirent de haut. Ils avaient voulu faire sentir aux jeunes, participant à leur premier raid, combien il est digne et glorieux de mépriser la douleur et de se précipiter, malgré les risques, au plus fort du combat. Il était bien bête, ou bien malveillant, s'il ne l'avait compris.
Ils se calmèrent. Seul un petit malin plaisanta sur la petitesse du sexe du sermonneur. Sa remarque sortait du sujet. Elle tomba à plat. Nul ne se sentait assez belliqueux pour la reprendre ou l'exploiter. Tout se termina en péans à leur gloire.

Ils reconnaissaient ces bois, ces rivières. Leur village était, à moins d'un quartier, un peu à main gauche du levant en remontant du côté des mousses. Quoique guidés par le seul butin, ils ne s'étaient guère fourvoyés.
Le lendemain matin, ils croisèrent un petit groupe porteur des insignes du conseil royal de Kerdarya. Ils échangèrent de longs et cérémonieux saluts. Il écouta ensuite les nouvelles. Il pouvait être fier. Sa troupe était la dernière, là où il régnait, à revenir de campagne.
La patrouille semblait informée de tous les bruits et autres potins locaux. Son chef avait parlé avec de nombreux reges et neres. Le ton général était à la déception. Les raids, cette année, avaient peu rapporté. Dix captifs ici, un petit troupeau là, quelques ballots de peau à droite à gauche. Rien, au total, qui en vaille la peine. Tous étaient rentrés bien avant la fin de la saison chaude. Ce n'est pas dans leur butin qu'on trouverait le trésor promis !

Marc Galan, romancier
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 fredaline
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 fredaline
  Posté le 15/08/2007 04:29:24
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je vois bien là  les ''mâles'   prouver  qu'ils sont  des hommes ,   mais qui en douterai  ?!!  

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Jean-Jacques mon tourbillon de passion…..dans tes mains  je navigue peu sage

 Marc_Galan
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 Marc_Galan
  Posté le 17/08/2007 04:52:34
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Il négligea ces derniers mots. Il était trop fâché, pire, humilié, de ce défaitisme. Il ne s'en cacha pas. Son ton criard, inhabituel, le trahissait.
– Nous non plus, nous n'avons rien eu au début. Mais nous avons chevauché, chevauché, jusqu'à trouver de forts partis de Muets. Ils avaient de grands troupeaux et de nombreux captifs. Nous les avons tous défaits, avons pris tous leurs biens, et ramenons tout ce que tu vois... Sans compter le plus beau, que tu ne vois pas. Il est dans les chariots. Nous l'avons récolté tout à la fin. Tu vois, ça marche, quand on combat jusqu'au dernier jour.
Pewortor se planta devant eux.
– C'est nous, les forgerons, qui l'avons capturé !
Le chef de la patrouille regarda le colosse. Il aurait bien voulu le toiser... Exercice difficile, qui perd toute efficacité quand on doit lever les yeux sur son antagoniste. Kleworegs préféra parer à la confrontation.
– J'espère ne plus être très loin de chez moi.
– Nous y sommes passés, le temps d'une très courte halte, il y a un quartier. On t'y attendait avec impatience, mais sans inquiétude. À croire qu'ils sont habitués à tes retours tardifs.
– Habitués, et heureux ! Plus je rentre tard, plus beau et riche mon butin... Tu as dit à un quartier. Pour nous, ça fera plus.
– Détrompe-toi, nous sommes allés au pas, et sommes passés saluer des rois.
– C'est possible, mais j'ai les captifs à ménager, et les bœufs ne vont pas aussi vite que les chevaux, même s'ils se fatiguent moins.
– Oh, des bœufs nous auraient rattrapés !
Devisant, ils remontèrent le long de la troupe. Kleworegs présentait les siens, commentant leurs exploits. Medhwedmartor les suivait de près, raide comme piquet. Le contraste entre son corps, toujours aussi grassouillet malgré les repas sautés, et son visage farouche, eût pu prêter à rire... Mais dans cette seconde vie, don de son roi en dépit de Bhagos, nul ne s'y risquerait sans s'en repentir. Personne ne s'en sentit d'humeur. Ils avaient plus intéressant à faire. Ils admiraient la longue théorie de captifs, de beaux bovins, de petits chevaux piaffants.
Pewortor chevauchait en tête au moment de la rencontre. Il avait préféré, pour éviter tout esclandre, retourner avec les siens. Ils étaient rassemblés auprès des chariots de butin, emplis de richesses moins spectaculaires que les captifs ou le bétail, mais bien plus étranges et rares.

Marc Galan, romancier
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 Marc_Galan
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 Marc_Galan
  Posté le 18/08/2007 18:53:21
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Les nouveau-venus arrivèrent aux lourds véhicules. Kleworegs proposa à leur admiration ce qu'il – Pewortor fronça les sourcils – ce que les forgerons de sa troupe, sous les ordres et sur l'initiative de leur rusé patriarche, avaient intercepté au cours du dernier raid.
Ils étaient bâchés et clos de lourds battants de cuir. Pewortor mit un point d'honneur à dénouer lui-même les lacets fermant les portes de celui aux plus merveilleux trésors. Il écarta avec affectation l'un des panneaux, imité en tous points : gestes, attitudes, mimiques, par son compagnon Egnibhertor, chargé de l'autre.
Les rayons du soleil se ruèrent sous la bâche, faisant briller et resplendir de mille feux le miroir de bronze tout devant, juste à l'entrée. Réfractés par la surface plane et polie avec soin, ils frappèrent les yeux du patrouilleur. Il grimaça, l'air niais. Comment ces rais pouvaient-ils jaillir du butin ? Il se passait la main devant les yeux, à la fois de surprise incrédule (« Se seraient-ils emparé d'un morceau du soleil ? » ) et pour se les protéger. Pewortor sortit le flan de métal brillant et le lui présenta. Il eut sa deuxième surprise, moins saisissante, aussi spectaculaire. Un visage (le sien, il se touchait du doigt le bout du nez et la scène se reproduisait à l'identique) apparaissait à la surface du disque de bronze. Il s'était parfois miré dans l'eau calme des étangs, et y avait vu ses traits, bien plus flous, plus imprécis. Cet objet, créé de main d'homme (« de main d'homme ? » ), lui renvoyait plus que son image, son double.
– Et ce n'est pas comme l'eau dormante, qu'un souffle de vent ou un caillou lancé par un polisson, tout frétillant à l'idée de t'éclabousser et sûr que tu ne pourras le rattraper pour le talocher, trouble jusqu'à effacer tes traits. Ne souffle pas dessus, c'est tout... et même... ils réapparaîtront plus vite et mieux que sur l'eau calmée.
Fasciné, il continua à regarder le bijou de métal poli. Ses doigts étaient graisseux d'un récent repas. Pewortor grimaça, dégoûté. Il devrait le frotter à user son chiffon pour lui rendre son lustre. Cette corvée avait son bon côté. Il en profiterait, juste compensation, pour étudier une fois encore son bronze si clair.
Le patrouilleur leva la tête.
– Tu me dis que ça vient des Muets. Te moques-tu ? Ce sont des bêtes. Comment pourraient-ils ouvrer un objet aussi splendide ?
– Je l'ai pris chez eux, pas à eux. Attends : ce que je t’ai montré à l'instant, que tu as tant admiré, est un de nos moindres trésors. Repose-le à sa place... Là, oui, sur l'étoffe, et regarde.

Marc Galan, romancier
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 fredaline
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 fredaline
  Posté le 19/08/2007 05:35:41
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  comme quoi les apparences sont trompeuses, pas si bêtes    

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Jean-Jacques mon tourbillon de passion…..dans tes mains  je navigue peu sage

 fredaline
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 fredaline
  Posté le 20/08/2007 04:13:42
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dis  moi  une chose  ,  tu ne  regardes jamais tes ''messages privés''   je te jure  ca se fait  pas  ça,  car je t y poses une question  tres interressante   et  j'aimerai avoir une réponse    enfn avant mes  101 ans      

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Jean-Jacques mon tourbillon de passion…..dans tes mains  je navigue peu sage

 Marc_Galan
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 Marc_Galan
  Posté le 22/08/2007 20:26:29
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C’était des tissus d'une matière inconnue, brillante, souple et légère, des bijoux de fils d'or ténus comme ceux de ces araignées que la brise emporte, des pierres rares, porte-bonheur ou contrepoisons. Le sang du grenat côtoyait le bleu-vert des turquoises des monts lointains ; les onyx, les opales, se répondaient en une chatoyante symphonie. Il vit une carapace de tortue griffée de signes, des cylindres gravés, en légers creux, d'animaux fantastiques, quelques poignards d'obsidienne et de silex. Les lames en étaient fines à couper la feuille qui, portée par le vent, tomberait sur leur fil. Il négligea les nombreux lingots feu ou d'un gris terne. Par droit de prise et selon la tradition d'Aryana, c'était la part des forgerons. Rien qu'avec ces saumons de métal, Pewortor pouvait ré équiper la totalité de sa troupe, de l'adolescent tout juste en âge de se battre au vieillard qui veut mourir en un ultime combat, en nouvelles armes encore meilleures.
L'admiration des arrivants – ils ne se lassaient pas de pousser des oh ! et des ah ! stupéfaits, sans pouvoir rassasier leurs regards d'autant de beautés – le secoua. Leur attitude appuyait son rêve. Il accomplirait les paroles de la prophétesse. Son destin n'était pas de rester un petit chef d'un riche, mais petit wiks. Il devait frapper un grand coup.
– Maintenant, voyez le plus beau, la pièce maîtresse du butin : le k'rawal, comme ils l'appelaient.
D'autorité, bousculant Pewortor, il pénétra au fond du chariot. C’était à lui de leur montrer la merveille de son butin.
Elle était dans un coffret, taillé d'une seule pièce dans un bois au parfum prenant à la gorge. Des griffures aux motifs répétés, en forme de croix inclinée, le couvraient de tous côtés. Aux bouts de chaque branche en naissait une nouvelle, plus courte, à angle droit. Chacune rejoignait la suivante en une ronde sans fin. Leur abondance était signe d’une protection magique.
Il était fermé d'une planchette du même bois, pyrogravée en creux d’une seule grande croix identique. Elle coulissait dans les rainures de la boite, découvrant, sur un tissu de grand prix, ce que lui, son bhlaghmen et les forgerons qui s'en étaient emparé, avaient été les seuls à contempler jusqu'alors.
Il s'apprêtait à faire glisser le couvercle. Il suspendit son geste. Il ne serait pas assez solennel. Il appela son prêtre. Mieux valait que ce soit lui qui l'accomplisse. Son intervention rendrait plus sacrée encore l'ostension. Elle lui assurerait un surcroît d'ascendant et de prestige. Elle conférerait à l'objet l'aura d'un don divin. Il hésita un instant. Si cette pièce, dont il était si fier, était commune ailleurs en Aryana ? Il aurait bonne mine ! Il courrait ce risque. Il devait impressionner ceux de Kerdarya. Alors, ils rapporteraient partout combien Kleworegs aux beaux butins, fort au combat, n'était pas moins respectueux des dieux et de leurs prêtres, et avait leur soutien.
L'orant prit le coffret.
– Admirez combien Bhagos le distributeur, Thonros le guerrier, et toutes les puissances, favorisent le pieux Kleworegs et son clan !
Et il fit glisser le couvercle.

Marc Galan, romancier
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 fredaline
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 fredaline
  Posté le 23/08/2007 10:21:14
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 Marc_Galan
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 Marc_Galan
  Posté le 29/10/2007 17:04:52
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Des cris d'admiration s'élevèrent. Même les guerriers trop éloignés pour voir l'objet que le prêtre venait de dévoiler y allèrent de leurs louanges. Les patrouilleurs écarquillèrent les yeux. Leur chef resta bouche bée un long moment.
Il se tourna vers Pewortor. Son ton était empreint d'une rare émotion.
E, neres kerd, cœur de noble... car si Thonros t'a inspiré de t'emparer de ce chariot avec cet inestimable trésor, c'est qu'il avait vu ta nature de guerrier sous ton indigne défroque de forgeron et su reconnaître, dans sa sagesse, que tu étais né pour le prier, sois béni et remercié pour ton don précieux et sacré à Aryana !
Pewortor se rengorgea. Ner. Un chef-patrouilleur, représentant l'instance suprême de la seconde caste, le conseil des hauts rois de guerre, l'avait salué et reconnu comme ner, et pris en compte sa revendication implicite. C'était à cause du joyau dans le coffret, mais il devait y avoir d'autres raisons cachées. Trop heureux, il ne chercherait pas, pour le moment, à les approfondir. Kleworegs devrait entériner son entrée parmi ceux de la deuxième fonction. Il n'aurait pas à marchander cette élévation, présentée comme une faveur, contre les dieux savent quelles compromissions. Il était ner, ner de plein droit. Nul ne pouvait plus le lui contester. Malgré l'attitude peu amène du chef patrouilleur, la revendication de son rôle dans la capture du joyau n'était pas tombée dans l'oreille d'un sourd.
Il s'attendait, en dépit de la qualité de celui qui l'avait en passant proclamé ner, à un concert de protestations, par bonheur vaines, de ses nouveaux égaux. Il y eut quelques regards ébahis. Des visages témoignèrent d'une interrogation muette, d'un vague dégoût. Ce fut tout. Dans l'enthousiasme général, sa promotion passa sans trop de peine. Seuls les prêtres marquèrent leur désapprobation… L'affaire ne concernait que les guerriers. Hors le persuader de renoncer à son élévation, ils étaient impuissants.
Leur colère rentrée ne le toucha guère. Il se repassait ce nom dont on l'avait salué. Il ne cessait de lui trouver de nouveaux charmes. Il avait, depuis qu'il l’avait entendu et compris, rêvé qu'il s'appliquerait à lui. C’était arrivé. Il se caressa la barbe, cuivre piqueté d'étain. Dire qu'il avait attendu d'être un ancien du clan pour que son ambition insensée se réalise.

Marc Galan, romancier
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 fredaline
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 fredaline
  Posté le 30/10/2007 17:34:53
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  te  revoilà    

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Jean-Jacques mon tourbillon de passion…..dans tes mains  je navigue peu sage

 Marc_Galan
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 Marc_Galan
  Posté le 30/10/2007 18:16:20
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Eh oui, et avec la suite, encore

Insensée, oui ! Il avait beau y être arrivé, il avait perdu le sens pour avoir, si longtemps, cru y accéder par ses seules vertus. Il avait fallu un hasard inouï. Kleworegs arborait un air furieux. Pourquoi ? (Il l’apprendrait plus tard : Il comptait l’élever à ce rang tombé du ciel contre les secrets du métal. Pas étonnant qu’il soit sombre ! Cette initiative intempestive sapait à la base ses projets). Bhagos, par la bouche de ce patrouilleur, le lui conférait quand il avait toujours espéré le recevoir de Thonros.
(« Restons tout à notre joie, ne pensons à rien. C'était tramé depuis le premier ciel rouge. » )
(« Ner. » ) A l'oreille, il n'y avait – il en fut presque déçu, surtout choqué –, qu'une différence assez minime entre ce ner respectueux dont on l'honorait enfin et le familier wiro dont on l’avait toujours salué. Qu'importe ! Au cœur, la musique en était tout autre ! Le sien n'allait-il pas éclater ? C'était indéfinissable... Ce qu'éprouvent les malheureux longtemps privés de nourriture et de boisson quand une personne compatissante, mais ignorante, leur verse le contenu d'une outre entière entre les dents ou les gave de viandes riches et grasses. C'était une irruption de plaisir, forte, violente. Ça arrivait, impétueux comme fleuve en crue brisant les dérisoires retenues bâties par l'homme ou les bièvres. Dans l'ivresse de sa joie, dans son trop-plein de bonheur, qu'importait le sort de ses anciens frères de caste ? Oubliées ses éternelles revendications en faveur des siens !
Son élévation était-elle prémices de l'ascension de tous ceux de sa fonction, ou cette joie n'appartenait-elle qu'à lui ? La question n'était, alors, pas de mise. S'il ne concernait que lui, son honneur rejaillissait eux tous. Tout forgeron devait s'en réjouir. Chercher plus loin eût été argutie ou insulte.

Guerrier ! Pewortor nageait dans l'allégresse de sa haute promotion et flottait sur le nuage du plaisir né de son nouveau statut. Le patrouilleur, voix du conseil des rois à Kerdarya, sanctuaire et lieu le plus sacré d'Aryana, l'avait déjà oublié. Passant aux choses importantes, il s'était tourné vers Kleworegs et son premier prêtre.
– E, bhlaghmen, e, reg, pour avoir mené ce raid cent fois béni, où votre guerrier s'est emparé d'un signe si favorable – le Signe annoncé, à n'en guère douter – les dieux vous ont en grande amitié et soutien. Ta piété, prêtre, doit être bien grande, le fumet de tes sacrifices bien enivrant et de parfaite senteur, pour que les puissances divines en aient gratifié ton clan...

Marc Galan, romancier
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 Marc_Galan
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 Marc_Galan
  Posté le 18/12/2007 02:33:08
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... Quant à toi, roi, les dieux t'ont favorisé d'avoir des guerriers aussi forts et aussi avisés. Sitôt remis en route, narre-nous l'histoire de ce splendide butin. Tu raccourciras notre chemin. J'aimerais aussi entendre ton guerrier nous conter la prise du joyau dans le coffret. Celui qui a ôté aux ennemis un trésor digne des héros doit décrire, avec ses mots, son haut-fait. Mon homme le plus rapide va partir sans délai pour Kerdarya. Il y annoncera ton exploit. Il y parlera de ta trouvaille… Sans doute le Signe prophétisé par le premier devin à l'entrée de la saison chaude. J'en envoie un autre à ton wiks. Il leur fera connaître ton prochain retour. Il leur dira de préparer ton arrivée avec tout le faste qui convient à un roi tel que toi. Nerswekwos s'y est fait des amies. Il sera ravi de nous précéder.
Kleworegs grimaça. Le patrouilleur en prenait trop à son aise. En saluant Pewortor du titre de ner, il avait ruiné ses plans. Maintenant, il décidait comment son clan célébrerait son retour. Il en oublia, de colère, de s'enquérir de la prophétie.
– C'est ça, très bien, ça me convient tout à fait. Je vais lui confier mon bâton de commandement, pour qu'on le prenne au sérieux (« et toc » ), et lui donner mes ordres (« et re-toc » ) pour qu'il fasse préparer une grande fête.
Il ne releva pas.
– Oui, c'est ça, une grande, grande fête ! Invite aussi de nombreux reges et domunos voisins. Vous aurez tant de merveilles à troquer, et la pièce maîtresse du butin à exposer... Je n'ai jamais rien vu d'aussi beau.
– Je voudrais me reposer un peu, avant d'arriver chez moi.
– Droit devant nous, il y a un village qui fera l'affaire. De combien as-tu besoin ?
– Disons... deux, trois jours. Et on y arrive quand ?
– À ciel rouge... Oui, sans peine.
– Parfait, ça me va ! Nous prendrons, si tu veux bien, deux jours et trois nuits de repos. Pense à le signaler au messager pour qu'on sache quand j'arrive.
– D'accord, je le lui dirai.
– Bien... Bhebhroussunou, donne aux deux gars qui partent une bonne charge de venaison, à s'en faire péter le ventre ! Et change leurs chevaux contre deux bêtes fraîches ! Nous allons nous mettre en route.

Il ne verrait pas Kleworegs arriver à son village, sa prochaine halte. Les collines du puy aux aulnes se profilaient, à moins de trois pas de Sawel. Sitôt arrivé, il s'installerait pour observer les anciens champs fouillés par les sangliers avides de racines. Bhagos aidant, il n'attendrait pas longtemps avant d'apercevoir un beau solitaire.
Cette perspective lui mit du cœur au ventre. Il pressa le pas, sifflotant.


FIN DU CHAPITRE 4

--Message edité par Marc_Galan le 2007-12-18 02:34:36--

Marc Galan, romancier
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