Amel Messages postés : 414 |
Posté le 14/11/2006 12:20:00 | | Balade automnale
La mer, certaines personnes en rêvent. Moi, je la croise tous les jours de l'année.
A l'avoir ainsi sous les yeux, elle m'est devenue invisible, faisant partie de mon quotidien, de ma routine.
Pourtant, ce dimanche de ma fenêtre, elle m'a surprise : vaste bleu à la rencontre du ciel un peu brumeux. Le bleu argenté de la mer effleure l'autre plus clair moins dense.
Comment résister à l'appel silencieux?
Un besoin d'évasion m'étreint. Besoin de marcher avec lui main dans la main sur la plage déserte.
Implicitement, on ferme la petite porte sur les enfants endormis.
Il fait frais mais l'espoir du soleil qui tente de se dégager des
brumes nous donne des ailes.
Nous marchons.
Heureux de ce moment de détente, heureux de retrouver un peu d'autrefois même si ce n'est que pour une heure de temps. Même si demain, chacun reprendra ses habitudes : Lui, son rythme quotidien, moi, ma routine si pesante.
Nous longeons la mer bordée par intermittence par d'énormes rochers, posés là par la main de l'homme : Boucliers protecteurs des maisons bâties à même la plage.
Maisons de poupées plus ou moins identiques : petites marches
enfoncées dans le sable, petit jardin, grande véranda toujours, larges fenêtres.
De temps en temps, un petit restaurant de la mer, fermé en cette
saison : " l'oiseau bleu," il s'appelle ou " la vague".
Nous marchons.
Bientôt, la plage se rétrécit, le paysage change, le sable n'est plus.
Une petite allée sépare la mer rocheuse des palais, palais d'une
autre époque, d'un autre temps.
Certains restaurés, grandioses, d'autres, livrés à eux-mêmes, délabrés par l'humidité et l'abandon.
Du faste d'autrefois, seuls sont restés : la stature imposante, les colonnes, le marbre.
Etonnants ces palais ici pour quiconque ne sait pas que cette
banlieue de Tunis était le lieu de villégiature des beys (rois) de l'époque.
Nous reprenons notre marche.
Dans une crique, quelques hommes s'affairent sur un filet.
Ils retirent un à un des poissons, ils nous les proposent.
Tentés, on s'approche, on regarde, mais très vite nous
reprenons notre marche un moment interrompue, ne voulant pas nous encombrer de sachets. Pas pour longtemps. Nouvel arrêt.
Le canal vient s'interposer entre nous et la plage de l'autre côté.
Il semble couper la mer et la ville en deux.
On le longe, on s'amuse à lire les noms des petites barques
amarrées.
Tous des noms de femmes.
On arrive sur le pont, on hésite : rejoindre la plage ou marcher dans les rues encore endormies de La Goulette. La petite ville qui tiendrait dans un mouchoir de poche , aurait pu être un village de pêcheur si ce n'était son port.
Je le sais gourmand, je le tente: " ça te dirait un beignet au
miel tout chaud? ", ses yeux brillent de plaisir. Le choix est fait.
Nous marchons au milieu de la chaussée, les grands restaurants qui se disputent les trottoirs de droite font leur toilette à grande eau.
Sur le trottoir d'en face, les petites gargottes préparent des
beignets et toutes sortes de plats locaux du dimanche matin
pour couper avec la monotonie des petits déjeuners quotidiens.
En arrivant au point névralgique de la ville, le marché aux
poissons, on s'engage dans la première rue qui nous ramène à la plage pour ne pas rompre avec la sérénité qu'on recherchait en sortant.
Pour ne pas tomber dans l'ambiance "jour de semaine" , avec son bruit, ses embouteillages.
Trop fatigués pour aller jusqu'au port,on s'affale sur le sable
encore humide de la rosée du matin et on laisse le soleil, qui s'est enfin décidé à se montrer, réchauffer nos visages rougis par le froid .
--Message edité par Amel le 2006-11-14 12:21:56--
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