clarinette Messages postés : 48 mets tes lunettes et écoute comme ça sent bon ! |
Posté le 20/02/2007 14:28:57 | | Une expulsion rêvée…
Vous voilà enceinte de votre troisième !
Ouais !
En fait, plus qu’heureuse vous êtes morte de rire parce qu’il y a seulement neuf mois que vous avez accouché de la deuxième… et ces 4 kilos 360 grammes vous avaient laissé sur le carreau !
Cela fait donc neuf mois que vous vous battez contre vous-même pour perdre (et oui toujours et encore !) ces 15 kilos scotchés sur vos hanches, fesses, bras, joues, et autres cuisses… Le seul avantage (si, il y en a au moins un !) de ce surplus : votre poitrine !!!!! Elle n’a jamais été aussi magnifique… Vous qui étiez un garçon manqué pendant toute votre adolescence parce que justement vous aviez beau avoir été la première à l’école à avoir des seins, ils ont décidé (et sans vous demander votre avis) de rester à leur taille de départ… Le seul avantage, donc : un beau 95 C auquel vous vous êtes vite habituée et que vous avez tout aussi rapidement su mettre en valeur.
Bref, vous êtes en lutte permanente pour ne pas plonger dans le frigo quand une toute petite chose vous dis : vas-y maman, c’est pour la bonne cause !
Vous vous en donnez donc à cœur joie et prenez allègrement 17 kilos…
Vous êtes heureuse, tout va bien dans le meilleur des mondes : vous vous êtes réservé la surprise du sexe du haricot (comme pour les deux autres), vous êtes radieuse en future maman, et vos deux aînées sont ravies à l’idée d’avoir une nouvelle tête dans la maison (qui d’ailleurs est beaucoup trop petite pour accueillir le haricot mais c’est pas grave, vous êtes heureuse !).
Une seule petite ombre au tableau : vous ne VOULEZ PAS accoucher !
Ca pose finalement un sérieux problème parce que l’on a eu beau chercher depuis la nuit des temps, il n’y a qu’un seul moyen d’avoir un bébé : l’épreuve ultime, le sale quart d’heure (et si ça pouvait durer qu’un quart d’heure !), enfin bref : l’accouchement.
Bon, de toute façon vous connaissez tout par cœur et c’est bien ça qui vous embête… Vous savez que les deux premières sont facilement sorties mais qu’il vous a fallu des heures, que dis-je, DES HEURES de travail pénible pour ne pas dire insupportable, avant de voir la petite bouille flétrie de ces deux miracles…
Et vous ne voulez toujours pas avoir de péridurale !!! (vous avez craqué les deux premières fois mais gardez vos convictions… on ne sait jamais).
Puis un jour vous vient l’idée d’aller voir votre homéopathe qui vous donne l’air de rien un traitement pour votre dernier mois de grossesse et pour le commencement du travail, parce que vous savez, si ça prend des heures c’est parce que vos contractions ne sont pas efficaces !
Moi ? Pas efficace ? Moi qui suis multi-tâches, pluri-ménagère, la reine du bain-dîner-lessive, le trois en un, le top-chrono du 18 heures… !
Ah ben ça alors !
De bonne grâce vous vous laissez convaincre et prenez vos petites granules durant tout le neuvième mois et le jour où vous devinez le début des contractions vous videz vos petits tubes bleus, verts et rouges en moins de deux.
Il est 16 h 30 quand la toute première tension du ventre s’est faite sentir. Vos filles sont rentrées de l’école et de la nourrice, vous avez baigné et nourri tout le monde sans grande difficulté. Votre mari et vous êtes devant un de ces programmes réjouissant dit « musical » où les éliminés fusent et les vainqueurs chantent aussi bien que moi au karaoké !
Vers 21h 30, voilà que les légères tensions se sont intensifiées (et pas qu’un peu : on dirait qu’on vous écartèle les entrailles toutes les deux minutes !). Alors gentiment vous informez votre cher et tendre de l’urgence dans laquelle vous allez vous trouver incessamment sous peu et qu’il va peut être falloir qu’il passe de sa position de recherche de vitesse sur le canapé à une position (habillé de préférence…) plus du style starting-block : prêt, feu, partez ! (surtout que vous avez choisi un hôpital à 25 minutes de voiture !).
« Ouais ! » Voilà une réponse motivée qui vous mine un peu… Môssieur veut finir de regarder son émission ! Patiemment, vous attendez encore un quart d’heure puis vous lui intimez d’aller se préparer parce que là ça commence à bien faire (non mais !).
Il s’habille, se chausse et fini de préparer la valise quand tout à coup (vous qui êtes prête depuis 20 minutes déjà), au milieu du couloir et JUSTE DEVANT la porte des toilettes, vous sentez un truc bizarre vous glisser entre les jambes et faire shplock ! alors que vous avez la main sur la poignée de cette foutue porte ! Pour les non-initiées, vous venez de perdre les eaux !
Bon… l’impatience vous gagne… mais vous allez vous changer. Votre mari a téléphoné à vos amis (et voisins, heureusement !) pour qu’ils viennent s’occuper de vos petites merveilles (si si, elles sont endormies !).
Vous êtes déjà dehors au milieu du parking où vous croisez un voisin qui vous dit « ça y est » ? Non, je pars pour un footing ! (Mais vous êtes agacée… c’est pardonnable !).
Alors là, l’info essentielle est : fonce mais surtout ralenti lors des contractions : une donnée importante et probablement très dure à gérer lorsqu’on est au volant (mais c’est le cadet de vos soucis à cet instant précis).
Le trajet dure moins d’un quart d’heure (gloups !) vous passez dans le centre de la ville (où se trouve l’hôpital), devant un restaurant d’où sort un groupe rassasié et heureux de sa soirée, toute fenêtre ouverte en hurlant à moitié, votre époux tendu comme un string et le teint blafard… Leur avoir perturbé leur digestion est là encore un souci secondaire pour vous.
Vous arrivez enfin à l’hôpital après avoir hurlé vingt fois « FONCE !» et vingt autres fois « RALENTI ! ». Votre chéri entre par les urgences et va prévenir quelqu’un. Il revient furax dans la seconde en marmonnant une grossièreté indigne du moment ! (il trouve la réaction du personnel hospitalier trop lente…). Les pompiers (présents à ce moment là) viennent vous soulever de votre fauteuil (auquel vous êtes accroché tellement fort que vos articulations en sont toutes blanches !). Dans le couloir de la maternité la jeune femme qui pousse votre fauteuil roulant vous dis avec le sourire (vous ne la voyez pas mais vous entendez qu’elle sourit !) c’est votre premier ? Après votre réponse par la négative et l’annonce du chiffre trois, l’allure du fauteuil plutôt lente jusque là s’est d’un coup accélérée… vous vous retrouvez en salle d’accouchement (ah ! tiens ?!), vous enlevez vos chaussures, votre pantalon et votre culotte pendant que la sage-femme énumère à toute allure : une perf, des gants (elle a froid ?), du physio, les étriers (comme si vous vouliez monter à cheval !)… On vous installe sur la table, tandis qu’elle annonce « je regarde et on voit après ! » Et ben c’est tout vu, elle a à peine regardé qu’elle vous crie poussez ! Vous êtes toute jambes écartées, face à la porte, ouverte, la sage-femme légèrement paniquée par la rapidité de l’événement, lorsque votre mari débarque après avoir péniblement garé le véhicule qui vous a servi de salle de travail !
« Regardez, on voit la tête… » Déjà ? (il n’a toujours pas retrouvé ses couleurs…)
Poussez, encore…. Et voilà ! un beau bébé… le troisième…
Elle veut vous le poser sur le ventre mais vous êtes encore en pull alors vous soulevez tout (après tout, vous n’êtes plus à une poitrine près !) et vous admirez ce magnifique bébé de plus de 4 kilos que vous venez littéralement d’éjecter vers le début de sa vie. Mais, c’est une fille ou un garçon ?
Devinez….
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