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Posté le 03/05/2007 14:05:35 | | Le recueil de poèmes de Roger Mialon : "Le printemps de la poésie" est maintenant disponible ...
Citation :
PRÉFACE :
Retrouver un temps où l’on était heureux et où il faisait bon vivre. Etreindre ce temps, le mordre à pleines dents et même boire la nostalgie comme une eau fraîche pour la transformer en danse.
La sensation de goûter la joie, de palper les corps…
C’est en effet à tout cela que nous convie Roger Mialon à travers des poèmes envoûtants et chaleureux. Poésie de l’ivresse et du désenchantement tout à la fois, mélange subtil et fleuri de mots qui semblent sortis d’une bouche insatiable, délivrance et guérison par le simple recours au verbe, la vérité des destins individuels semble mise à nu par une force et une impertinence propre à dépayser le lecteur et à le réveiller d’un éventuel sommeil ou d’une névrose trop longtemps refoulée.
Lisez derrière les mots crus de ce frère de Boris Vian la richesse des rimes, du vocabulaire et des consonances qui vont s’allier à la simplicité, la franchise et la candeur d’un homme qui a connu, sans nul doute, une vraie vie de poète mais aussi beaucoup de gens et, peut être même, plusieurs vies.
Choc des mots : « toi que j’ai tant aimée en des temps reculés
et que j’aime encore contre toi acculé »
Emportements poétiques dignes de Léo Ferré : « les chats (…) miaulant à qui mieux mieux (…) pour pousser leurs goualantes quand les nuits démarrent » (le printemps est de retour)
« tout en roulant les Tapis made in Maroco
sur les genoux elle frottait en oscillant
d’avant en arrière sa croupe cavalière » (Zohra)
Roger Mialon nous rend nostalgiques de son temps, le temps des anarchistes bohèmes qui savaient rêver sans contraintes et s’épanouir avec une gracieuse volupté dans la chair tout autant que dans l’esprit.
Roger Mialon possède la clé qui se perd de plus en plus de nos jours, la clé de la poésie « vraie » et qui respire.
En six vers, tout est dit ou presque sur la poésie et ce qu’elle doit être absolument, nécessairement :
« elle se fait engagée
et parfois même enragée
elle avance en coups de cœur
en images et symboles
qui souvent ne sont pas drôles
mais donnent du bonheur »
De plus, j’ai été frappé de voir comme ce poète est tolérant à l’égard de la poésie d’aujourd’hui comme de celle du passé « qu’elle soit tercet, haïkaï, sonnet, élégie, (…), comédie, slam, chanson, rap, senryü, tankas, wangas ou prose »
Enfin, celui qui signe « le printemps de la poésie » est riche de mots (objeu, objoie, poétereau, poétastre) qu’il emprunte à la langue ou à la littérature française dans toute sa richesse.
Certainement, Roger Mialon remet la poésie, si ce n’est à sa place, du moins en bonne place, c'est-à-dire dans la vie qui remue ou crie, la vie qui hurle debout et les bras tendus vers son ciel qui est chair, vers son ciel qui est femme, vers un ciel en ébullition.
- Mikel Benoit, poète
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