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Posté le 11/02/2006 14:37:02 | | La vestale: page 1
Comme chaque soir Acacia empruntait la sombre allée des sorbiers qui longeait la gare. Faiblement éclairer la route se contentait de quelques lampadaires, maigres halots lumineux dans la noirceur nocturne. Quant aux papillons de nuit ils semblaient prendre ces flammes électriques pour des soleils, se pressant autour tel des kamikazes en manquent de mort.
Acacia n’avait jamais vraiment apprécié ce chemin, il était toujours boueux et garnit de nids de poules. Mais c’était la seule route menant au temple de Veste, son école et foyer de toujours.
Il s’y préparait d’ailleurs ce soir un grand événement, la révérante sœur Occia grande prêtresse de Vesta venait leur rendre visite. Comme toutes jeunes novices Acacia rêvait de rencontrer la personne qui soit la plus vertueuse des mortelles. Celle qui parle avec la déesse en personne, celle qui tient son pouvoir directement auprès de la déesse, qui a ni besoin d’amulette ou de chapelet pour exprimer son divin pouvoir. Occia la main droite de Vesta !
Acacia devait rentrer à l’heure pour assister à la cérémonie. Mais avant tout elle devait garder sa robe de coton blanc, des épaules aux chevilles intactes. Le temple n’offrait qu’un uniforme par ans et il était obligatoire dans prendre soin. Une vestale observait des régles strictes. « Toutes vestales doit refléter la blancheur et la pureté » c’était la citation favorite de sœur Lucinda dans le code de Veste. La vénérable soeur supérieur du temple leur répétait plus d’une vingtaine de fois par jour. « Et bien elle qui n’emprunte rien d’autre qu’une carriole pour traverser l’allée des sorbiers, quelle vienne donc s’y essayer à la marche et on verra qui est propre. » Pensa Acacia. Elle ne put s’empêcher de rire en imaginant la bedonnante sœur Lucinda tenter d’éviter les flaques et la boue en pestant à tout va.
Une soudaine rafale de vent ramena la vestale à la réalité et celle-ci crut entendre les arbres alentours mugirent de douleur. La nature semblait craindre quelque chose et l’air était lourd comme charger de mauvaises ondes. Lorsque son pendentif brilla les convictions d’Acacia se renforcèrent, elle était face à des forces démoniaques si puissante quelles ne craignaient aucunement la proximité d’un temple sacrée. Sortant rapidement son chapelet elle entama un sort de protection. Mais quand survinrent des cris atroces et que se dessina au loin dans le ciel de blanches fumées, la vestale ne put se résoudre à imaginer le pire. Et pourtant l’image très nette de ses sœurs mourant et du temple brûlant traversa son esprit...
Page 2 : La vestale
La vestale se réveilla au petit matin sous le dais protecteur de la forêt. Elle avait dormi cette nuit tout contre l’écorce ferme et rassurante d’un acacia centenaire. La jeune fille se souvint brusquement que c’était sous ce même arbre, quelle fût trouver il y a seize ans par les sœurs de Veste. Elle était alors un nouveau-né abandonné et sans défense.
Aujourd’hui elle se sentait tout aussi fragile que l’enfant orphelin quelle fut. Mais surtout elle avait cette étrange impression d’avoir perdu une part de son innocence. Quelque chose était mort en elle !
Il y a seize la providence avait pourvu à son besoin, lui offrant un foyer, une famille et une existence. Et voilà que le destin reprenait ses bienfaits pour lui offrir la noirceur, le chaos, le désordre et la mort. A cette pensée son esprit fut envahit par les images macabres de la veille.
Elle revit ses sœurs et leurs toges d’une pâleur morbide devenir rouge sous le coup de l’injustice. Des centaines de femmes avaient péri et Vesta semblait avoir oublier ses filles !
Sur le marbre blanc du temple, du sang avait été versé inutilement et le feu infernal effaçait toute trace de cette tragédie !
Les elfes de la nuit adorateur de la déesse démoniaque Arachné avait choisi le temple comme calice sacrificiel ! Ne faisant preuve d’aucune pitié, massacrant les femme et les enfants. La puissance de leur foie tyrannique avait détruit tout sur leur passage, faisant du temple un mausolée.
Acacia devait sa survit au fait de s’être cacher dans la cavité d’un arbre à jasmin. Le parfum prononcé des fleurs avait empêché l’odorat développer des elfes de la détecter. La vestale ne put s’empêcher de penser quelle avait assisté à la tuerie telle une lâche tapis dans l’ombre. « Vesta ! Pourquoi suis-je encore en vie ? »Hurla t-elle. « Je n’ai plus rien que des cendres et une peine des plus amères ! »
« Parce que tu es l’élu mon enfant ! » Lui répondit l’arbre centenaire.
Acacia se recula de l’arbre avec surprise et répondit « Mais pourquoi je ne comprends pas ! »
« Tu es la dernière descendante des Amazones ! Les seules guerrières qui purent chasser les elfes des ténèbres dans leur obscurité ! Il y a milles ans de sa lorsqu’elles sauvèrent le monde, Athéna déesse de la sagesse et de la guerre voulue connaître le secret des Amazones ! Elle voulait savoir comment celle-ci avait vaincu les elfes de la nuit ! Mais les Amazones refusèrent de se soumettre, en accusant Athéna d’avoir créer elle-même la déesse Arachné par jalousie envers cette humaine qui savait mieux tisser qu’elle ! Et elles acclamèrent que celle qui engendre la haine est mère de la guerre et ne peut donc pas sauver le monde mais uniquement le détruire !
Athéna dans sa toute puissance prise de colère, fit emmurer vivante les Amazones dans leur temple. Une seule d’entre elle put en réchapper et prolongea sa descendance jusqu’à toi ! Elle s’appelait Hippolyte et était la reine des Amazones ! »
« Mais je suis alors de descendance Amazones ! Et mes parents où sont-ils pourquoi m’ont-ils abandonnés ? » Demanda Acacia.
« Ton père était un prêtre de Mars et ta mère la fille d’un puissant roi, descendant directe d' Hippolyte ! Lorsque ta mère tomba enceinte, elle réussit à cacher à son père sa grossesse mais il fallait quelle te cache toi, sinon c’était votre mort assuré. Elle offrit donc sa vie pour qu’en échange Zéphire dieu du vent accepte de t’emmener loin de ton grand-père ! Ainsi l’âme de celle qui t’engendra devint une part du dieu du vent ! »
« Es-ce pour cela que j’arrive à communiquer avec le vent depuis toujours ? » Dit la jeune fille.
« Entre autre oui ! » Répondit le centenaire.
« Alors que vous voulez-vous de moi ? »
« Retrouve le temple! Va en pays elfe! Réveille tes sœurs sacrifie-toi pour le monde c’est ton destin ! » Répondit l’acacia.
« Jamais ! » S’époumona la jeune fille et elle s’en fut à toute jambe quittant son passé et accueillant sans savoir son futur proche.
La vestale : page 3
Acacia ne savait pas combien de temps elle avait couru à travers les bois. Déchirant le bat de sa robe, se griffant aux branches. Mais une seule chose avait compté mettre de la distance entre elle, le temple et l’arbre centenaire. A bout de force elle dut s’arrêter. Les évènements de la journée d’hier, le manque de sommeil, de nourriture, lui procurèrent une écœurante nausée. Elle se retrouva plier en deux sur le sol de la forêt, à régurgiter le peu que contenait son estomac.
Un brusque craquement de feuille lui donna la force nécessaire pour se relever et faire face à un étrange petit-homme. Il se trouvait à quelques pas d’elle, il avait de longs cheveux couleur de jais et deux énormes yeux bleus qui dégageaient un semblant de sympathie.
Comme tout petit- homme il possédait un pouvoir de charmer les gens, mais une vestale ne se laisserait pas berner aussi facilement. Acacia sortit rapidement son chapelet en guise d’avertissement. « Paix vestale ! Je ne te veux aucun mal ! » Lui dit le petit homme de son plus charmant sourire. La jeune fille resta de marbre et lui répondit. « Qui es-tu ? »
« Je me nomme Valrick le troubadour ! Regarde voici ma harpe. » Le petit homme sortit de sa besace une magnifique harpe sculptée en bois de cèdre et décoré d’une guivre des mers.
« Tu portes le symbole des artistes qui viennent de l’autre côté ! Du pays des elfes ! Que viens-tu faire en terre des hommes ? »
« J’ai été banni par mon peuple. Je suis donc venu en terre de Veste. Elle qui acceuil tout être que la terre puisse porter. Vesta mère de tous et refuge de justice ! »
Acacia fut brusquement pris d’un fou rire nerveux qui ne tarda pas à se changer en pleure.
Le petit homme fut surpris par cette saute d’humeur et regarda la vestale d’un air soucieux.
« Valrick le troubadour ne me regarde pas ainsi, je ne suis pas folle ! Mais toi sûrement Vesta a abandonné cette terre ! Tu es venu pour rien ! Retourne d’où tu viens ! »
« Si tu fais référence au massacre d’hier tout le monde en ville est au courrant ! Mais sache que toutes choses à une raison d’être ! Et à te voir seule survivante, il est honteux de parler ainsi de ta déesse ! »
La jeune fille le regarda avec ses grands yeux verts écartillés de terreur !
« Je dois aller en pays elfe ! Je dois retrouver le temple des Amazones ! »
« Ne compte pas sur moi ! Tu as beau être une vestale sa ne te donne pas le droit d’envoyer les gens aux suicides ! Elles ont été maudites tous ceux qui ont tenté de les retrouver sont morts ! »
« Alors tu sais ou se trouve leur temple ? »
« Bien sûre je suis troubadour je connais beaucoup de légendes et puis les gens me confit souvent des secrets ! Tu dois vraiment y aller ?? » Demanda le petit homme, alors que se dessinait sur ses lèvres un mince sourire.
« Oui je dois y aller, c’est ma destinée. »
« Alors peut être que je peux t’aider ! Disons que si tu m’aides à racheter ma faute pour que je ne sois plus un banni alors je t’accompagnerai jusqu’au temple des Amazones ! »
La vestale page 4
« Tu es sûr qu’avec de tels vêtements, je passerai inaperçu à Sienne ? »
« Ma chère et douce vestale, ce n’est pas le moment de faire des caprices ! Tu as refusé de porter la magnifique robe en soie d’Avalonne que je t’avais trouvé, pour porter à la place une chemise avec des braies de marin ! »
Acacia fit à Valrick son plus mielleux sourire : « De marin ? Mais dit moi ce n’est pas à Sienne que nous devons embarquer pour le pays elfe ? Ah oui ta robe rouge moulante ! Parfaite pour un voyage ou pour tes fantasmes ? Je suis une vestale petit-homme pas une fille légère ne l’oublie jamais ! »
Valrick leva les yeux au ciel : « Tu m’étonnes, une bigote oui sa c’est sûre. Après m’être décarcassé pour te trouver quelque chose qui t'irait, voilà comment tu me remercies. Ah les femmes je vous jure ! »
Acacia le regarda avec des yeux choquer : « Tu avais volé cette robe à une prostituer ! »
« Et alors c’était un cadeau tu n’avais pas à la jeter au feu ! »
« Un cadeau, mais Valrick tu continues à voler ! C’est sa qui a fait de toi un banni ! Tu as volé le roi des elfes en personne es-ce que tu te rends compte de la gravité de ton cas ! »
Se levant d’un bond le petit homme enjoint : « Ecoute fillette j’ai fait beaucoup de mauvaises choses dans ma vie ! Mais sache que dans ma culture, c’est la tradition d’apprendre le vole à la tire ! Et que chez les petits-hommes se n’est pas considéré comme un méfait ! De plus Endymion roi des elfes n’a qu’une idée en tête depuis que les vestales voilà 200 ans ne mettent plus les pieds en pays elfes ! Il veut leurs retours et pardons ! »
À son tour Acacia se leva et poussa un long soupire : « Il a pêché Valrick ! Prendre la vertu d’une vestale est un pêcher tu le sais ! Même si c’est un roi il aurait du subir le supplice de la flagellation ! Ma vénérer sœur elle, est morte avec dignité pour sa faute ! »
« Quoi avec dignité ! Elle s’est fait enterrer vivante ! Il faut savoir pardonner vestale ! Votre ordre devait être moins strict et cruel ! Demande à ta déesse si elle pense honnêtement que punir injustement est juste ? »
« Si votre roi cherchait une femme libérée, il fallait aller chez les filles de Déméter ! La luxure, les orgies, sont leurs religions ! »
Lui tournant le dos Acacia se mit à éteindre le feu du bivouac.
« Acacia regarde-moi ! Endymion est mon ami et je ferais tout pour racheter ma faute ! Tu m’entends ! »
Acacia se retourna brusquement et le regarda avec rage : « Tout pour racheter ta faute murmure t-elle, menteur. C’est moi qui vais devoir m’agenouiller devant ton grand roi !
Pour racheter ta faute. C’est moi qui vais devoir trahir mon ordre ! »
« Sa me peine ma vestale, toute cette histoire me peine beaucoup… »
Levant sa main droite la jeune fille l’interrompis : « Et c’est moi qui dois porter chaques jours dans mon cœur l’horreur des images du massacre de mes sœurs ! Je n’ai plus rien Valrick à part une quête à mort ! Plus rien ! »
La jeune fille s’en fut en courant à travers le sous-bois, elle voulait à tout pris cacher ses larmes. À bout de souffle, elle s’arrêta à une petite rivière et se mit à s’asperger bruyamment le visage d’eau. Mais au lieu de la calmer, l’eau glacée lui rappela la douleur tout aussi froide qui étreignait son jeune cœur !
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