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forum Index du forum forumNouvelles forumLa Grande Villa

Auteur : Sujet: La Grande Villa  Bas
 mistermolko
 Messages postés : 18
 Je fais souvent ce rêve étrange et
pénétrant...
 mistermolko
  Posté le 29/08/2006 08:07:32
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Douze ans, douze ans déjà que je n’étais pas revenu. Douze ans parti loin de chez moi, loin de tous ceux qui avaient été près de moi, loin du bruit des vagues qui avait bercé mon enfance... Valneuf avait bien changé depuis tout ce temps mais l’odeur, cette odeur iodée provenant de la mer, elle, elle n’avait pas changé… C’était une jolie matinée d’été malgré le froid ambiant. Je marchais le long du sentier des douaniers, le vent claquait contre mon visage, mes joues étaient rosies par l’air frais venant du large. Je respirais à pleins poumons cet air pur, petit moment de bonheur loin des contraintes de la ville, loin de tous mes soucis. J’avais signé tôt hier matin les papiers pour la vente de la maison et j’étais venu ici pour repartir de zéro. Me sortir du néant où j’étais tombé. Me reconstruire un avenir et faire table rase du passé. En une fraction de seconde, ma vie avait basculé… L’explosion, les cris de tous ces innocents agonisants, ces bras et jambes éparpillés sur le quai de la station de métro… Je ne savais plus pourquoi je méritai de vivre… Je me culpabilisai de faire partie des survivants. Pourquoi moi et pas mon voisin d’à côté ? Ce jour est à jamais gravé dans ma mémoire… Je me souviens encore des visages de ceux qui étaient assis à côté de moi dans la rame… Une vieille dame qui venait d’acheter sa baguette. Elle portait un sac à main écossais qu’elle serrait fort contre sa poitrine. Elle était habillée de noir, la couleur du deuil, comme si elle savait qu’aujourd’hui n’allait pas être un jour comme les autres… Une jeune fille également se tenait debout devant moi. Elle avait 15 ou 16 ans et souriait à un beau garçon assis cinq mètres en face. Je les observai depuis quelques minutes, en fait depuis mon entrée dans la rame. Il se lançait des regards furtifs, un petit rictus animait leurs visages, une petite flamme s’étaient allumée dans leurs yeux… Un amour amer et éphémère… Si seulement ils étaient sortis vivants de cet enfer…. J’ai revu la jeune fille quelques minutes plus tard, sur le quai, après l’explosion, elle criait, hurlait sa douleur et plus elle s’égosillait, plus ses tripes tombaient sur le sol formant un amas sanguinolent. Le garçon, lui, avait brûlé vif dans la carcasse. Il était trop loin de la porte… Un cadre pressé était sans cesse en train de regarder sa montre, guettant l’arrivée à sa station. Il avait l’air préoccupé, soucieux. Une dure journée de boulot l’attendait certainement… mais aujourd’hui, ils ne s’inquiète plus. Il a reçu un éclat de métal dans la tête qui l’a littéralement décapité. Une mère et son enfant étaient également avec moi dans ce train de la mort. Preuve qu’il existe tout de même un Dieu sur cette Terre, le bébé a été retrouvé indemne par les sauveteurs quelques minutes après l’explosion. Son landau avait été projeté sur la voie par le souffle mais il n’avait rien, juste une légère commotion due au choc. Sa mère, elle, n’avait pas eu cette chance, ses bras étaient encore accrochés à la poussette… Moi, j’avais été projeté, mes tympans avaient éclatés à cause du choc. J’étais contusionné de partout mais j’étais le seul passager de la rame à m’en être sorti quasiment indemne. Pourquoi ? Cette question me hante… Je voulais, en revenant dans ma Bretagne natale, tenter d’oublier cette horreur. J’avais quitté mon boulot d’analyste financier à la City, le portefeuille garni d’un tas de stock-options et d’actions revendues au prix fort et j’avais décidé de quitter Londres pour retrouver mes racines, repartir sur de nouvelles bases, fonder une famille que j’essaierai de protéger des aléas de la vie. Ne plus penser en dollars ou en sterling. Je voulais redevenir un homme et non, être un acteur dans le grand théâtre du capitalisme mondial, une pièce jouée 24 heures sur 24, 7 jours sur 7 et dont j’étais un figurant une bonne soixantaine d’heures par semaine… Après un bon quart d’heure de marche sur le sentier, j’arrivais enfin à la maison dont je venais de faire l’acquisition. Cette haute bâtisse surplombait la mer. C’était une vieille demeure laissée à l’abandon par des héritiers peu enclins à venir l’entretenir. Elle avait été construite au début du siècle comme une bonne partie des villas valneuviennes. Au bout de ce long terrain aujourd’hui en friche qui s’étendait autour d’elle, se dressait une falaise d’une dizaine de mètres qui donnaient en contrebas sur une petite crique. On y accédait par un petit chemin sinueux que seul des piétons agiles pouvaient emprunter. Je venais souvent jouer sur cette plage lorsque j’étais enfant. La vieille dame qui habitait là, aimait à nous regarder barboter dans l’eau. Elle nous regardait et surveillait nos ébats. Parfois, elle venait nous parler et nous autorisait, moi ainsi que quelques uns de mes amis, à jouer au ballon sur la grande pelouse. A l’heure du goûter, elle nous invitait à sa table et nous servait un copieux encas. Malheureusement, un jour, mes parents m’expliquèrent que je n’allais plus jamais la revoir, qu’elle avait disparue. J’ai appris bien plus tard que cette femme avaient disparu une nuit de pleine lune et que personne n’avait jamais retrouvé son corps. L’affaire ne fut jamais élucidée…Ainsi, depuis ce jour là, je n’étais jamais retourné dans cette si belle maison ; jusqu’à aujourd’hui, où j’en étais devenu l’heureux propriétaire. Les héritiers de cette femme n’avaient que faire de cet amas de pierre délabré par le temps et les coups de boutoir des éléments bretons. Je leur avais proposé un prix qu’ils n’avaient pas pu refuser. J’en rigole encore de voir leurs yeux exorbités quand je plaçais le sixième zéro sur le chèque. Tout ça pour ça !!! me dirait-on… Ce lieu là pour moi n’avait pas de prix. Il représentait toute mon enfance, ce temps de l’innocence que j’avais perdu depuis bien longtemps. Je l’avais donc acquéri et j’allais y entamer les travaux de réhabilitation. En attendant, je n’avais amené qu’un matelas pour y dormir le peu que je pouvais, un réchaud pour y manger et quelques vêtements pour m’habiller… Je n’avais pas voulu aller à l’hôtel, inutile. L’expérience que j’avais vécue m’avait placé loin de toutes ces futilités qui forment notre petit confort quotidien. Ici, pas encore de douche, seulement un broc que j’allais devoir remplir dans l’ancien puits derrière la maison chaque matin. J’allais vivre à la dure et je savais que j’allais devoir travailler d’arrache pied pour réaménager la maison de mes rêves… Mes rêves… Oui, celle qui me permettrait de les réaliser et de m’éloigner du cauchemar qui me hantait chaque nuit. Celui où je revoyais une à une toutes ces images d’horreur incrustées dans ma tête, celui où je voyais la lumière de la voûte du métro, où je percevais l’agitation des sauveteurs, la détresse des victimes, les cris de douleur, les pleurs, la mère qui regardait son fils mourir, la souffrance, la peur… Chaque fois que le sommeil me gagnait, ce cauchemar revenait et me réveillait. J’en étais devenu insomniaque… J’avais bien eu le droit à un suivi par un psy à qui l’on m’avait demandé de tout raconter, en détail, tous les détails, même les plus sordides, surtout les plus sordides... Il était assez jeune, fraîchement diplômé, j’imagine, l’air assez pataud – il avait fait tomber trois fois son stylo depuis le début de l’entretien – de petites lunettes sur le nez qu’une mèche de ses cheveux bouclés venait parfois recouvrir. Qu’il devait être fier de s’attaquer à un spécimen comme moi. Pensez-vous donc !!! Un rescapé d’attentats !!! Il y en a de pire pour un début… Moi aussi, avant, je faisais partie de ceux qui croyaient que cela n’arrivait qu’aux autres, l’un de ceux qui regardaient à la télévision et qui comptaient les points. Un mort et quelques blessés, ça n’était plus du sensationnel. Moi, je sortais immaculé d’un bain de sang… A ses yeux, j’étais Bernadette qui venait de voir la Vierge. J’avais commencé à lui conter mon histoire, mais à peine avais-je débuté mon récit qu’il commençait à se sentir mal. Il blêmissait, ses questions n’avaient plus le même ton assuré que la première. Pour finir, il me vomit dessus effaré, apeuré… comme si j’avais trouvé les mots justes pour lui faire comprendre l’horreur que nous avions vécue. Et pourtant, il n’y a pas de mots pour ça, il n’y en a plus… Je portais cette tragédie en moi comme une femme porte son enfant. Et comme la fille qui devient mère, rien ne pourrait plus me changer. J’avais donc arrêté la thérapie. J’avais également perdu l’appétit. Tous ces symptômes m’avaient forcé à prendre la décision de partir et c’est ce que j’avais donc fait. Il n’y avait que peu de voisins autour. Un petit hameau se situait à environ 500 mètres de là. Je ne m’étais pas encore aventuré jusque là. J’avais passé ma première nuit ici, mauvaise nuit d’ailleurs… et je m’étais juste échappé ce matin au bourg de Valneuf y acheter quelques cigarettes. J’avais repris la clope depuis peu. Les tasses de café que j’avais l’habitude d’avaler eu bureau ne suffisait plus à calmer toutes mes angoisses. Ce petit bout de mort en paquet m’aidait à tenir le coup, à occuper mes mains pour les empêcher de me faire du mal. Après tout ce mal, vous savez, on a parfois l’envie de terminer le boulot soi même, d’abréger la souffrance… Pour éviter cela, je m’étais remis à fumer, en me disant que c’était la meilleure façon de me suicider à petit feu… Je cherchais mon briquet au fond de ma poche et allumais la première cigarette de la journée. Que c’était agréable ! Seul, face à la mer, assis au dessus de la falaise, contemplant les reflets du soleil montant au zénith sur le bleu de la Manche… Ce petit moment de douceur insouciante était si apaisant ! J’en oubliais mes contrariétés quelques instants laissant mes pensées vagabonder au gré des vagues s’abattant une à une sur le rivage… Je m’abandonnai à mes songes, me prélassant un petit moment au soleil. Las de ma nuit incomplète, je me laissai doucement glisser dans les doux bras de Morphée.

****

17 heures à ma montre quand je me décidais à quitter le monde du silence pour revenir à la réalité. Quelle marmotte !!! J’avais dormi plus de 7 heures d’affilée. Chose qui ne m’était plus arrivé depuis si longtemps… A croire que ma thérapie du retour aux sources était celle qui allait me faire repartir…Malgré cela, ma flânerie matinale n’avait pas fait avancer le chantier immense qui m’attendait. Je décidais donc de prendre ma pelle et de commencer à déblayer les débris qui jonchaient le sol du jardin : de vieux outils, une vieille porte de garage toute cassée, des planches de bois, des cageots… J’entassais tous ces déchets et y mettait le feu, un vrai feu de joie comme les fouées de la Saint Jean que j’avais l’habitude de regarder dans mon enfance. Il commençait à se faire tard. Le ciel quittait son habit bleu gris pour enfiler son beau manteau de nuit. Je restais seul, près du feu qui me réchauffait. J’attrapai une couverture et m’emmitouflait dedans. Qu’il faisait bon en cette belle soirée d’août! Je me préparais quelques grillades, que je commençai à déguster, allongé dans l’herbe au bord du feu. Je papillonnai quelques instants avant de rentrer à l’intérieur chercher un vieux bouquin dans ma valise et m’en retournai près du feu. Je plaçai la couverture sur moi et me plongeait dans la lecture du «  dernier des Mohicans » de Fenimore Cooper. J’avais déjà ingurgité une bonne moitié du roman que mes paupières s’alourdissaient, mes muscles avaient du mal à soutenir ma tête et finalement je m’écroulais, vaincu par la fatigue de toutes mes émotions des dernières semaines.

****

Il était dans les quatre heures du matin quand je me réveillais, haletant, comme pris de panique. Encore ce maudit cauchemar, ces visions d’horreur. Je comprenais alors ce qu’avais dû vivre les rescapés des camps de la mort… Lorsque l’on a vu ce que l’homme pouvait faire de plus vil, on ne peut pas s’en remettre, faire comme s’il ne s’était rien passé… Non, on ne peut pas… Il n’existe plus alors d’endroits sur Terre, ni ailleurs d’ailleurs, où l’on puisse échapper à ce que l’on a vu ou subi. Il n’y a pas de refuge. La peur vous poursuit, partout. Où que vous soyez, tous ces instants vous hantent. Vous ne pouvez plus faire comme avant, vous n’êtes plus comme avant. Alors que je ressassais toutes ces folies démoniaques dans ma tête, mon attention se porta sur une lumière au large… Un bateau au lointain envoyait des signaux vers le rivage. Je me levais alors, et commençai à descendre le sinueux chemin menant à la plage. Deux hommes se tenaient debout au milieu de la crique. L’un était plutôt enveloppé, l’autre au contraire était maigrelet. Le plus fort des deux portait un de ces vieux bonnet rouge de pêcheur ainsi qu’une salopette de travail. Le second était vêtu d’un simple marcel et d’un jean. Il renvoyait des signaux au bateau grâce à une torche de forte puissance. Quelques minutes s’écoulèrent puis j’entendis alors un bruit sourd et continu venant du lointain. Un petit bateau pneumatique se rapprochait. Lorsqu’il fût à quelques encablures du rivage, je pus en distinguer le nombre d’occupants. Ils étaient cinq : trois femmes et deux hommes. Ils accostèrent et les deux hommes à terre les aidèrent à débarquer. Ils s’éloignèrent alors vers une sorte de caverne située dans la falaise. J’attendis quelques minutes encore mais je ne les vis pas réapparaitre. Ils avaient littéralement disparu… Je décidais alors de retourner me coucher, à l’intérieur cette fois, légèrement inquiet d’avoir été témoin de ce débarquement clandestin.



****

Je sentis quelque chose me pousser, une main me secoua. La douce voix d’une jeune femme entonna alors :

-          Monsieur, Monsieur, réveillez-vous…

-          quoi ? Marmonnais-je. Qu’est ce qui se passe ? J’ouvrais un œil, puis l’autre. Un ange était venu me réveiller. Elle était blonde, les cheveux coupés au carré, une jolie petite frimousse. Elle portait un long imperméable beige. Une très jolie femme. Elle continua :

-          désolé de vous réveiller mais… je … vous n’avez rien entendu cette nuit ? Je suis votre voisine et je me demandais, j’ai entendu du bruit sur la plage…

-          Ma voisine ?

-          Oui, j’habites cette maison sur cet éperon rocheux là-bas.

-          OK. Je m’appelle Charles. Charles Laurence. Et vous ?

-          Lucy. Lucy Stabinski

-          Vous êtes d’origine polonaise ?

-          Ma mère est née à Gdansk.

-          Les chantiers navaux ?

-          Oui, c’est cela.

-          Je commençai à émerger doucement. Tout revint à mon esprit.

-          Oui, bien sûr, j’ai entendu. J’ai vu une lumière au large, puis un bateau débarquer sur la plage. Je ne sais pas ce qu’il fabriquait. J’ai été quelque peu intrigué alors je me suis levé. J’ai vu plusieurs personnes débarquer et se diriger vers une cavité rocheuse un peu plus loin. Puis plus rien, ils avaient disparus.

-          Je sais, cela fait plusieurs nuits que je suis réveillé par ces étranges événements. Je ne sais pas ce qui se passe. J’ai peur, vous savez. Mon mari se réveille lui aussi. Il est allé voir l’autre jour sur la plage. Il n’a rien trouvé. Nous avons averti la police de tous ses manèges mais c’est comme s’ils fermaient les yeux. Ils n’ont pas voulu nous croire. Méfiez-vous, Charles, méfiez-vous…

Elle s’en alla alors, me saluant de la main en guise d’au revoir. Difficile réveil… D’abord, on croit être atterri au paradis, on a des visions célestes d’ange au réveil, pour finalement s’apercevoir que l’on est toujours sur ce bon vieil enfer terrestre… Je me levai, j’étais frigorifié. Je rentrai dans la maison me préparer un café. Cette discussion matinale m’avait quelque peu surpris. Quelque chose d’étrange se tramait sur cette plage. Je me dis qu’il valait mieux en parler à la police. Même si ce que cette femme m’avait dit s’avérait vrai, ma conscience en serait eu moins soulagée. Je pris alors mon téléphone et composait le numéro du commissariat de Valneuf.



Un brigadier me répondit. Je lui expliquais toute l’histoire. Il m’invita alors à me rendre au commissariat afin de prendre ma déposition. J’enfilai alors un blouson et me rendit au bourg.

****

Je frappai à la porte du commissariat. Le policier de garde me fit patienter quelques minutes dans le hall avant qu’une jeune femme vienne. Elle me serra la main, accompagnant le geste d’un bonjour sec et froid. Elle avait une trentaine d’années, brune, les cheveux longs attachés et était vêtue d’un jean ainsi que d’un petit pull bleu. Elle avait des yeux magnifiques, deux véritables joyaux bleu. Tellement profond que l’on aurait pu s’y noyer. Elle m’invita à entrer dans son bureau et d’un geste de la main me désigna le siège en face d’elle. Cette femme me faisait peur. Elle m’impressionnait et je commençais à me demander si j’avais pris la bonne décision en venant ici. Son regard était vide, elle ne laissait transparaître aucune émotion. Elle s’assit puis me fixa de son regard océan pendant quelques secondes qui me parurent une éternité. Elle commença alors :

-          Mr Laurence, pourquoi êtes vous venu me voir aujourd’hui ? Votre appel de ce matin m’a quelque peu interloqué.

-          Je sais, je me doutais que vous auriez du mal à croire ce que je vous dis. Avez-vous envoyé quelqu’un vérifier sur la plage ?

-          Oui, bien sûr. Nous avons envoyé une équipe vérifier ce que vous nous aviez dit. Ils ont effectivement trouvé des traces d’un débarquement. Toutefois, ils n’ont rien trouvé dans la cavité rocheuse que vous nous aviez indiqué.

-          D’accord. Je suis inquiet, vous savez, je suis revenu ici pour de mauvaises raisons et je…

-          Je sais ce que vous ressentez. J’ai pris quelques renseignements sur vous et je sais ce que vous avez vécu… Je… Je sais que vous traversez une épreuve difficile. Nous vous remercions pour les renseignements que vous nous avez apporté. Ne vous inquiétez pas. Ce n’est au pire qu’une mauvaise histoire de contrebandiers. Vous savez, nous traquons tous les jours des pêcheurs de coquilles qui revendent leur pêche illégale au marché noir.

Sa voix n’était pas celle d’une personne rassurante, comme si elle me cachait quelque chose. Les renseignements que je lui avais apporté n’avaient pas l’air de l’enchanter plus que cela. J’avais l’impression de l’avoir dérangé. Je quittai la pièce, plus inquiet encore qu’en étant arrivé. Il se tramait quelque chose dans cette ville, quelque chose d’étrange…

****

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