clarinette Messages postés : 48 mets tes lunettes et écoute comme ça sent bon ! |
Posté le 20/02/2007 12:19:23 | | La toute première vie
Eh oui… Avant que vos chérubins soient là : il y a eu la longue, longue et douloureuse mais si magique expérience de la naissance !
Ca a commencé avec la nouvelle de son apparition. Vous apprenez que vous êtes enceinte, que vous attendez un bébé, qu’en vous va grandir un petit être magnifique qui, neuf mois plus tard, vous en fera voir de toutes les couleurs !
Et puis ont suivi ces neuf mois qui, s’ils ne sont pas ponctués de vomissements intempestifs dès l’aube, d’aigreurs d’estomac, de bouffées de chaleur et de rétention d’eau (qui vous fait des jambes comme des poteaux de football), sont des moments de découverte et de magie.
Les premières bulles, le ventre qui s’arrondit, le petit 85 B qui se transforme en 90, non, 95 C ? (waouw)… Et puis la première échographie, où vous ne voyez rien mais devant laquelle vous vous extasiez des heures durant en vous demandant si c’est bien ce petit haricot qui sera votre fils ingénieur !
Arrive alors le dernier trimestre durant lequel vous ne savez plus sur quel pied danser (si tant est que vous puissiez encore danser !) : vous hésitez entre une énooooorme fatigue due à votre embonpoint (et ces trois foutus premiers mois de nausées), une excitation fébrile due aux derniers préparatifs (mais si je t’assure les petits canards iront mieux que les gros éléphants !), et une trouille monumentale due à l’accouchement.
Ah l’accouchement !
D’abord vous en rêvez… Comme au cinéma : trois petits halètements, la figure légèrement rosée, un petit cri de douleur et bingo : un bébé tout beau tout neuf de trois mois environ ! Et puis vous cauchemardez… Des douleurs atroces, un bébé monstrueux et votre mari qui n’arrive pas (quel andouille celui là alors !!!!).
Finalement c’est l’impatience qui l’emporte. Vous en avez tellement marre de vous traîner ces vingt cinq kilos de rabe. Et puis la pleine lune est passée et rien. On arrive à la date supposée et toujours rien. On entame le vingt sixième kilo quand vous jubilez de sentir la première contraction (c’était bien une contraction ?).
Ne vous inquiétez pas vous ne jubilerez pas longtemps…
Les premières contractions indolores ne durent que très peu de temps. Viennent ensuite les pénibles : celles qui font mal mais que vous gérez à peu près comme il faut en priant très fort (pourvu que j’ai atteint la douleur maximum !).
Et puis vous allez à l’hôpital où on vous accueille avec le sourire à deux heures du matin en vous demandant ce que vous venez faire là alors que vous faites les cent pas dans le couloir en vous tenant le ventre (comme s’il allait tomber !) et en respirant comme une folle (à la limite de l’hyper ventilation !). Euh ben, je viens parce que j’ai des gaz : regardez la taille de mon ventre ! La sage femme qui n’a pas compris votre humour potache (oui il est deux heures du matin) vous emmène dans une chambre où on vous branche de partout pour suivre l’évolution. Après examen, on rigole (enfin « on » : « ils » rigolent) parce que vous en êtes à 2 de dilatation : c'est-à-dire au tout début (il faut atteindre dix pour pouvoir espérer expulser correctement l’hippopotame que vous avez à l’intérieur !).
Très vite arrivent les contractions archi douloureuses que vous ne supportez plus au bout d’une demi heure (si on vous avait dit qu’il vous restait encore 6 heures à tenir, vous seriez déjà partie !).
Et là c’est la débandade. Votre mari fait comme il peut pour vous soulager en vous comblant d’attentions dont vous vous foutez puisque vous avez mal. La sage-femme n’est jamais là et quand elle vient c’est pour être désagréable : elle vous dit que vous avez progressez (ouais !) vous êtes à 3 de dilatation (c’est tout ?). Et puis quelque fois elle discute avec votre douce moitié de la condition des infirmières (ben oui tout le monde fait grève à ce moment là : quelle chance vous avez eu de trouver quelqu’un de disponible !) et là vous avez envie de hurler. C’est vrai quoi, c’est vous qui accouchez ou c’est lui ? On pourrait vous prêter un peu d’attention., crotte !
Au bout de quelques heures de douleurs, une énième visite de la sage-femme se transforme en lueur d’espoir : on va vous conduire en salle de travail (ah bon ? parce que le travail n’a pas commencé ?). En fait vous vous dirigez vers la salle des deux dernières heures…
On vous annonce que vous êtes suffisamment dilatée pour pouvoir prétendre au soulagement suprême : la péridurale !
Vous vous étiez juré de ne jamais y avoir recours mais à la deux cent vingtième contraction vous avez lâché prise ! OUI je VEUX la péridurale !
Bon, je vous passe les détails sur la taille de la seringue, la contraction qui arrive alors que vous ne devez pas bouger d’un millimètre sinon l’anesthésiste vous paralyse à vie… bref, c’est votre dernier moment pénible avant la libération !
Et puis rien ! Bon, alors elle fait effet cette péridurale ou quoi ? Aaaaaahh oui, ça y est !
Vous respirez enfin à un rythme normal mais, chose étrange, vous ne sentez plus une seule contraction !
10 ! La sage femme vient de vous hurler le résultat de son dernier examen ! Vous êtes prête à pousser.
Au signal vous donnez tout ce que vous pouvez à vous en faire péter les veines du cou ! Elle vous dit de vous calmer mais tant pis, il faut pousser alors vous poussez ! Mais rien ne sort… Toutes les machines de la salle bipent dans tous les sens comme pour vous avertir d’un danger imminent, votre mari à la mine déconfite, la sage-femme pas mieux…
Au bout d’un moment, un duo comique entre dans la salle : Schwarzenegger et De Vito ! Le petit gros vous tapote sur le mollet en vous disant « allez Madame, poussez fort, c’est pas assez là ! » (lui, quand vous y repensez, vous l’auriez volontiers claqué !). Le grand baraqué, quant à lui, fini par s’écrouler sur vous pour vous aider à libérer les 3kilos900 de la plus jolie petite fille du monde ! Elle pleure, vous pleurez, il pleure… (attention quand même il y a beaucoup d’appareils électriques dans la pièce !).
Vous hoquetez encore du bonheur nouveau qui vient de vous arriver et alors même que vous vous étiez juré (au sommet de vos douleurs) qu’on ne vous y reprendrait plus : vous êtes déjà prête à en faire un autre !
Mon dieu, qu’est ce que je viens de dire ?!
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